BuRY. Q. J. of micr. Se
Fig. 355. — Vue dorsale d'une Bipinnaria (Bury). ead, epd, entérocélcs droits antérieur et postérieur réunis; eag, cpg^ cntérocèles gauches antérieur et postérieur exceptionnellement séparés; //y, hydrocèle ; es, anal du sable. Is, ébauche dos lacunes sanguines.
FORMATION DU MÉSOBLASTE
en
sur les côtés de rarchentéron et séparées ultérieurement de lui a pour conséquence forcée cette double propriété du mésoblaste d'être à la fois, dès son apparition même : !<> métamérique, 2° creux.
Dans tous les cas maintenant où le manque de cohérence des cellules rendra moins faciles les plissements de surface, on pourra ne pas voir apparaître dès le début soit Tune, soit Tautre des propriétés initiales que nous avons signalées. La qualité qui n'est pas originellement manifeste ne survient que plus tard et comme une réparation. Il y a même des cas de métabolie extrême où les deux qualités essentielles de segmentation et de creusement apparaissent toutes deux dans le mésoblaste comme des réparations et non plus dès l'origine.
On a surtout jusqu'ici prêté attention à la présence ou à l'absence initiale d'une cavité dans le mésoblaste, et l'on a distingué les deux types entérocœlique et schizocœlique suivant que la cavité était primitive ou secondaire ; mais on devrait tout à fait de même distinguer les deux catégories entérométamérique et schizométamérique qui, du reste, ne concordent pas avec les précédentes.
Ce manque de concordance n'est pas inquiétant et signifie seulement, comme nous l'apprendrons plus tard, qu'il y a là un problème dynamique
indépendant des diverses données que nous avons retenues jusqu'ici.
Au résumé, nous pouvons donc avoir comme variations sur un seul thème prototype : 1° des mésoblastes originairement métamériques et creux; 2** des mésoblastes originairement métamériques et secondairement creux; 3** des mésoblastes secondairement creux et secondairement métamériques.
La série que fournissent à cet égard les Arthropodes va nous montrer l'unité fondamentale du phénomène sous la diversité de ses aspects.
Chez les Insectes, et particulièrement chez l'Hydrophile (Heider) et chez le Chalicodome (Carrière), le mésoblaste est originaire-
^ea
Fig. 356. — Embryon de Chalicodome
(Carrirre).
bbj bord du blastopore; c»'i, ««'j, disques réparateurs de l'endoderme; Jf, segments mésoblastiques; pe, plaques ectodermiques.
CINEMATIQUE
ment mélamériqiie et se présente comme dos plissements de l'endoderme primaire, au cours même de la gastrulation (fig. 356), et avant que ce faible endoderme ne soit renforcé par la métabolie que nous avons décrite page 376. L'embryon de Tlnsecte est donc a ce moment très expressément comparable à la Gastrula plissée du Scyphopolype, avec cette seule difierence que chaque métamère mésoblastique n'est pas originellement creux, et ne se creuse que tardivement, après s'être séparé de l'endoderme.
Si nous considérons maintenant les Arachnides, et plus spécia-
ÏV
Fig. 357. — Schéma de la formation du mësoblaste chez les Scorpionides. en, endoderme; bm, bandes mésoblastiques; sm, somites résultant de leur segmentation.
lement les Scorpionides, nous y verrons un phénomène dérivé du précédent. Les diverticules d'un même côté ne sont pas isolés les uns des autres par des fentes transversales; ils forment un ensemble qui se sépare tout entier de l'endoderme, pour donner entre l'ectoderme et lui une masse allongée ou bande mésoblastique (/, fig. 357). Il y a ainsi deux bandes longitudinales sur lesquelles surviennent secondairement la métamérie et les cavités. Les sillons qui marquent la métamérie se montrent les uns après les autres, celle-ci garde donc un caractère progressif; ultérieurement d'ailleurs les cavités du cœlome se fondent plus ou moins les unes dans les autres.
L'allure métabolique du phénomène, plus accusée que dans le cas précédent, ne laisse quand même pas ignorer que la production mésoblastique est la propriété de l'endoderme sur toute sa longueur. Il n'y a pas encore de lieu précis, ou de disque réparateur localisé, pour la réfection des plissements creux.
Dans la classe des Crustacés la métabolie est marquée davantage;
FORMATION DU MÉSOBLASTF. 407
et si, par les travaux de Fritsch', de Grobben*, d'URBANOwicz', de Nassonoff*, de Reichenbach^, etc., nous savons que la réparation inésoblastique peut amener dans quelques régions une apparence segmentale, nous savons aussi que d'autre part, et spécialement chez les Décapodes, cette réparation ne se fait pas avec une égale intensité sur toute la longueur de Tendoderme, mais qu'elle se localise à la partie antérieure de celui-ci, au voisinage de l'ouverture buccale.
Fig. 358. — Mésoblaste de Peripatus Capensis (Balfour et Sbdqwick).
D'autre part encore, chez les formes qui présentent la larve Nauplius, on voit le mésoblaste se réparer en deux bandes dont l'origine est au voisinage du pygidium (voir fig. 248, p. 317).
En tous les cas, soit vers la bouche, soit vers l'anus, il s'établit une paire de disques réparateurs du mésoblaste dont le fonctionnement rétablit d'abord deux bandes mésoblastiques ; puis ultérieurement celles-ci se segmentent et se creusent. A vrai dire, la réparation de ces deux essentielles qualités n'est pas tout à fait complète : la segmentation n'est jamais bien visible que dans certaines régions peu étendues et, de plus, les cavités du cœlome, au lieu d'être régulières et individualisées, sont très irrégulières et se continuent avec celles de la cavité de segmentation. Toutes ces cavités confondues constituent ce qu'on a parfois nommé un pseudocèle.
Pour nous résumer, nous venons de voir qu'un mésoblaste primitivement métamérique et secondairement creux arrive à se réparer, d'abord tout au long de l'archentéron par deux bandes mésoblastiques, puis, par une réparation polaire grâce à deux disques de cellules initiales.
La réparation polaire se présente également chez le Péripate avec une moindre déformation (fig. 358). Elle aboutit plus rapidement à la formation de cavités métamériques. De plus, la position anale de