‹ La forme et la vieChapitre 181 sur 243 · Artemia MUlhauseni : septembre · texte numérisé non relu

Artemia MUlhauseni : septembre

convaincante que la première, nous n'y contredisons en aucune façon; mais cela est indépendant de la méthode qui est la même dans les deux cas et tient seulement à une technique plus précise, qui analyse mieux les données. Dans le premier cas notamment on pouvait encore objecter, malgré l'extrême invraisemblance, que la forme spécifique A, Mûlhauseni était la cause et non le résultat de la salure plus forte, tandis que dans le second cas on ne le peut pas, puisque l'apparition de la forme a été postérieure à l'accroissement de la salure.

En outre de quelques faits de ce genre qui sont très nets, il existe de grandes catégories de phénomènes qui se prêtent à des comparaisons bisérielles faisant ressortir des rapports de causalité. Pour n'en citer que quelques-uns à cette place, signalons le parasitisme, la fixation, l'immobilité, etc. Sans doute, chacun de ces vocables réunit un ensemble de conditions complexes, et dont il faudra bien plus tard pousser l'analyse; mais ce n'est pas une cause d'arrêt, car en Physique ne traite-t-on pas comme des forces simples la pesanteur, l'attraction, etc., qui probablement ne sont que les résultats et la combinaison de mouvements compliqués. Nous pouvons donc provisoirement considérer comme une unité active, comme une cause agissante, ou si l'on veut comme une force, chacun de ces états auxquels des êtres sont soumis. Or chacun, toutes choses égales d'ailleurs, c'est-à-dire étant éliminés les caractères d'embranchement, de classe ou même d'ordre, produit sur les animaux les mêmes transformations, d'autant plus accusées que l'état de vie considéré est lui-même plus caractérisé. Il y a là matière à de véritables applications de la méthode expérimentale d'une façon qui est incontestable, et dont on peut dire seulement que les défauts de la technique y prêtent encore à critique, y sont une gêne pour la démonstration complète et pour l'établissement de la conviction. Mais toutes ces imperfections peuvent disparaître à mesure par la multiplicité des observations, par la rectification des données, et, d'une façon générale, par tous les progrès dont la technique est susceptible.

Il n'en est pas moins dès maintenant acquis que la Dynamique est en possession d'une méthode, qui est la méthode expérimentale elle-même, interprétée comme elle doit l'être d'une façon logique, et sans s'inquiéter des manières de procéder qui ne sont que les accessoires de son application.

La Dynamique pourrait-elle se prêter à une classification des formes? Incontestablement, mais ce serait d'un faible intérêt; aussi nous contenterons-nous de procéder à une classification des causes, permettant d'exposer les effets qu'elles produisent. Nous ne prétendons au reste, en raison de l'insuffisance d'une technique récente

qui laisse les causes en des ensembles trop complexes, à présenter qu'une classification et qu'un exposé tout a fait provisoires, destinés à montrer l'état actuel de nos connaissances rangées à ce point de vue, et surtout à soulever les problèmes possibles, de façon à préparer les progrès futurs.

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