‹ La forme et la vieChapitre 187 sur 243 · Voir Berthold {Répertoire Leipzig · texte numérisé non relu

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Les corpuscules solides^ ou à tout le moins plus solides que la masse générale du protoplasme, se tiennent, comme il convient, aux sommets des polyèdres de spongioplasme; leur qualité de fixer plus fortement les substances colorantes a conduit à les nommer chro^ mosomes. Ce pouvoir électif pour les matières colorantes leur est commun avec la chromatine du noyau. Est-ce à dire qu'il s'agit d'une seule et même substance, diversement agglomérée suivant l'état de viscosité de la partie où elle est contenue? Cette hypothèse pourrait être défendue ; il faudrait pour cela toutefois reprendre avec beaucoup de précision, pour les interpréter physiquement, la série des états de la chromatine aux divers moments de la vie cellulaire.

2. Structure memhraniforme des surfaces. — Les phénomènes de tension superficielle et de structure alvéolaire rendent parfaitement compte de ce que, à la séparation entre deux substances, les alvéoles s'orientent de façon à avoir leurs parois latérales normales à la surface. Telle est (fig. 113) la disposition que présente la surface extérieure, la séparation du plasma et du noyau; il en est de même pour le contour de la vésicule contractile lorsqu'il y en a une. Quand un Infusoire contient des algues vertes unicellulaires ou zoochlorelles, le plasma qui les entoure a ses alvéoles normales à leur surface.

Si la tension superficielle entre deux substances devient moindre, leur séparation est moins accusée; les alvéoles de contact tendent à perdre leur disposition radiaire. Telle est la signification physique par exemple de la disparition de la prétendue membrane nucléaire au cours de la karyokinèse.

3. Centre de tension. Centre de gravité. Centre d'osmose. — Nous avons vu que le noyau représente l'agglomération des substances dont la tension superficielle est la plus forte. Il occupe souvent le centre de figure, mais pas toujours; une foule de circonstances intrinsèques à la cellule ou extrinsèques peuvent faire qu'il en soit autrement. Les densités relatives des diverses substances sont une des causes qui empêchent le noyau d'être au centre de figure. Le noyau se tient dans un strate horizontal de diensité égale à la sienne et non au centre de gravité, comme l'a dit 0. Hertwig en 1884. Dans les œufs méroblastiques chargés d'un vitellus lourd, le noyau est manifestement au-dessus du centre de gravité.

Il existe dans la cellule un troisième centre, dont l'importance est considérable, sinon la plus considérable de toutes. Nous l'appelons centre d'osmose^ et ce nom nous semble préférable a ceux de sphère attractive ou sphère directrice qu'on lui applique ordinairement.

Parfois il se trouve dans le noyau même, mais le plus souvent à

côté, contre celui-ci. Quand le centre d'osmose est au milieu du noyau, la cellule se trouve en état d'équilibre assez stable pour pouvoir y demeurer longtemps. Si, au contraire, le centre d'osmose est à côté du noyau, il y a dans ce fait une circonstance préparatoire aux importants phénomènes de mitose.

Les phénomènes d'osmose, et particulièrement d'endosmose, peuvent être rendus manifestes de la façon suivante. On sait que les protoplasmes morts se teignent, avec la plus grande facilité, par toutes sortes de couleurs. Il est également possible à l'aide de certaines couleurs d'aniline de colorer les protoplasmes sans les tuer. Henneguy^ a fait l'expérience sur Paramœcium aurelia avec le brun Bismarck neutralisé par addition de craie et filtré; si on laissait la liqueur acide le protoplasme serait tué. On voit se colorer d'abord les vacuoles digestives, puis le protoplasme au sein duquel tranche le noyau à ce moment resté pâle; en troisième lieu, le noyau est lui-même coloré et devient finalement plus foncé que le protoplasme.

De cette intéressante expérience il faut retenir que l'osmose n'intéresse le noyau qu'une fois le phénomène achevé dans le protoplasme. Cette conclusion sera utilisée plus tard.

D'après Eismond, Bûtschli, F. Reinke, Wilson, Watase, Erlanger, il y a lieu d'interpréter comme un étirement radiaire des vacuoles les figures appelées aster qui se dessinent souvent autour du centre d'osmose. Que l'osmose puisse produire de pareils effets, cela est suffisamment démontré par l'expérience de Bltschlï qui consiste à faire passer une goutte d'huile écumeuse alternativement dans la glycérine à 50 **/<, et dans l'eau (voir p. 655). L'étirement des vacuoles dispose les microsomes des mailles en séries concentriques (fig. 115).

Wilson' pense que l'idée de l'aster composé d'un étirement de vacuoles n'est pas soutenable parce que, dans les œufs de Nereis notamment, on voit les rayons de l'aster parfaitement continus et linéaires, condition qui ne peut s'appliquer qu'à des fibres.

L'objection n'est pas péremptoire, car, s'il est vrai que l'on conçoit le rayonnement comme concomitant à un étirement des vacuoles, on ne prétend pas que ce sont les vacuoles que l'on voit le mieux. Il se peut très bien que ce soient leurs parois étirées. En raison de cet étirement, elles prennent un indice de réfraction qui les rend plus distinctes à la fois que l'enchylème vacuolaire et que les parois transversales non étirées. Elles apparaissent alors en fibres continues ombrées sur notre croquis (fig. 558).

Le centre d'osmose peut-il se déplacer dans la cellule? Dans une

\. C, R, Soc. Phii., 1881.

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