DIFFÉRENCIATIONS RÉGIONALES
Observons que la tendance à la séparation, c'est-à-dire Tinégalité entre les deux courants -h et — , n'est pas la même dans la t<^te et dans le tronc; cette différence tient aux positions respectives de ces régions par rapport au cœur, la situation de celui-ci est d'ailleurs une conséquence de la localisation de l'appareil branchial, qui ellemême est déterminée par le mode .
dont l'animal progresse. '
Y — Pour suivre jusque dans leurs détails les conséquences de ces transformations, disons un mot de la tète préorale : la veine cardinale, VC, l'aorte, AOy sont réu- .
nies par le rameau, ao-i-^^c (fig. * 615). Au delà de ce point vers la partie antérieure, il n'y a plus deux
vaisseaux mais un seul, car; c'est I
la carotide interne représentant l'ébauche cardino-aortique non séparée en deux troncs. Elle donne naissance à trois vaisseaux întermétamériqucs, qui, comme tous leurs homodynames se rendent
au vaisseau latéral, VL. Dans la |
région qui nous occupe, celui-ci se trouve écartelé par l'œil en deux troncs, çlsOy {>liOy supra- et
infraorbitaire, exactement comme ♦
le système nerveux latéral dont il suit le trajet; comme conséquence chaque vaisseau intermétamérique se divise en deux rameaux, allant chacun à l'une des branches que nous venons d'indiquer.
La figure ci-jointe (fig. 616) donne un aperçu suffisant de l'aspect d'ensemble de l'appareil circulatoire pour que nous n'ayons pas à le décrire copieusement. Les modifications ultérieures sont toujours les résultats des mêmes causes.
Le cœur, de plus en plus puissant à la fois comme organe propulseur et comme organe aspirateur, agit à son arrière non seulement «ur la veine sous-intestinale mais encore sur le premier des vaisseaux
Fig. 617. — Schéma montrant la réduction des vaisseaux transversaux.
F5/, vaisseau sous-intestinal; C, cœur; ba^ bulbe artériel ; rr, carotide externe, artère linguale — 40, aorte; + VC, veine cardinale; car, carotide interne; c6|, premier vaisseau branchial; f/», vaisseaux péritonéaux, reste des vaisseaux transversaux; (i<r, ductus Cuvieri; Ci, vaisseaux intermétamériqucs.
transversaux (Fil/,, fig. 616; dcj fig. 617), qui est ainsi distingué de ses homodynames et fonctionne dès ce moment d'une façon spéciale. C'est le ductus Cus^ieri.
Il transmet en elTet à la veine cardinale l'appel qu'il reçoit à son extrémité ventrale, et détermine dans celle-ci une section antérieure, où le sang coule vers Tarrière, et une section postérieure, où le sang coule vers l'avant, alors que d'abord ce vaisseau était parcouru tout entier de l'avant vers l'arrière.
De cette nouvelle disposition résulte que les vaisseaux transversaux postérieurs au ductus Cui^ieri subissent un appel à leurs deux extrémités; ils se résolvent en leur milieu. Les extrémités ventrales, perdant leur métamérie, se réunissent par faisceaux qui courent sur le péritoine et forment les troncs mésarraïques, spléniques, etc. , tributaires de la veine sous-intestinale, laquelle prend le nom et la fonction de veine porte hépatique. Quant aux troncs dorsaux, ils continuent à se jeter dans les veines cardinales, lors même que celles ci se réduisent, comme chez les Vertébrés supérieurs, en reines azygos.
Nous laissons de côté, parce qu'elles sont traitées dans tous les ouvrages classiques, les modiBcations ultérieures qui conduisent ce système aux états variés qu'il possède dans les diverses classes de l'embranchement, et dont les plus importantes sont les conséquences du remplacement de la respiration branchiale par la respiration pulmonaire. Nous avons seulement voulu montrer les causes dynamiques simples qui, avec les éléments d'un plissement de surface, ont constitué un appareil complet. Celui-ci a d'abord semblé combiné en vue d'une fonction parfaitement précise à priori, tandis qu'elle s'est seulement fixée sur lui h mesure qu'il changeait.