‹ La forme et la vieChapitre 232 sur 243 · CB · texte numérisé non relu

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Fig. 759. — DëgënëreBcence et régénération d'un Bryozoaire Gymnoléme.

B, bourgeon ou disque réparateur; P, organes en dégénérescence; /", organes réparés; mr^ muscle rétracteur; g-, élément génital; fy funicule; CB^ corps brun reste ultime des organes dégénérés — F', nouveau vestibule ; es', nouvel estomac.

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11 importe de rappeler ici toutes les manifestations métaboliques qui sont introduites dans un animal par la fixation et Timmobilité, avec nutrition active ou vie parasitaire, et que nous avons en détail traitées dans les chapitres V et VII (p. 746 et 797). Nous les avons exposées d'une façon suffisamment précise pour n'avoir pas à le faire de nouveau. Rappelons seulement qu'il y a là une cause singulièrement active de métabolîes allant souvent jusqu'à la fragmentation de l'individu. Il conviendrait d'étudier de près la modification du milieu intérieur qui correspond à ces changements d'état.

C'est d'ailleurs à une action semblable à celle de l'immobilité et de la surnutrition qu'il faut rapporter les métabolies qui surviennent soit au cours de la gastrulation, soit au cours de la formation du mésoblaste et de l'angioblaste, dans les cas où l'œuf est chargé de vitellus.

Au reste il ne faut pas perdre de vue que toute circonstance par laquelle sont considérablement changés les rapports d'un animal adulte ou embryonnaire avec le milieu qui l'entoure amène dans l'organisme un état de gêne momentané qui se traduit par une métabolie. Il y a ainsi dans l'évolution des êtres une foule d'âges critiques dont on ne sait à l'heure actuelle distinguer que quelquesuns. Dans ces dernières années J. Beard^ s'est justement appliqué à retrouver dans les Vertébrés un de ces stades critiques qui, autant qu'on en peut juger dans l'état actuel de la question, correspond suivant les types à des métabolies diverses. Chez les Poissons élasmobranches ce stade est caractérisé par la fin de la réparation endodermique et l'inclusion définitive de ce qui reste du vitellus par l'endoderme, dans lequel il sera directement digéré (Formation du sac vitellin.) C'est à peu près au même âge, c'est-à-dire au même état de différenciation histologique, que se place chez les Mammifères le début du placenta allantoïdien, quand cet organe existe, ou bien, quand il n'existe pas comme chez les Marsupiaux^ que s'accomplit la naissance.

A la vérité, Beard n'interprète pas de cette façon les intéressants phénomènes qu'il a signalés, il en parle comme d'une alternance de générations, indiquée pour lui entre autres phénomènes structuraux par la différenciation de la glande génitale, qui marque le début de la génération sexuée mt/e de l'organisme précédent ou larve asexuée. Ce que nous avons dit (page 580) des concepts de génération et d'individualité nous empêche de les introduire dans cette question qu'ils ne font à notre avis qu'obscurcir. Mais, puisque nous savons que la maturité sexuelle est un phénomène corrélatif à des métabolies profondes, nous ne voyons aucune difficulté à admettre que la pre-

1* Bkard. On certain problems of Veriebrate embryology, Jena, 1896.

mière difTérenciatîon des glandes génitales ne soit aussi capable d*accompagner et même si Ton veut de renforcer une métabolie, qui d'ailleurs ne tient pas exclusivement à cela.

Parmi les conditions susceptibles de mettre Tètre dans un état de malaise et d'amorcer une métabolie, il convient de signaler les circonstances dans lesquelles l'œuf pondu dans le milieu extérieur se développe rapidement en une larve obligée de pourvoir immédiatement à sa propre subsistance. En agissant énergiquement dans le milieu, elle acquiert une adaptation très congruente au genre de vie qu'elle mène. Il y a alors non seulement vie lan^ aire ^ mais forme larvaire très caractérisée ; rappelions comme exemples la Trochophore, le Nauplius, etc. Mieux la forme larvaire est adaptée aux conditions de sa vie et plus elle a de raisons pour durer telle quelle, et par suile pour contrarier du même coup la croissance et la différenciation par lesquelles l'animal doit gagner la forme de l'adulte. Aussi les formes larvaires ne peuvent se terminer que par des métabolies. Nous en reparlerons d'une façon plus précise dans le chapitre suivant en raison de leur intérêt, mais nous avons tenu à les situer tout d'abord parmi les phénomènes auxquels elles ressemblent.

Pour nous résumer, les métabolies paraissent causées par toute diminution de la vitalité générale, et en conséquence par toute condition capable d'amener cette diminution. Parmi celles-ci, les unes sont des actions directes du milieu : le traumatisme, la dessiccation, le froid, et sans doute bien d'autres phénomènes dont les effets n'ont pas été distingués. Dans d'autres cas, c'est en modifiant brusquement sa position par rapport au monde extérieur que l'animal se crée à lui-même un état de gêne qui produit à son intérieur une révolution métabolique : dans cette catégorie rentrent la fixation, la flottaison, l'immobilité parasitaire. D'autres fois enfin le trouble général de l'organisme est amené par la rapidité avec laquelle le pouvoir génital apparaît ou disparait.

Il importe d'insister encore une fois sur ce fait que la métabolie n'étant pas un phénomène précis, toujours exactement caractérisé, les causes dont nous avons parlé n'entraînent pas absolument en toute circonstance une métabolie maxima : par exemple la fixation peut amener une métabolie extrêmement légère (Cirripèdes, certaines Éponges) ou très profonde (Éponges siliceuses, Bryozoaires, etc.)

Dans tous les cas, les phénomènes métaboliques semblent en général déterminés dans l'être par des causes actuelles, ou pour mieux dire actuellement agissantes. Ne peut-il pas arriver cependant qu'une métabolie, ayant été déterminée par une des causes précédemment indiquées, se reproduise dans les générations suivantes alors même que la cause déterminante n'existe plus? Il en est effectivement

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ainsi quelquefois, et cela suffit pour nous permettre d'affirmer qu'une métabolie peut se perpétuer par hérédité, ce qui veut dire exactement se manifester encore après la disparition de la cause.

Les métabolies consécutives à des traumatismes c'est-à-dire celles qui ont pour effet une cicatrisation ou une réparation sont bien celles dont il faut le moins attendre une transmission héréditaire. On en connaît cependant quelques cas nets, surtout quand l'organisme tout entier a pu être ^ ébranlé à cette occasion ; mais

nous n'y voulons pas insistera p ni Le remplacement du proné-

m phros par le mésonéphros tel

que nous l'avons interprété

(p. 858) serait bien une méta-

C ■ . /> bolie héréditaire; au reste il

* en existe un exemple qui sera

CQ trouvé peut-être plus frappant.

Nous avons vu (p. 801) que

I; \ les Echinodermes encore fixés

^ C.D à l'heure actuelle subissent

1 , \ ^ ^a une métabolie assez simple qui

• t) consiste dans un retournement

Fig. 760. — Larvo à'AsUrina gibbosa, dcS OrgaUCS intcmCS boUt pOUr

^-ue dorsale (BuRY). bout et côté pour côté. Cette

If y y hydroceie ', cs^ canal dusablo;^^, entero- r i i» t

cèle postérieur gaucho; «(<, entérocéle postérieur SOrtC de metabollC U CSt pOint

'.T.LVT,ri.Slr,;r;:rt^^^^^ t.'™t «"îq^e- V^^n^^ nous en avons naies. trouvé uuc analogue chez les

Bryozoaires endoproctes. Dans un cas et dans l'autre le rapport avec la fixation actuelle est manifeste. Maintenant chez certaines classes d'Echinodermes libres (Astérides, Echinides, Ophiurides), on constate aussi une rotation des organes internes, beaucoup moins forte, à la vérité, mais tout à fait de même nature, et qui ne peut guère se comprendre que comme la persistance d'une révolution ancienne, causée dans l'organisme par une fixation dont l'hypothèse déjà proposée par Bûtschli se présente avec assez de vraisemblance.

En combinant les données de Johannes Mûller, d'AcAssiz et de MBTSCHNiKOFFavec les travaux plus récents de Bury, on peut décrire comme il suit le passage de la larve à l'adulte chez les Astéries. Sur la larve Bipinnaria, douée d'une symétrie bilatérale légèrement altérée par la disparition de l'entérocèle antérieur droit et par l'incurvation en fer à cheval de l'entérocèle antérieur gauche ou hydro-

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