‹ La forme et la vieChapitre 240 sur 243 · L. Agassiz. De VEspèce et des Clasttficationt, p · texte numérisé non relu

L. Agassiz. De VEspèce et des Clasttficationt, p

par suite, les impulsions laissées par toutes les forces ayant agi sur lui. Puisque maintenant nous parlons seulement des forces qui n'ont pas épuisé leur effet, et qui, en disparaissant, ont laissé une impulsion efficace, non anéantie dans un frottement, observons que cette impulsion ne sera plus jamais anéantie; car Tètre, évoluant dans un autre sens, quitte la direction où se serait produit un frottement relatif à la force considérée disparue ou h l'impulsion qu'elle a laissée. Ces impulsions restent donc dans l'être h l'état de composantes dans le faisceau des forces qu'il a subies et qui ont déterminé son mouvement évolutif.

D'autre part, la cellule génitale a rompu toute liaison avec les autres parties de l'organisme. Parmi les impulsions qu'elle porte, celles qui ont agi autrefois pour modifier la cellule primitive vont manifester à nouveau leur effet, amener la forme Blastula, puis la Gastrula, etc., et cela non seulement dans un milieu liquide où l'on pourrait dire que les mêmes causes ramènent les mêmes effets mais dans un œuf clos, ou dans l'organisme maternel, dans toutes circonstances enfin.

Et, comme nous le répétons, si ces impulsions qui constituent l'hérédité sont masquées souvent par des causes actuelles, elles pourraient l'être toujours, n'être jamais visibles. Or il est manifeste qu'elles échappent quelquefois à ces destructions actuelles et qu'alors elles révèlent leur importance.

Telle est la façon dont nous pensons pouvoir accorder la notion d'hérédité avec celle du déterminisme actuel des phénomènes ontogéniques, limitant le champ de chacune en théorie parce que les unes sont des forces actuelles, les autres des impulsions laissées par des forces anciennes; en technique, parce que les unes se réalisent par des métabolies, les autres par des plissements.

La loi de Fritz Mûller est donc vraie, mais elle ne comprend pas tous les phénomènes, il s'en faut de beaucoup; et, pour rester claire, il importe qu'elle soit dégagée de tout ce qui n'y rentre certainement pas.

Nous voudrions dire encore que la loi des forces constantes que nous avons exposée présente tous les défauts d'une formule; elle est bien trop abstraite pour tenir toute la réalité. Exprimer ne peut être que donner quelques indices qui suggèrent la voie ; nous voulons faire remarquer seulement que, contrairement à tant d'hypothèses invérifiables, la nôtre appelle l'expérience et implique en fin de compte le retour au témoignage des sens.

Nous avons en Statique aussi bien qu'en Cinématique montré ce que devient l'idée de Création pour représenter l'origine de la vie sur la planète. En Dynamique, cette idée n'est pas scientifiquement

détruite. Elle peut entièrement persister en ce qu'elle a d'essentiel : savoir Tcxtraction spéciale du vivant hors du non-vivant. Elle doit sans doute être réduite à l'apparition du protoplasme.

Le protoplasme par sa composition et sa structure peut très bien être conçu comme sorti du Cosmos inerte; maïs à Theure actuelle on ne connaît pas un seul cas de génération spontanée expérimentale ou naturelle.

Il faut en conclure que les conditions ou la génération spontanée, la Genèse^ peut et doit se faire ou s'être faite sont rarement réalisées, c'est-à-dire entourées de circonstances extrêmement compliquées, a déterminisme inconnu, qui gardent pour nous tout leur mystère.

C'est à ce fait précis, l'organisation originelle du protoplasme, que l'on peut réserver le terme de Création, pour y voir, chacun selon sa Foi et en dehors de la Science, un inconnu provisoire ou un inconnaissable définitif.

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