TIX
Fig. 65. — Pièces buccales de Chilopode [Scolopendra muf^a), combinées d'après ^tein.
an^ antenne; Is, lèyre supérieure; md, mandibule; mjTi, première maxille; mX|, deuxième maxille; mar/7, pied mâchoire; cm, coza masticatrice; gv^ ouverture de la glande yenimeuse.
Sur la tète, munie d'antennes, on trouve un nombre variable d'yeux simples ou d'ocelles symétriquement disposés sur les côtés.
Autour de la bouche plusieurs paires d'appendices, révélateurs des anneaux céphaliques, se disposent pour la mastication des aliments. Au-dessous d'un prolongement des téguments, ou lèvre supérieure, Is (fig. 65), on rencontre une mandibule, md^ puis une première paire de maxilles, mx^^ soudées sur la ligne médiane, mais dans chacune desquelles on distingue une pièce interne et une pièce externe. A la suite se trouve une seconde paire de maxilles, mx^, munies de leur palpe, et enfin le pîed locomoteur du premier anneau, mxp, La hanche {coxa) de ce pied porte une saillie, r/w, dirigée vers la ligne médiane et munie de crêtes qui la rendent propre à jouer son rôle dans la mastication. Sur la hanche de cet appendice locomoteur et masticateur, vient s'ouvrir une paire de glandes coxales, gsf; elles sont homologues de la paire séricigène que nous avons distinguée parmi les glandes salivaires des Insectes. Dans la classe qui nous occupe actuellement cette glande sécrète un venin .
Les deux saillies du premier pi«d locomoteur forment en s'affrontant un appareil qui a été comparé à une lèvre inférieure {chilos); de là le nom de Chilopodes donné à
la sous-classe où la disposi- ^'»»- ««• " ^^^^^^ buccales de Chilognathe.
1 I ..Il O'^t antenne; Is^ lèvre supérieure; By bouche; mx^,
tlOn buccale est telle que nous première maxUle; ma-,, seconde maxille.
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venons de la décrire; pour un autre motif, nous avions déjà dénommé Monopodes celte sous-classe.
L'autre sous-classe, celle des Diplopodes, qui tout le long du corps montre une capacité de soudure supérieure, puisque tous los anneaux s*y réunissent deux à deux, manifeste encore ce caractère par la disposition des pièces buccales (fig. 60). Les deux paires de maxilles, mx^^ mj\, sont soudées ensemble, et comme les zoologistes descripteurs ont encore nommé lèvre inférieure l'assemblage de ces deux maxilles (gnathos), il en résulte qu'on a aussi donné le nom de Chilognathes à la sous-classe des Diplopodes.
La surface intérieure avec les glandes salivaires, gSy (fig. 67) ses glandes anales, ga^ et ses tubes de Malpighi, /3f, est tout à fait pareille à celle des Insectes.
La cavité générale est presque aussi diffuse que celle des Insectes et s'ouvre aussi sur les lacunes du mésenchyme.
Cependant, certaines régions de la cavité générale demeurent distinctes, et Ton peut reconnaitre des néphridies imparfaites dans les glandes coxales dont nous avons signalé une première paire et dont il existe quatre paires encore, venant déboucher sur la hanche des quatre dernières paires d'appendices locomoteurs. oS'
Bien que ces glandes n'offrent pas tous les caractères de la néphridie complète, elles en conservent quelques qualités. Si leur canal central ne s'ouvre plus dans la cavité générale, et si, par ÔCV suite, la communication directe de celle- ^ ci avec le dehors est obstruée, du moins sur cette région persiste une localisation des échanges osmotiques entre le liquide intérieur et le dehors. L'osmose qui s'accomplit en ces points est traduite par la production de substances destinées à être rejetées de l'organisme, et dont
(va)
Fig. 67. — Organisntion gënérnlc d'un Myriapodo (Diplopodo).
th, thorax; m, maxillen; a//, antenne ; œ, œil — CC, ganglions cérébroïdes — œs^ œsophage ; gs, glande salivairc; tM, tubes de Malpighi; ga, glande anale — (t'a) yaisseau antinearal; C, cœur; mat, muscles aliformes; ojr, ostia — Ip^ lacune périnervienne.
lOC) STATIQtlî
la toxicité est parfois manifeste, comme dans les glandes h venin.
L'appareil circulatoire est réduit à son vaisseau antineural, C(va) ; et celui-ci, élargi en autant de renflements qu'il y a d'anneaux, perforé par autant de paires d'ostia, os, et dilaté par autant de paires de muscles aliformes, ma/, s'ouvre à ses deux extrémités dans les lacunes mésenchymateuses du corps, qui communiquent plus ou moins avec la cavité générale. Toutefois, l'ensemble des lacunes est un peu moins diffus que chez les Insectes ; et l'on voit le liquide hémolymphatique se rassembler de préférence dans un long sinus au milieu duquel baigne la chaîne ganglionnaire nerveuse, /p.
Flottant dans le liquide hémolymphalique diffus, les tubes de Malpighi permettent une partie de l'osmose nécessaire avec le dehors par la surface intérieure. D'un autre côté, un système ramifié de trachées, analogue à celui des Insectes, assure jusque dans la profondeur l'accomplissement des échanges gazeux.
Les stigmates par lesquels s^ouvrent à l'extérieur les trachées sont chez les Chilognathes distribués régulièrement tout le long du corps, deux paires sur chaque anneau apparent, soit une paire sur chaque anneau réel. Chez les Chilopodes, on ne trouve plus qu'une paire de stigmates tous les deux anneaux ou même qu'une distribution moins régulière encore.
Le système nerveux ne montre pas les phénomènes de concentration indiqués chez les Insectes; il est toujours régulièrement métamérique, avec une paire de ganglions pour chaque anneau réel, c'est-à-dire dans le cas des Chilognathes deux paires pour chaque anneau apparent.
///. ac. Classe des Arachnides. — Un certain nombre des caractères qui marquent cette classe, même des plus fondamentaux, se présentent avec des qualités graduées ; nous ne retiendrons à cette place que leurs traits les plus généraux.
Les anneaux qui forment le corps se groupent en deux régions distinctes ; l'une, où ils sont assez étroitement unis entre eux de leur côté antineural, est nommée céphalothorax, l'autre, où leurs lignes de démarcation demeurent nettes, est l'abdomen. Dans certains ordres [Solifuges], le céphalothorax est subdivisé en deux régions distinctes, la tête et le thorax; dans d'autres ordres [Scorpions], c'est l'abdomen qui présente deux sections différenciées, le pré-abdomen et le post-abdomen.
Les appendices se localisent dans la région céphalothoracique et se répartissent sur ses anneaux ordinairement au nombre de six. On nomme ces appendices, en partant de Textrémité céphalique, les chélicèresy les pédipalpes et les quatre paires de pattes ambulatoires. Les différences de forme et de grandeur relatives entre eux sont
LES CLASSES d'aRTHROPODES 107
des caractères d'ordres. Le nombre six fort général dans la classe ne doit point être tenu pour absolu : 1** parce que, dans Tordre des Pycnogonides, on trouve sept paires d'appendices et 2» parce que, dans celui des Aranéides, existent sur les deux ou trois derniers segments de l'abdomen deux ou trois paires de petits tubercules, situés exactement à la place qu'occuperaient des appendices, et sur lesquels viennent déboucher des glandes coxales homologues de celles que nous avons signalées chez les Myriapodes. Ces glandes, chez les Aranéides, produisent une sécrétion qui est capable de durcir à l'air, et avec laquelle elles édifient leur toile : les petits appendices abdominaux sont à cause de cela nommés les filières (fig. 68). ^
Autour de la bouche, disposée pour la succion, ne se groupent point d'appendices spécialisés h l'effet de broyer les ali- ^ ments. La surface intérieure, peu contournée en raison des qualités nutritives des liquides que les Arachnides sucent dans leurs proies, porte un certain nombre de diverticules qui ont cette particularité de conserver une métamérie calquée sur celle des anneaux, et qui, en quelques cas, sont ^'^e^^TgeTe^^^^y^^^^^ capables de se poursuivre jusque dans les folk). nnnendices ^fio- &è\ ^' chélicères; />, pédipalpcs;
appenaices ^ag. \J\J), ^ ^ 3 ^ p.^^^ ambulatoire»;
Les tubes de MaLPIGHI eux-mêmes, /■j,/',, filière»; Q, lobe caudal.
caractérisés par leur rôle comme producteurs d'acide urique, forment une paire disposée dans la même série morphologique que les diverticules antérieurs.
Le système nerveux s'écarte du type général de l'embranchement par un certain nombre de condensations dont on peut tracer le tableau suivant :
La première paire des ganglions de la chaîne ventrale est venue rejoindre les ganglions cérébroïdes, entraînant avec elle les nerfs de la chélicèrey qui a paru pour cela mais à tort innervée comme un organe sensoriel céphalique.
La seconde condensation porte sur tous les ganglions appartenant au thorax qui se réunissent en une masse unique de laquelle partent les nerfs des pattes, GT.
Enfin, les ganglions de l'abdomen se rassemblent en une troisième masse nerveuse, GAy sauf chez le Scorpion qui conserve huit paires de ganglions pour douze anneaux, trois dans le pré-abdomen pour sept et dans le post-abdomen cinq pour cinq.
Les yeux, innervés par les ganglions cérébroïdes, sont des yeux simples, œ, répartis sur les côtés de la région antérieure du céphalo-
STATIQUK
thorax en nombre variable, maïs assez souvent de quatre paires.
L'appareil circulatoire est composé d'un vaisseau antineural
parfaitement net. Sur une région de son parcours, plus ou moins
longue, suivant les ordres,
ce
l\fi
'^ f^ il est dilaté en cœur contrac-
.^- '--^ tile, C, perforé d'ostia en
,^ nombre plus ou moins grand.
' En raison de sa spécialisation cardiaque, le vaisseau 'i antineural a reçu dans les différentes sections de son trajet les noms d'aorte postérieure ou abdominale, cœur et aorte antérieure, AO.
L'aorte abdominale émet sur les côtés des ramifications latérales qui fournissent du sang aux masses musculaires de l'abdomen. L'aorte antérieure donne des rameaux pour toute la portion antineurale de la région céphalique. En même temps, cette aorte antérieure s'ouvre dans les lacunes mésenchymateuses par une communication précise au niveau des ganglions cérébroïdes. Les lacunes mésenchymateuses des Arachnides ne sont pas diffuses, mais accusent, avec plus de fermeté encore, la concentration que nous avons remarquée déjà chez les Myriapodes : elles occupent l'espace compris entre l'enveloppe du système nerveux et celui-ci dans la région de sa masse céphalothoracique, //?/i, et de sa chaîne abdominale. L'aorte antérieure se déverse dans cette lacune définie en suivant les connectifs qui forment le collier œsophagien.
Chez le Scorpion*, type sur lequel la lacune en question a surtout
Fig. 69. — Organisation générale d'un Arachnido (Aranéide).
ch, chélicêre; <r, yeux simples; pp, pédipalpes; Pi' Pa* pattes ambulatoires; f, filières: gf, glande filière; Po, poumon; Tr, trachées — GC, ganglion cérébroTde; Cr, ganglion thoraciquc; GA^ ganglion abdominal — £, bouche; A^, ^4, deuxième et quatrième tubes hépatiques; M, tubes do Malpighi; A, anus — C, cœur; o, ostia; AO^ aorte — //>/i, lacune prt^nervienne ou cxoneurale.