CHAPITRE V
Division en Classes du Sous-Embranchement des Vers annelés.
///. ha. Classe des Annélides Polychètes. — Chez ces animaux,
la mélamérie du corps est accusée h Texlérieur d'une façon très nette, et deux anneaux consécutifs sont séparés par un sillon profond sur le rythme de la segmentation des organes internes. De plus, chaque segment est rendu bien visible à Textérieur par le rassemblement des soies en un seul bouquet, qui, situé sur un petit mamelon, constitue la pièce principale de Torgane locomoteur ou parapode. Nous avons donné (p. 52 fig. 19) une description de cet organe qui se rapporte justement à ce qu*il est chez les Annélides polychètes. Une étude détaillée des ordres conduirait a distinguer de nombreux types dans la complication du parapode; bornons-nous à dire qu'il est très rarement supprimé tout à fait, cela arrive toutefois dans le groupe dit des Archiannélides (Polygordius^ etc.).
Le corps est terminé en avant par un dernier anneau derrière lequel se trouve la bouche, et auquel on donne le nom de lobe cèpha^ lùjue. En arrière, un anneau terminal qui porte Tanus est distingué par le mot de pygidium. Entre le pygidium et le lobe céphalique s'étendent les anneaux du corps ou somatiques, tous semblables entre eux ou répartis en régions légèrement différentes, auxquelles on applique les termes de thorax et d'abdomen. Le lobe céphalique porte les yeux, les palpes et les antennes. Derrière lui, quelques anneaux du soma 1, 2 ou 3 subissent dans leurs appendices des modifications consistant surtout en la suppression des soies et le développement des cirres en forme de tentacules (cirres tentaculaires) qui contribuent à accroître la richesse tactile de cette région. On adjoint parfois au lobe céphalique ces segments somatiques transformés, ou comme on dit céphalisés, pour appliquer à l'ensemble le terme de tête, terme qui, comme nous le verrons, est assez vague pour se prêter à cette définition.
Le système nerveux est souvent différencié dans l'hypoderme même, ou, en d'autres cas, situé peu profondément au-dessous, et alors il reste encore attaché à l'hypoderme par ses deux extrémités
céphaliquc et anale. Les ganglions cérébroïdes innervent les organes sensoriels du lobe céphalique, tandis que les clrres tentaculaires sont innervés par le premier ganglion de la chaîne ventrale au même titre que les organes parapodiaux quelconques (fig. 72).
La surface intérieure s'étend ordinairement tout droit de la bouche à Tanus. Les complications n'en sont pas très accentuées; au point où l'œsophage aboutit dans une dilatation comparée a
l'estomac, débouchent un certain nombre de glandes en tubes. Le pharynx est généralement muni d'un appareil masticateur corné, dont les pièces composantes ou mâchoires varient en nombre et en forme suivant les ordres, et même dans un seul animal suivant Tâge.
Entre les deux surfaces se trouve la cavité générale, composée dans chaque segment par une paire de poches. Les deux poches de chaque paire s'accolent entre elles sur la ligne médiane ventrale et dorsale pour former des mésentères, et avec les poches des paires qui les précèdent et les suivent. Ce dernier accolement produit des cloisons transversales ou dissépiments. La plupart du temps, les dissépiments sont plus ou moins largement perforés, d'où résulte une communication de toutes les poches entre elles et une circulation d'ensemble de liquide dans leurs cavités réunies, qui, de cette circonstance, ont au reste retiré leur nom de cavité générale.
Chaque paire de poches de la cavité générale communique avec le dehors par une paire de perforations ou néphridies. Celles-ci sont ouvertes du cùté extérieur par un simple pore, et du côté intérieur par un entonnoir garni de cellules à cils vibratiles. Typiquement, il y a une paire de néphridies par segment, mais cette règle générale subit des exceptions plus ou moins accusées suivant les cas.
Il peut arriver notamment, par exemple chez les Cirratuliens, que les néphridies des segments antérieurs débouchent ensemble dans un même canal, et celui-ci n'a qu'une seule ouverture au dehors et un seul entonnoir au dedans. Cette disposition constitue ce que Meyer nomme un rein thoracique, qui fonctionne comme une grande néphridie (fig. 73).
Fig. 72. — Système nerveux do Phyllodoce laminosa (Pruvot).
C, C\ ganglions cérébroïdes; /j, <j, ^3, norfs tentaculaires; p^ nerfs pédicux; tg^ nerf tëgumentairo.