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II. Organisation de la Scyphoméduse

r, tentacules oraux ; M^ manubrium; cr, canaux radiaires; a;/i, anastomoses marginales.

intérieurs, nous avons d'une part séparé en deux groupes aussi bien la forme polype que la forme méduse, et d'autre part réuni dans chaque groupe une forme méduse avec une forme polype. Un pareil résultat est conforme aux principes de la Statique qui, ne tenant pas compte des rapports de l'animal avec le monde ambiant, ne peut accorder d'importance a des changements de forme manifestement en rapport avec l'état fixé ou libre de l'animal.

Au surplus les Hydrozoaires, déjà séparés des Scyphozoaires tant par la position du blastopore que par la moindre complication de l'endoderme, s'en écartent encore, en ce qui concerne la forme méduse, par les propriétés suivantes.

La Méduse hydrozoaire porte un vélum, V (fig. 100), qui la fait qualifier de Craspédote, nom auquel on oppose celui d'Acraspède, appliqué aux Scyphoméduses dépourvues de vélum. L'une et l'autre forme de Méduse présentent sur le bord de l'ombrelle des corpuscules

rattachés par des filets à Tanneau nerveux, et qui sont des organes sensoriels. Au ras du tégument chez les Méduses hydrozoaires, ils sont recouverts d'un repli de la surface extérieure chez les Scyphoméduses; et Ton exprime la différence de ces deux conditions par les termes de gymnophthalmes et de stéganophthalmes.

Si nous ajoutons que les Scyphoméduses portent à l'extrémité de leur manubrium un bouquet de quatre tentacules creusés d'une gouttière, et que les Hydroméduses en sont dépourvues, nous aurons suffisamment légitimé la distinction que l'on fait entre les deux types.

Chez les Cœlentérés, on voit se produire très fréquemment un phénomène, qui d'ailleurs ne leur est pas particulier puisqu'on peut le rencontrer chez toute forme fixée ou flottante, et que l'on nomme le bourgeonnement. Il consiste essentiellement en ce que la croissance du corps, en présence de circonstances nutritives convenables, ne se fait pas également, ni même symétriquement; elle se localise tantôt sur un point et tantôt sur un autre. Les points de croissance maxima deviennent saillants et on les nomme des bourgeons • 11 est curieux de constater que ces bourgeons finissent par acquérir ou bien la forme même de l'animal sur lequel ils ont fait saillie, ou bien une autre forme. Ce sont en Statique d'inexplicables données que nous nous bornons à enregistrer. On attribue à chaque bourgeon le nom de la forme qu'il finit par revêtir, et, suivant le cas, on l'appelle Polype ou Méduse. 11 serait plus prudent peut-être de dire toujours Blastopolype et Blastoméduse pour ne pas à l'avance préjuger par un vocable la solution du problème de l'individualité.

Les phénomènes en question sont surtout variés chez les llydrozoaires. Tantôt bourgeonnent sur un polype initial des blastopolypes semblables au premier ou peu différents de lui (Synhydraires) ; tantôt, parmi les bourgeons variés, mais toujours blastopolypes, qui ont fait saillie sur un polype initial, on en reconnaît dont la cavité intérieure est plissée en quatre, et qui, par suite, offrent la forme d'une petite blastoméduse; d'autant mieux que, dans certains cas, ces bourgeons particuliers peuvent se séparer de l'ensemble dont ils font d'abord partie pour mener une vie libre, toute semblable physiologiquement et statiquement à celle d'une Méduse quelconque, et produire enfin des œufs dont le développement reconstruira un Polype (Polypo-méduscs). Dans d'autres cas enfin, c'est une Méduse sur le manubrium ou sous l'ombrelle de laquelle bourgeonnent des blastopolypes (Siphonophores, Discophores).

D'un autre côte d'ailleurs, il arrive que certains Polypes restent ordinairement simples et reproduisent par œufs des Polypes, et que certaines Méduses [Trachyméduses] ont des œufs qui évoluent en Méduses.

Ces phénomènes, comme nous Tavons dit, ne sont pas spéciaux aux Cœlentérés; mais ils se présentent dans cette classe avec un tel caractère de fréquence qu'il nous a paru difficile de ne pas tout au moins les signaler à cette place, bien que leur étude soit intéressante surtout pour le problème des rapports entre la forme et Tindividualité.

Les Cœlentérés fixés produisent très fréquemment de la chitine ou du calcaire qui protège et soutient leur corps. Chez les Hydro-

Fig. 101. — Canaox et Polypier du Corail (CoralUum rubrum) (db Lacazb-Dutiiibrs).

F, polypes; 5, sarcosome;

Cf, canaux irrëguliers; CL, canaux longitudinaux; /'C, polypier central.

zoaires, ces matières solides semblent excrétées par la périphérie ectodermique et font à Tanimal une sorte d'étui, dont la complication est à la mesure des contours de son propre corps. Certains d'entre eux, les Hydrocoralliaires^ acquièrent de la sorte un revêtement calcaire. En raison du rapprochement des bourgeons qui demeurent unis en grand nombre, le revêtement calcaire de l'un se confond avec celui des voisins; et une masse dure ou polypier est alors édifiée. Les Scyphopolypes, d'autre part, quand ils ne restent pas tout à fait mous, fixent le calcaire dans leur mésenchyme

Les uns, nommés Coralliaires ou encore Octactiniaires parce que le nombre de leurs tentacules simule une symétrie radiaire du type huit, produisent un squelette de soutien par le dépôt de particules éparses ou svièrites. Ceux-ci, suivant les genres, s'agrègent d'une façon plus ou moins étroite pour former une arborescence plus ou moins résistante dans la partie du corps commune à tous les bourgeons (fig. 101). La région de ces derniers, qui est plus distincte et à laquelle on applique, en raison de sa forme définitive, la dénomination de Polype, ne renferme que des sclérites épars.

Il en est autrement des Scyphopolypes He.vactiniaires qui, en rapport avec leur apparente symétrie radiaire du type six, produisent.

vdl

Fig. 102. — Schéma des pièces dures d'un Hexactiniairo.

Sy septa ; c, côtes ; e, épithéquo ;

syy synapticules ; di^ disscpiments;/»/, planchers; cL, columelle ; /»a, palis.

avec le calcaire déposé dans leur mésenchyme, des appareils compliqués et suivant de près la forme de chaque Polype.

Nous allons décrire l'un de ces appareils, tel qu'on le rencontrerait sur un Polype solitaire.

On trouve d'abord des septa^ s (fig. 102), radiaires, alternes avec les cloisons molles qui séparent l'un de l'autre les diverticules endodermiques, soulevant par suite le fond de ces diverticules et en nombre égal au leur. Ces divers septa ne sont pas tous de la même taille; il y en a de premier, de second ou de troisième ordre, et leur disposition simule une symétrie rayonnée. A leur bord périphérique, ils sont réunis ensemble par une muraille^ de section circulaire et affectant dans l'espace la forme d'une coupe. Dans l'axe de cette coupe se dresse une colonne ou columelle, cl, autour de laquelle se rangent en cercle des mamelons plus petits nommés palis, pa. Sur les faces planes des septa durs font souvent saillie de petites pointes, les synapticules, sy. Lorsque ces derniers s'étendent d'une cloison à

sa voisine, ils sont nommés dissépimentSy di; enfin des dissépiments très nombreux peuvent s'accoler pour former des planchers, pi. En outre, la muraille, de son côté extérieur, présente des saillies méridiennes ou côtes, c, qui, assez rarement à la vérité, peuvent de plus être réunies par une seconde muraille extérieure dite épithèque, e.

Il faut remarquer que tous les éléments de cet édifice compliqué ne se rencontrent pas réunis ensemble sur le même individu; il y manque tantôt les uns, tantôt les autres, et les combinaisons très variées des éléments restants servent à caractériser des genres.

L'appareil calcaire trouvé dans un seul polype est le polypiérite. Dans le cas où la croissance irrégulièrement poursuivie a 'produit un bourgeonnement, les différents polypiérites sont accolés entre eux de façons plus ou moins étroites, grâce auxquelles on a pu distinguer des familles.

Si les éléments génitaux se différencient dans le mésenchyme, comme nous l'avons vu pour les Plathelminthes, c'est en tous cas dans sa région la plus voisine de l'une ou de l'autre surface : en sorte que ces éléments sont toujours décrits comme produits soit par l'ectoderme, soit plus souvent par l'endoderme.

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