CHAPITRE \VII
Division en Classes de TEmbrancheinent des Gastréades.
Dans rembranchement des Gastréades, que nous avons caractérisé par Tunique ouverture du tube digestif ou blastoporCy et en conséquence par la forme du corps réduite à un simple sac, nous distinguerons deux classes : !<> celle des Plathelminthes, 2** celle des Cœlentérés,
V. a. Classe des Plathelminthes. — Les animaux qui composent cette classe ont le corps nettement symétrique et aplati dans la forme d'une feuille, sur Tune des faces de laquelle se trouve le blastopore. Ces animaux ont des genres de vie très variés, en rapport avec lesquels leur type subit des modifications légères et sériables qui sont des caractères d'ordre.
Les uns sont libres dans les eaux douces ou marines, au sein desquelles ils rampent à la surface des plantes immergées : ce sont les Turbellariés ou Planaires.
Les autres vivent dans des liquides peu nutritifs, tels que la bile des animaux supérieurs, ont une vie semi-parasite, et, par la forme et les caractères de Tadulte, ils diffèrent tout à fait peu des précédents. Ce sont les Trématodes.
Les Cestodes enfin ou Vers solitaires, qui passent leur vie dans le tube digestif des animaux les plus variés, et par suite au milieu de matières alimentaires tout élaborées, ne possèdent point de surface intérieure, circonstance que nous retenons accessoirement ici parce qu'elle caractérise tout un ordre, mais dont l'intérêt est plutôt dynamique, ainsi que nous le verrons en temps convenable.
Nous allons exposer les caractères généraux de la classe, tels qu'ils puissent s'appliquer aux trois ordres que nous venons de signaler.
La surface extérieure, tout unie, sans saillies ni appendices est intéressante surtout par les qualités de sa structure; la surface intérieure au contraire, quand elle existe, peut être avec profit étudiée dans sa forme tantôt parfaitement lisse et tantôt plissée.
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Chez les Plathelminthes on ne rencontre pas, comme nous Tavons fait jusqu'ici, une cavité générale à double paroi. Le mésenchyme, dont cette cavité close n'entrave pas l'extension, comble alors toute la place située entre les deux surfaces du corps; et, par sa différenciation en éléments
génitaux et en appa- VA " - H
reil excréteur , il supplée à l'absence de la cavité générale, à laquelle est ordinairement dévolu ce double rôle.
Réservant les questions de structure si intéressantes dans cette classe, nous devons nous
borner ici aux in- Y^. S[,'
dications relatives à la forme.
Le système ner- «pn
veux est à peine séparé de la surface
extérieure, et il oc- ' jr 7
cupe au-dessous de celle-ci une zone annulaire, allongée tout autour du blastopore. L'anneau nerveux est notablement plus épais à l'une de ses extrémités qu'à l'autre.
Le bord épaissi se trouve du côté que l'animal tient en avant quand il se déplace et auquel
deux taches pigmentées, paraissant jouer un rôle dans la vision, permettent d'appliquer le nom de région céphalique. Cette inégalité d'épaisseur fait souvent décrire le système nerveux comme formé de deux masses ganglionnaires, GC (fig. 95), prolongées par deux filets, TV, longitudinaux. A cette partie essentielle s'adjoignent des filets périphériques ou transversaux.
Fig. 95. — Organisation générale d'un Platholmintho (Trématodc). VA, ventouse antérieure; VM^ ventouse médiane; (^, orifice inAle;^, orifice femelle — CC, ganglion cérébroïde; iV, nerf longitudinal— A, bouche; TD, tube digestif — te, terminaison de l'organe excréteur; ri, canal longitudinal; A, réservoir de l'organe excréteur; pc, porc excréteur; fi, germigène; V, vitellogéne ; gu, glande accessoire ; u, utérus ; St, canal do Sticda ; T, testicule.
•pli
On appelle rhabdocèlas les Plalhelminthes qui offrent une surface intérieure tout unie, .1 (fig. 90); dans ce type simple une première variété survient du fait que les parois de la région avoisinant le blastopore sont épaisses, musculeuses, utilisées pour produire une succion et que, par la place qu*elles occupent, elles obligent la surface intérieure à se diviser en deux troncs, B.
Ces deux variétés de la surface intérieure, la simple ou la fourchue, portent parfois des plissements secondaires , replissés à leur tour, capables même de s'anastomoser entre eux; et cette disposition augmente considérablement la surface intérieure, sans accroître en proportion le volume de l'animal. Ces surfaces intérieures ramifiées caractérisent le type dendrocèlcy où Ton peut distinguer les deux soustypes PolycladCy il,, et Trie fade, Bi, suivant que la ramification s'est faite sur la forme rhabdocèle simple ou fourchue.
La différenciation génitale du mésenchyme prend un aspect très particulier à la classe et très général dans celle-ci. De place en place existent de petits amas dont la structure spéciale caractérise un organe mâle; c'est ce qu'on nomme un testicule diffus. Ces petits amas se réunissent de proche en proche par des canalicules qui, de plus en plus confluents, finissent par former deux canaux dont les produits se mêlent avec ceux d'une glande accessoire pour sortir ensemble à l'extérieur par l'orifice, <f (fig. 95).
Dans le mésenchyme du même individu, qui se trouve par suite hermaphrodite, d'autres régions se différencient en un organe femelle ou ovaire, qui est toujours subdivisé en deux parties, le germigènCy G, et le vitellogène, K, distinctes Tune de l'autre par les
Fig. 96. — Divers états d« la complication endodermique chez les Plathelminthes.
i4, type rhabdocèle; B, type rhabdocèle fourchu; A^, type
dendrocèlo polyclade phj pharynx.
Bx» type dendrocèle triclade;
éléments qu'elles donnent et par le rôle de ceux-ci. Les canaux qui prolongent les deux parties de Tovaire confluent en un carrefour nommé çésicule séminale, auquel aboutissent aussi des glandes accessoires, notamment celles qui fournissent la coquille de l'œuf, et duquel partent deux conduits. L'un de ceux-ci, ç, va déboucher au voisinage de l'orifice mâle ; l'autre se rend sur la face opposée de l'animal et est parfois désigné sous le nom de canal de Stiedà.
Quant aux différenciations en organes excréteurs, l'intérêt qu'elles offrent est surtout relatif à leur structure. Leur forme, très simple, consiste principalement en deux canaux longitudinaux, ri, diversement ramifiés et s'ouvrant au dehors de façons variées.
V. b. Classe des Cœlentérés. — Essentiellement constitués comme les animaux de la classe précédente par un sac à double paroi et à une seule ouverture, les Cœlentérés en diffèrent toutefois par une moindre complication du mésenchyme et par la circonstance suivante. A Tentour du blastopore, des expansions de la surface extérieure ou ectoderme, dans lesquelles parfois pénètrent aussi des digitations endodermiques, forment un couronnement de tentacules qui se groupent de façon à simuler une symétrie radiaire. Au Fig. 97.
fond la symétrie de Formes des Cœlentérés.
l'animal et de ses ten- ^^ Polype; b. Méduse; m, manubrium.
tacules est binaire.
Les Cœlentérés sont ou bien libres, ou fixés au sol, ou encore flottants. Ces conditions ont un rapport étroit avec la forme du corps dans laquelle on distingue deux variétés : le Polype, A (fig. 97), et la Médusey B, Le Polype fixé est cylindrique, la Méduse libre demi-sphérique a le corps recourbé en forme d'une ombrelle, au milieu de laquelle pend comme un battant de cloche une partie centrale du corps dite manubrium, m, La Méduse se déplace par les contractions de son ombrelle. Dans les deux types, un système nerveux, complètement inclus dans l'ectoderme ou à peine séparé de lui, forme un anneau autour du blastopore. L'anneau en question prend chez la Méduse un rayon assez grand et s'étend sur le bord de l'ombrelle.
Pour n'envisager ici que les qualités intrinsèques de la forme, nous devons, comme nous l'avons fait pour les Plathelminthes, signaler divers états dans la complication des surfaces.
146 STATIC^UE
Tout d'abord les deux surfaces de Tanimal peuvent être raccordées soit au niveau même de la surface extérieure générale, A (fig. 98), soit au fond d'un enfoncement tubulaire de celle-ci, By auquel on
donne parfois le nomd'œsophage.
On distingue ainsi la sous-classe des Hydrozoaires et celle des Scyphozoaires ; et d'ailleurs la qualité différencielle signalée concorde avec plusieurs autres.
La plus simple Pig j,8 forme surlaquel-
A, Hydropolype; B, Scyphopolype; a + *, blastopore. Ic CSt modcle
l'endoderme est celle d'un cylindre à parois lisses, et les Polypes hydrozoaires y 1 (fig. 99), qui la présentent correspondent aux Plathelminthes rhabdocèles. Dans une seconde variété, des plissements peu nombreux, exactement au nombre de quatre, accroissent la surface intérieure : tel est le cas des Méduses hydrozoaires, 2. Il faut toutefois ajouter que dans ce cas les quatre plissements endodermiques sont assez profonds pour mériter le nom de canaux, et que leurs extrémités
Fig. 99. — Complications de rendoderme chez les Cœlentérés. 1, Hydropolype; 2, Hydroméduse; 3, Scyphopolype; 4, Scyphoméduse.
périphériques sont réunies l'une à l'autre par une communication annulaire.
Dans les autres cas, la surface intérieure est accrue par de très nombreux plissements, dont le nombre varie de 8 à 64 et plus. Cette condition, qui est celle des Cœlentérés scyphozoaires sépare ceux-ci des types précédents qui sont l'un et l'autre hydrozoaires. Parmi
les Scyphozoaires, il y a aussi des Polypes et des Méduses. Chez les premiers, les plissements endodermiques établissent une série de stalles, toutes ouvertes sur un vestibule commun, et les stalles ne communiquent point ensemble par leurs régions profondes, 3. Chez les Scyphoméduses, au contraire, les plissements endodermiques affectent la forme de canaux rayonnants qui, à leurs extrémités périphériques, s'anastomosent les uns avec les autres par un lacis de canaux et reproduisent ainsi le type Polyclade, 4.
Il se trouve de la sorte que, par la considération des plissements
Fig. 100. — I. Organisation de l'Hydroméduse.
V, yelum; <, tentacules marginaux; Jlf, manubrium; cr, canaux radiaires; ctn^ canal marginal.