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CHAPITRE VII

Structure des Glandes.

Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que chaque cellule, dans la série des manifestations qui constituent sa vie propre, emprunte soit directement à Textérieur, soit plus souvent encore aux liquides de Torganisme, une certaine catégorie de substances et rejette des produits excrétés. A ce dernier point de vue, toute cellule peut donc

dans une certaine mesure être appelée glandulaire. A la vérité, on réserve plus spécialement ce nom aux cellules qui élaborent des substances un peu particug| Hères et dont l'action sur le

%j Q reste de l'organisme est assez

J apparente pour être remar-

quée. Cette définition est fort peu précise ; mais toute dis- •^ f^^ tinction plus accusée que Ton

f^ I voudrait introduire dans les

^^""^ phénomènes serait artifi-

cielle.

Les cellules auxquelles on réserve le nom de glandu- A ^ laires (voir p. 174) sont ré-

parties sur les surfaces exté-

Fijç. 188. — 1, 2, 3, Glandes en tubes simples et . • . ' • i Paa

ramifies; 4, 5, 6, glandes en grappes simples et rieurc OU intérieure de I être,

composées. ^^{^ çî, ^^ jj,^ isolées Ics uues

des autres et formant alors des glandes unicellulaires^ soit groupées de façon à tapisser les parois d'anfractuosités ou de plissements des surfaces. Ce sont justement ces plissements bordés de cellules glandulaires auxquels on donne le nom de glandes.

Les glandes, suivant la forme affectée par le plissement qui les constitue, sont dites gfandes en tubes on glandes en grappes (fig. 188) ; et, suivant la complexité du plissement dans chacune des formes, on

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les nomme glandes en tubes simples ou ramifiés et glandes en grappes simples ou composées.

Dans les glandes en grappes, la cellule glandulaire à excrétion abondante et spécifiée se localise surtout au fond des culs-de-sac que Ton nomme les aciniy tandis que les autres régions du plissement, revêtues de cellules épithéliales ordinaires, forment les canaux excréteurs de la glande. Un groupe d'acini est nommé un lobule.

Toutes les glandes ouvertes rentrent dans Tun ou Tautre des types précédents; mais il peut arriver que le conduit excréteur général perde sa communication avec le dehors. La glande forme dès lors un amas dans Vintérieur de l'organisme. Entourée de cellules mésenchymateuses qui comblent les intervalles entre ses lobules, et parfois séparent ceux-ci les uns des autres, elle constitue un follicule clos ou une glande close. Certaines d'entre ces glandes (thyroïde, capsules surrénales) récemment étudiées chez les Vertébrés jouent dans l'organisme un rôle beaucoup plus considérable qu'on ne l'avait cru pendant longtemps.

Parmi les glandes unicellulaires de la surface extérieure, il est une catégorie particulière qui mérite de retenir quelques instants l'attention. Ce sont les nématocystes, répandus à profusion dans les téguments des Cœlentérés, et que Fig. m. — Nématocystes. Ton trouve parfois aussi chez les

Planaires. Un nématocyste (fig. 189) est composé d'une cellule dont le protoplasme presque tout entier est transformé en une sécrétion de substance toxique, causant sur la peau de vives brûlures analogues à celles que produisent aussi les poils de l'ortie. Dans l'intérieur de la cellule est enroulé un fil spécial qui, sous l'influence d'une excitation extérieure, se détend hors de la cellule. Il est barbelé, portant sur les côtés de petites pointes et, grâce à ce dispositif, est capable de pénétrer dans les tissus d'un petit animal choisi comme proie. La sécrétion urticante sert à paralyser et empoisonner celui-ci.

Chez les Planaires, des cellules fort analogues, au lieu de filament spiral, renferment des bâtonnets ou rhabdites qui peuvent aussi sortir hors de la cellule et transporter une gouttelette urticante.

Les glandes unicellulaires sont extrêmement répandues sur la surface extérieure de tous les animaux et donnent lieu à des

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produits très variés : le plus banal est peut-être le mucus, et les cellules qui le donnent se rencontrent à profusion en particulier dans les téguments des Annélides et des Mollusques.

Les cellules à mucus peuvent aussi se distribuer sur les parois de profonds replis qui constituent de véritables glandes (fig. 190) : telles sont notamment les glandes pédienses et suprapédieuses des Mollusques. Il est à remarquer que la sécrétion des cellules mucipares groupées en glandes compactes peut facilement se charger

de chitine et produire ainsi des organes particuliers, tels que le byssus des Acéphales :

la sécrétion est même dans certains cas imprégnée de calcaire (byssus de TAnomye).

Il n'y a pas lieu d'entrer h cet égard dans des détails trop circonstanciés.

La surface intérieure fournit également des plissements, les uns petits et multiples formant les petites glan des en tube simple de la paroi intestinale (glandes de Lieberkûhn) ou celles de la paroi stomacale qui sont en tubes ramifiés, les autres, profonds, tapissés de cellules glandulaires. On donne a l'ensemble de ces derniers le nom de glandes annexes du tube digestif. On peut les ranger en deux catégories : les unes qui débouchent au voisinage de la région antérieure du tube digestif sont nommées glandes salivaii-es^ les autres qui débouchent dans la partie moyenne sont le foie et le pancréas^ distincts chez les Vertébrés et confondus dans Yhépatopancréas chez les Invertébrés.

Il faudrait ajouter une troisième série, exceptionnellement affectée à l'excrétion urinaire, chez les Arthropodes seulement (tubes de Malpighi).

Les tubes de Malpighi sont des glandes en tubes ramifiés; mais les précédentes sont des glandes en grappes composées.

Le foie des Vertébrés présente une complication de ce dernier type qu'il est intéressant de signaler (fig. 191). Les acini n'y forment plus des culs-de-sacs indépendants; mais, par suite du foisonnement des vaisseaux sanguins dans la glande, ils ont été rema-

OP

Fig. 190. — Glande pédieuse des Gastéropodes et glande à byssus des Ac<3phales.

CP, glande pédieuse; MCy muscle columellairc ; 0/7, opercule; GBj glande à byssus; by byssus; MR, muscle rétracteur du pied.

LES r.LANDES

niés et finalement communiquent les uns avec les autres de façon à former un lacis ou un réseau. Il n'y a plus que des cana/icu/es biliaires qui sont, tout le long de leur trajet compliqué, bordés par les cellules excrétices. Dans les mailles de ce réseau à claire-voie circulent les vaisseaux sanguins.

Les cellules excrétices hépatiques déversent dans les canalicules la bile et concrètent

dans leur protoplasme ---

une substance spéciale rassemblée en grains, que riode colore en brun acajou. Cette substance est le glycogène dont les physiologistes ont établi le rôle capital; elle a la même composition chimique que Tamidon dont elle difiere toutefois par la réaction de Tiode.

Les autres glandes annexes du tube digestif, glandes salivaires, pancréas, glandules de la paroi stomacale et intestinale, ont un mode de sécrétion et d'excrétion très important et très général. Toutes produisent des substances que Ton nomme diastases.

Ce sont des albuminoïdes variés, jouissant de la propriété commune d'être précipités par Talcool et de déterminer par leur présence et sans paraître y prendre part les réactions chimiques qui constituent la partie principale des phénomènes de digestion. Chaque glande fournit une ou plusieurs diastases, caractérisées par la nature des substances sur lesquelles elles agissent et par la façon dont elles transforment celles-ci.

Nous allons signaler en deux mots le processus de la formation des diastases parce qu'il est général et qu'il relève des études de la structure. D'après les recherches de Heidenhain, confirmées et étendues en 1895 par Moudet, une cellule à diastase renferme, entre son noyau et la surface du canal excréteur, de nombreuses granula-

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