CHAPITRE IV
Les Processus morphogéniques.
Processus continu ou par Évolution.
Les Plissements.
Nous allons maintenant entreprendre une sériation mieux fondée, plus complète et plus précise des formes sous lesquelles existent les animaux, en tenant compte des processus par lesquels elles sont réalisées. Préoccupés d'abord seulement de Morphologie, nous étudierons la forme sans attacher d'importance à Tétat embryonnaire larvaire ou adulte sous lequel Têtre peut alors se trouver.
Les processus par lesquels la forme est acquise ou se change sont au nombre de deux, Tun et Tautre fonction de la croissance du corps, c'est-à-dire de la division des cellules qui le constituent. Mais, dans un cas, ces cellules en se divisant restent unies entre elles, de façon à constituer des surfaces cohérentes qui se déforment et se plissent sans se rompre, et la complication de l'ensemble est le résultat dernier de ces déformations. C'est le processus continu ou par éi>olution. Dans l'autre cas, les cellules divisées se séparent, ont par suite une certaine indépendance relative; elles sont seulement rapprochées en un espace restreint mais non liées, et la complication du corps provient de leur groupement ultérieur en massifs. C'est le processus discontinu ou par rés>oIution.
A la vérité ni l'un ni l'autre de ces événements ne peut exister tout seul et parfaitement pur pendant le cours entier d'un même développement. Ils coexistent toujours plus ou moins et se mêlent; la complexité des phénomènes est justement le résultat de l'inégale mesure dans laquelle sont combinées, en chaque cas, les deux catégories que nous avons distinguées.
Pour atteindre à la connaissance de cette complexité réelle, nous allons artificiellement, en un cas théorique ou naturellement simple, exposer chacune des deux manières en la dégageant de l'autre.
Le présent chapitre sera consacré à l'étude du processus par plissements. L'importance de ce phénomène fut reconnue dès 1759 par Gaspard Frédéric Wolf. Hïs en 1875* a donné une description
1. His. Unsere Kôrperform und das physiologische Probiem ihrcr Enisiehung. (Briefc an einen befreundeten Nuturfor»cher. Leipzig, 1875.
MORPHOGRNIB PAR PLISSEMENTS
magistrale des processus évolutifs rapportés à l'inégal accroissement des diverses surfaces. C'est aussi le point de départ de la théorie du cœlome émise par les frères Hertwig* eu 11
1881. Enfin Sedgwick* et Caldwell^ en 1884 et 1885 en ont fait le fondement de leur explication de la métamérie. Cette interprétation a été expressément adoptée dès 1891 par Ed. van Beneden* et nous Tavons nousmême^ étendue et précisée pour Tembranchement des Vertébrés.
Depuis cette époque, il est aisé de constater que cette théorie gagne chaque jour du terrain. ^vJLIjlV-^ ^ i
La plus simple forme sous laquelle le protoplasme puisse exister est la cellule : état adulte pour le Protozoaire et, comme œuf, premier aspect de tout Métazoaire. Par sa segmentation, l'œuf produit un certain nombre de cellules semblables entre elles; elles restent réunies en un massif appelé Monda (2, fig. 288), dont la forme transitoire est définitivement gardée par les agrégats de Protozoaires.
Les cellules de la Morula se disposent sur une surface sphérique et entourent une cavité de segmentation, C5, ou blastocèfe qu'il faut éviter de confondre avec la cavité générale : ultérieurement le blastocèle est l'ensemble des lacunes mésenchymateuses. La forme, en question ou Blastula est réalisée à l'état définitif par les Mésozoaires (Magosphœra planula) et à l'état transitoire par les Métazoaires.
Par un premier plissement, résultat de l'enfoncement de l'un des
Fig. 288. — Premières étapes dans la forme des Métazoaires.
1, œuf; 2, morula; 3, blastula; 4, gastrula.
iV, noyau; n, nucléole; cf, cavité de segmentation;
ar, archentéron ; bl, blastopore.