‹ La forme et la vieChapitre 96 sur 243 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les Processus Morphogénicpies.

Processus discontinu ou par Révolutions.

Les Mètabolies.

ce

Nous avons déjà fait prévoir que le processus morphogénique par groupement de cellules libres est susceptible de s'intercaler h n'importe quel stade d'une évolution par plissements ; et même, si Ton peut concevoir qu'il n'intervienne pas pour compliquer celle-ci, il est impossible de ne pas tout au moins le considérer comme toujours imminent, en raison de la présence constante des cellules libres formant le mésenchyme.

Dans ces conditions, pour étudier ce se- \

cond processus bien dégagé du premier, il faut choisir un cas très particulier où l'on puisse le rencontrer seul. L'étude du développement postembryonnaire des Insectes nous offre cette commodité, et même nous permet de voir survenir d'une façon graduée la catégorie de phénomènes qui nous intéresse maintenant.

Une étude un peu détaillée des formes montre l'ordre des Thysanoures comme susceptible d'établir une continuité entre la classe des Insectes et celle des Myriapodes. Cette notion ne peut être que renforcée si nous considérons que beaucoup d'Insectes, et particulièrement VHy^ drophile ou le Hanneton (Melolontha) A^

présentent dans l'œuf, un peu avant de naître, une forme tout à fait myriapode avec une paire d'appendices sur chaque anneau du corps, même sur ceux de l'abdomen (fig. 298).

La naissance, il est vrai, se fait à un stade plus rapproché de la forme insecte,

Fig. 298. — Appendices d'un embryon de Melolontha (Graukr).

B, bouche; /l, auus; st, stigmates; a, antenne; md, mandibule; mx^, mx^, première et seconde maxilles; p^,p^,p^^p&lie9 thoraciques; abi, ab^, appendices abdominaux ; CC, ganglions cdrêbroïdes.

en ce que les appendices abdominaux ont a ce moment tout à fait disparu ou du moins se sont beaucoup réduits.

Le genre Mackills^ toutefois, parmi les Thj sanoures, conserve des appendices sur tous ses anneaux, tandis que le Campodea ne les garde que sur les trois premiers segments abdominaux. Ces formes sous lesquelles naissent les Thjsanoures sont à peu près celles des adultes ; elles n'en diffèrent que par quelques facettes en moins sur les yeux ou par quelques articles qui manquent aux antennes.

Les insectes ailés ou Pterygota commencent leur vie libre sous une forme larvaire plus insecte encore que la précédente, car les

appendices abdominaux sont tout à fait absents. Elle présente trois paires d'appendices locomoteurs. C'est la larve Hexapode. Bien entendu, il n'y a aucun rapport à établir entre elle et le Nauplius qui porte aussi trois paires d'appendices: 1° parce que la larve Hexapode, en plus des trois paires d'appendices locomoteurs, possède trois paires d'appendices masticateurs; 2** parce que la larve Hexapode, n'eût-elle que trois paires d'appendices, serait en cet état pour en avoir perdu d'autres, et non pas pour ne les avoir point encore acquis.

Cette remarque, d'ailleurs évidente, nous conduit à fixer l'importance morphologique de la série évolutive dont nous allons faire l'étude par rapport à celle du développement des Crustacés que nous connaissons. La larve Hexapode, possédant en nombre complet tous les anneaux de son corps, n'a pour devenir adulte qu'à subir des transformations sans croître; et son évolution larvaire, quoique de plus longue durée, n'est pas plus étendue que celle qui va de la forme Mysis au Décapode adulte.

Fig. 299. — Variétc'S do la larve Hexapode.

1, Larve campodéiformo ; 2, larvo éruciforme;

3, larve apode.

Larve Hexapode et ses variétés. — Sous sa forme primitive, et telle aussi qu'on la rencontre chez les moins différenciés des Insectes, la larve Hexapode est très voisine du Campodea. C'est le Campodea, moins les vestiges des trois paires d'appendices abdominaux qui ont définitivement disparu. On l'appelle lar^e campodéiforme. Chez les Insectes plus différenciés, cette larve prend un aspect extérieur plus vermiforme bien connu comme chenille (Eruca).

MOnPHOGBNIE PAR METÀBOLIES

C'est la larve èruciforme. Aux trois pattes thoraciques articulées s'ajoutent de nouvelles formations tégumentaires ou fausses pattes, réparties suivant les cas sur un plus ou moins grand nombre d'anneaux abdominaux, et considérées d'ailleurs par Cholodowsky comme les restes de vrais appendices. Enfin, par modification soit de l'un soit de l'autre type, et en concordance avec l'état parasite ou semi-parasite de la larve, on trouve une troisième variété dite larve apode (fig. 299).

Elle existe chez tous les Diptères ou la larve est parasite de matières animales en décomposition ou vivantes, chez les Hyménoptères entomophages où elle est également parasite, chez les Hyménoptères aculeata dont la larve est parasite du miel ou bien nourrie et transportée par les ouvrières.

Parmi les Coléoptères, le 5i7am aune larve d'abord campodéiforme qui devient apode, et le CurcuUoy une larve du premier coup apode.

DISTRIBUTION DES FORMES LARVAIRES ET DES METABOLIES DANS LA CLASSE DES INSECTES.

DIPTÈRES [^' ^■'*" (Musca. Tipula, etc.).

( D. Aphaniplères (Pulex, etc.).

fi

l H. entomophaga (Ichneumon, etc.).

HYMÉNOPTÈRES.] H. aculeata (Apis, Yespa, Formica, etc.).

( H. pbytophaga (Tenthredo, Sircx, etc.).

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