OBSERVATION III
Jean S..., 25 ans, 169° d'Infanterie. |
Le début clinique remonte au 22 décembre, par une sensation de pied mort,
Le malade est évacué le 30 décembre. Il était resté huit jours, immobile, dans des trous d’obus.
Il n’a jamais gelé pendant ces huit jours. Molletières lâches, pieds graissés, Chaussures neuves et grandes. Etat général bon. La compagnie avait fait de grosses marches pour venir prendre les tranchées.
Le 1” janvier, à l’arrivée, les pieds sont énormes, hypertrophiés par un œdème qui se continue, moins marqué et moins dur, aux deux jambes. Les mollets sont rouges, tendus, douloureux au moindre contact.
Les pieds sont livides, cyanosés, froids, ce qui contraste avec la région sus-malléolaire, brûlante. Anesthésie complète dans la zone cyanosée. Pouls à 100.
Par la suite, le sphacèle, massif, s’isole par un sillon d'élimination qui se creuse au niveau de l'articulation de Chopart à peu près. Mais, malgré un traitement énergique par l'air chaud et les enveloppements secs ‘après désinfection soignée, des phénomènes septicémiques graves se manifestent et évoluent de façon inquiétante, le pouls restänt relativement peu élevé.
L’escarre du pied se ratatine et se momifie ; mais la tranche d'élimination donne un suintement fétide, abondant, infect malgré des pansements biquotidiens. Les phénomènes inflammatoires du mollet s’accentuent.L'état
général devient mauvais, le teint terreux, le pouls s’accélère et se déprime. La température oscille entre 37° et 395 avec des clochers typiques.
Le 17 janvier, le malade étant à la limite de sa résistance, on se décide à une amputation des deux jambes au tiers inférieur qui fait immédiatement baisser la tem- pérature et rétrocéder les phénomènes septicémiques.
Par la suite, les lésions évoluent de façon satisfaisante, et le blessé est évacué, presque cicatrisé, sur l’intérieur, le 9 février. |