CRITIQUE DES OBSERVATIONS
Les six observations que nous venons d’exposer doivent être examinées attentivement afin de voir si une cause, autre que l’existence de ces diverticules du gros intestin, ne peut pas expliquer des entérorragies.
Dans l'observation I, l’aspect du sang émis par l’anus permet d'éliminer une lésion haute du tube digestif. D’autre part, il n’y avait, au niveau du côlon, aucune formation pathologique décelable. Il est vrai que ce malade a présenté, deux ans après sa seconde hémorragie, un cancer de l’estomac et qu’il est mort à la suite d’une hématémèse massive.
Mais, pendant toute la période séparant les phénomènes que nous rapportons dans l’observation des premières manifestations néoplasiques, le malade n’a jamais souffert et il n’avait jamais rien éprouvé auparavant qui ait permis un diagnostic d’affection gastrique.
D’autre part, après son entérorragie, le malade s’est rétabli très rapidement.
Dans l'observation Il, les faits sont beaucoup plus nets et ne permettent guère la discussion : le malade n’a jamais souffert avant ni après les phénomènes hémorragiques qui ne se sont pas renouvelés depuis six ans. Rien d’anormal n’a pu être mis en évidence sur le trajet du tube digestif au cours des divers examens, si ce n’est la présence de petits
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diverticules du côlon ilio-pelvien, pour pouvoir expliquer ces pertes de sang.
Dans l’observation III, les Lhénomenes hémorragiques sont rapportés successivement à l’existence d’amibes dans le tube digestif et à des hémorroïdes. Dans les deux cas, la mise en train d’un traitement approprié n’a pas amené de sédation.. Après institution d’un traitement par des pansements intestinaux, ayant pour but de s'opposer aux putréfactions et fermentations, nous observons un arrêt définitif des incidents, ce traitement ayant fait régresser la diverticulite.
Les diverticules ne paraissent, en effet, à l’origine d'hémorragies intestinales que quand ïils sont le siège d'infection.
On pourrait penser, chez ce malade, à une sigmoïdite amibienne. Mais il nous sémble exagéré d’imputer à un séjour au Maroc, il y a quarante ans, les accidents présents.
Dans l'observation IV, le malade a un passé gastrique qui n’a pu, cependant, à aucun moment, faire penser à un ulcère, car même au début de la gêne et des douleurs, aucun horaire nettement établi n’a pu être mis en évidence. D’autre part, ces phénomènes ont cessé brusquement, sans raison, en 1937 et, depuis, le malade n’a jamais souffert. Les entérorragies survenués récemment sont consécutives à un état d'infection intestinale et cèdent en même temps que cet état infectieux. Les parasites trouvés dans les selles semblent incapables de provoquer une hémorragie aussi importante qui ne s’est renouvelée que trois ans après la première manifestation et de façon moins abondante,
Notre observation V nous met en présence d’un malade chez lequel la prise d’un léger purgatif déclenche les hémorragies qui prennent une telle importance qu’une transfusion sanguine est nécessaire. Chez ce malade, aucun signe ne permet d'orienter le diagnostic étiologique : quelques hémorroïdes ne pouvant donner de telles entérorragies. Seul l’examen radiologique du tube digestif montre une légère
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irritation du sigmoïde avec diverticulite; la muqueuse est fragile à la rectoscopie. Tout cède à un traitement ayant pour but de faire régresser la diverticulite.
L'examen du malade de l’observation VI ne permet la mise en évidence, après quelques hémorragies assez importantes, que d’une diverticulite nette avec état spasmodique du sigmoïde. Tout cède au traitement neutralisant l’infection diverticulaire.