‹ La Forme Hémorragique de la Diverticulite du Côlon Ilio-PelvienChapitre 24 sur 29 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Avant de considérer la pathogénie proprement dite des phénomènes que nous étudions, il convient de distinguer diverticulose et diverticulite.

Tantôt les diverticules du gros intestin vont constituer une simple malformation anatomique; ils passeront cliniquement inaperçus, seront découverts fortuitement au cours d’un examen radiographique ou d’une laparotomie : il y a -diverticulose dans ce cas.

Tantôt le diverticule s’enflamme, les signes cliniques apparaissent : il y a diverticulite qui va prendre des aspects divers suivant l’intensité ou la modalité du processus inflammatoire : inflammation simple ou suppurée qui donne des poussées successives de diverticulite; à un stade plus avancé, l’inflammation va franchir la barrière péritonéale en donnant des péritonites localisées ou généralisées. Le processus peut aussi être chronique, à tendance plastique, aboutissant à de véritables tumeurs diverticulaires, à une sclérolipomatose sous-séreuse, à une hypertrophie fibreuse locale.

Les phénomènes hémorragiques que nous étudions sont dus à une poussée très localisée de diverticulite qui semble pouvoir agir de deux façons différentes : ou bien par alté- ‘ration directe des parois vasculaires, ou bien par action réflexe due à une irritation du système neuro-végétatif.

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Action directe. — « Les diverticules prolongent la paroï intestinale et réalisent des recoins dans lesquels l’infection trouve des conditions éminemment favorables à son développement.» (PATEL, de Lyon.) D’autre part, l’évagination des diverticules se fait entre le mésentère et la bande latérale des muscles longitudinaux, en suivant la gaine des vaisseaux sanguins. On conçoit alors aisément qu’une inflimmation du diverticule puisse se propager aux tuniques coliques et aux vaisseaux de Ia région, provoquant successivement péri-vascularite et vascularite, le tout aboufissant à des hémorragies par lésions endothéliales.

Il est évident que si le sujet présente des troubles de la crase sanguine, l’hémorragie se produira de préférence en ce point qui réunit plusieurs conditions hémorragipares surajoutées.

Action réflexe neuro-végétative. — Depuis longtemps, on sait que certaines lésions du système nerveux central peuvent se compliquer de suffusions sanguines au niveau de l’estomac où de l'intestin. i |

Il en est ainsi par exemple dans certaines crises gastriques du tabes.

Mais des lésions ou une irritation périphérique du sympathique.peuvent aussi provoquer des phénomènes analogues.

SCHŒMEKER pense à l’intervention d’un trouble sympathique quand il décrit les lésions du « red stomach ».

De même, RACHET et ses collaborateurs ont échafaudé une théorie « sympathique » de la recto-colite hémorragique, les éléments nerveux tenant sous leur dépendance la tonicité capillaire, et le dérèglement vago-sympathique étant sans doute lié à une sensibilité locale, peut-être d’origine microbienne. $

Expérimentalement, il a d’ailleurs été établi que la section ou l’ablation d'éléments du sympathique abdominal sont suivies de congestion intestinale (Claude BERNARD) ou même d’une apoplexie sous-séreuse provoquant des suffusions sanguines (CLAVEL et MALNOTTE).

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Des travaux analogues ont été: effectués par ReizLy et LaAPLANE, plus récemment, en vue de déterminer le mécanisme des hémorragies intestinales dans la fièvre typhoïde. Is sont arrivés à démontrer que l’irritation du splanchnique, par diverses toxines ou par des procédés purement physiques” (ligatures ou faradisation), est susceptible de provoquer de tels phénomènes. Et il convient alors d’insister sur le fait qu’il n’y a aucune spécificité de l’agent causal.

Or, le syndrome étudié dans ce travail présente une grande analogie avec les accidents paroxystiques où l’intervention du système sympathique ne fait pas de doute, et l’irritation, même légère, de la diverticulose est suffisante, d’après ce que nous venons de dire, pour déclencher des hémorragies cataclysmiques.

Nous pensons que l’un ou l’autre des mécanismes exposés est susceptible de déclencher des entérorragies rouges. Le premier serait cause des hémorragies échelonnées sur une assez longue durée, tandis que le second serait plutôt à l’origine des phénomènes cataclysmiques, brutaux et sans prodromes. Il est évident que la coexistence des deux mécanismes pathogéniques ne peut être niée.

Quelle peut être la cause de la poussée de diverticulite ? Le primum movens de l’inflammation de la diverticulose est : variable suivant les cas.

On invoquera évidemment, en premier lieu, les corps étrangers du diverticule et plus particulièrement le calcul stercoral, pouvant créer des micro-traumatismes susceptibles d’être le point de départ d'infections qui ne demandent qu’à se développer dans cette cavité semi-close.

Il faut attirer l’attention sur le déclenchement des entérorragies à la suite d’une purgation, même légère. Nous en apportons deux observations (II et V). La littérature en apporte d’autres exemples. Cela est d'autant plus important qu’il s’agit de sujets âgés ayant recours aux purgations périodiques.

Les excès alimentaires, les voyages peuvent déclencher

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le phénomène (V; il faut en rapprocher l'observation VI : voyageur de commerce). |

Une infection intestinale peut précéder le cataclysme hémorragique et se manifester alors par une poussée de température (IV).

Certains parasites pourraient peut-être jouer un rôle (oxyures, amibes).

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