‹ La Forme Hémorragique de la Diverticulite du Côlon Ilio-PelvienChapitre 25 sur 29 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Le traitement de ces entérorragies est directement fonction du pronostic que l’on peut porter.

Dans les six cas que nous rappeortons, il n’y eut aucune issue fatale. De même, nous n’avons rencontré aucun cas mortel parmi les diverses observations de malades traités médicalement, que nous avons pu trouver dans la littérature. |

Nous pouvons donc affirmer qu’on ne doit mourir qu’exceptionnellement d’hémorragie diverticulaire, d’autant plus qu’actuellement les transfusions sanguines permettent de lutter efficacement contre les anémies aiguës hémorragiques, quelles qu’en soient la cause et l'importance.

Notre attitude est donc, en principe, uniquement médicale, attitude qui n’est pas admise par tout le monde. En effet, BENSAUDE et PRAT sont intervenus dans certains cas où l’hémorragie était très abondante et se répétait (mais à une époque où les transfusions n’étaient pas courantes).

Pour maintenir notre attitude, nous nous fondons sur les faits suivants :

1° Comme nous venons de le dire, nous n’avons pas rencontré, de cas mortels parmi ceux traités médicalement.

2° Difficulté pour le chirurgien d’affirmer qu’il a enlevé toute la zone colique diverticulaire. La radio ne révèle pas,

bo en effet, tous les diverticules existants, et l’on risque toujours d’en oublier.

3° L'opération pratiquée (colectomie plus ou moins importante) est bien grave pour une affection qui, traitée médicalement, paraît avoir toujours une issue heureuse. En conséquence, nous concevons le traitement de la façon

suivante.

Traitement immédiat. — Ce sera celui de toute anémie aiguë hémorragique et éventuellement du choc hémorragique. ñ

En présence d’un grand accident hémorragique, il faudra mettre le malade au repos complet, en décubitus dorsal, à la diète pendant deux ou plusieurs jours, avec une vessie de glace sur l’abdomen, pour lutter contre le facteur inflammatoire de la diverticulite et immobiliser l'intestin.

Dans le cas où le malade est lipothymique, il faudra pratiquer des injections de toni-cardiaques. Si l’hémorragie a été très importante ou à répétition, il ne faudra pas hésiter à faire une transfusion; cette éventualité semble devoir être particulièrement rare.

Il faudra éventuellement réhydrater le malade par du sérum glucosé ou chloruré.

La médication hémostatique consistera en administration d'extraits de plaquettes, de sérum sérique, de vitamine K.

Au bout de quarante-huit heures, si aucune nouvelle émission de sang n’a été constatée, on peut reprendre progressivement l’alimentation qui aboutira à un régime excluant tous les aliments à gros déchets et favorisant les putréfactions et fermentations intestinales selon l’orientation de la flore microbienne de l’individu.,

Traitement ultérieur. — 11 aura pour but de lutter contre les poussées de diverticulite qui paraissent cause de l’entérorragie. On va essayer de neutraliser, autant que possible, les cavités semi-closes que constituent les diverticules.

On donnera donc au malade des préparations à base de poudres inertes telles que le charbon, kaolin ou bismuth.

PNR

Il faudra lutter contre l’état infectieux par divers antiseptiques intestinaux, tels que sulfaguanidine et oxyquinoléine. On devra aussi assurer un bon fonctionnement du tube digestif, en vue de combattre la constipation rebelle qui est peut-être une cause favorisante de la diverticulite.

Par contre, il faudra proscrire de façon formelle les purgatifs ou laxatifs violents auxquels les malades ne sont que trop souvent tentés de recourir, et qui sont souvent à l’origine d’une entérorragie massive.

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