OBSERVATION XI
Folke Knuttsson (loc. cit).
Jeune fille de 15 ans qui ne voit plus de l'œil droit depuis l’âge de 4 ans. Les ophtalmologistes pensèrent alors à une simple atrophie, liée à une névrite optique de cause inconnue. À l’heure actuelle, on ne peut s’empêcher de penser qu'il s’agissait plus probablement d’un neurinome du nerf optique, d'autant plus que le Wassermann est négatif.
I y a un an, apparut une tuméfaction de la région sus-claviculaire droite. Le médecin qui l’examina alors trouva de l’empâtement avec une masse dans la profondeur, qui lui donna plutôt l'impression d’un ganglion. La tuméfaction disparut peu à peu, et à l’heure actuelle, on n’en retrouve aucune trace. Par contre, on remarque, disséminés sur tout le corps, des nœvi pigmentaires bruns ayant la forme de feuilles de chêne; la malade est d’une intelligence un peu au-dessous de la normale.
En décembre 1930, la malade se trouve fatiguée et on pratique un examen radiologique du thorax, qui révèle au sommet droit, une opacité homogène, de la grosseur d’un œuf, bien circonstrite. Le cliché permet de voir nettement la réflexion de la plèvre pariétale sur la tumeur, qui est donc extra-pleurale. À son niveau, les apophyses transverses sont un peu écartées, et on a l’impression d’un certain degré d’atrophie des corps vertébraux comprimés. L’examen clinique ne révèle qu’une matité du sommet droit, surtout en arrière.
Selon toute vraisemblance, il s’agit ici d’un neurinome développé en partie dans les trous de conjugaison, et causant ainsi l’écartement des apophyses transverses. Il est un peu extraordinaire *ependant que la malade n’éprouve aucun symptôme, ni douleurs, ni fourmillements dans le bras.
OBSERVATION XII MM. Roger et Alliez (In Société de Médecine de Marseille, 13 nov. 1933.
Malade atteint de neuro-fibromatose cutanée, et de scoliose dorso-lombaire, chez lequel un traumatisme attire l'attention sur une saillie anormale de l'extrémité interne de la cavicule gauche. Cette saillie est due à une luxation déterminée par une volumineuse tumeur médiastinale supérieure, qui ne se traduit que par des signes objectifs très discrets de compression pulmonaire. Cette néo-formation doit être rapportée à la maladie de Recklinghausen. Depuis trois ans, les signes ne se sont pas aggravés et le malade a pu se livrer à un travail peu fatigant.