‹ La forme sèche hémoptoïque de la dilatation bronchiqueChapitre 25 sur 71 · GB · texte numérisé non relu

GB

tre passé pulmonaire.

coqueluche à 6 ans, sans complication ; aucun au-

Quelques jours avant l'entrée à l'hôpital, à été prise d’une broncho-pneumonie double à la partie inférieure du poumon gauche e! la partie moyenne du poumon droit avec expectoration verdâtre et toux incessante.

Malgré une température oscillante entre 35°8 le matin et 40°

le soir, l’état général était très bon.

À l'examen on constate des signes tubo-cavitaires de la base gauche avec gargouillement,.

On croit à une caverne tuberculeuse, mais on ne trouve pas de bacilles de Koch dans l'expectoration.

Huit jours plus tard on constate la guérison complète.

Lefranc appelle ce cas « une poussée aiguë de dilata-

: il en rapporte plusieurs exemples.

tion bronchique

Pour nous ce ne sont que des réveils de bronchectasies.

Mais la plus curieuse 6bservation que nous ayons retrouvée est celle d’un réveil de bronchectasie par le rhumatisme articulaire aigu. À l’occasion de deux poussées de rhumatisme signés par une localisation cardiaque une petite malade greffe deux poussées aiguës sur ses di-

latations bronchiques.

OBSERVATION XIII (/n Thèse Lefranc)

Marthe S..., âgée de 11 ans, est entrée le 24 février 1917 à l'hôpital des Enfants-Malades, salle Parrot, parce qu'elle se plaint de palpitations et de gêne pour respirer, dès qu'elle fait un effort.

Les parents sont bien portants, elle a deux sœurs. Pas de trace de tuberculose ni de rhumatisme. Cette fillette est née à terme, après une grossesse et un accouchement normaux elle à été nourrie au sein pendant 3 mois, puis au biberon ; elle a fait sa première dent à r1 mois.

Ellle aurait eu, à 3 mois, une/pneumonie, el il y a un an une broncho-pneumonie ; depuis elle est restée sujette aux bronchites.

A 7 ans, l'enfant a eu une première crise de rhumatisme qui

s’est accompagné de mouvements choréiques aux membres su-

RE pete

périeurs et à la face. Au bout de 6 mois, la chorée et le rhumatisme ont disparu, mais c'est à ce moment qu'on s'est aperçu qu'elle avait une affection cardiaque. |

À son entrée, le 4 février, la malade n'a rien du côté de ses articulations, pas de fièvre. Elle se plaint seulement de toux et de dyspnée.

A l'examen de la poitrine, on ne trouve pas de modification de la sonorité pulmonaire, ni de vibrations thoraciques l'auscuHation fait entendre des râles ronflants et sibilants siégeant surtout aux deux bases.

Au cœur, pas de voussures précordiales. Légère augmentalion de la matité précordiale et dépression systolique de la pointe. À l’auscultation, souffle d'insuffisance mitrale.

14 mars : Poussée aiguë de rhumalisme au niveau des deux genoux avec élévation thermique à 39°. Signes d’endo-péricardite. Pas de mouvements choréiques. On administre du salicylate de soude.

15 mars : La malade tousse beaucoup et on entend aux deux bases de gros rûâles humides. Température 39°2.

16 mars : Le malin, expectoralion abondante de gros crachals muco-purulents. Souffle cavilaire à la base droite, entouré de râles humides. La température reste toujours élevée.

Pendant tous les jours suivants, la malade continue à remplir au moins un crüchoir par jour et à avoir une toux fréquente, quinteuse. |

Les signes locaux sont très variables d'un jour à l'autre matité à la base droite, souffle remplacé parfois par du gargouiHement.

L'examen des crachats est toujours resté négatif au point de vue du bacille de Koch.

28 mars : L'expectoration et la toux diminuant, la matité s'atténue, seul persiste le souffle. La température est à 37°.

Le ? avril on ne trouve plus de signes de cette phase aiguë de dilatation bronchique et la malade reste à l’hôpital pour

son insuffisance mitrale.

oh

Dans le courant du mois de mai, à l’occasion d’une nouvelle crise de rhumatisme aigu, cette malade se remit à tousser, à cracher et à présenter des signes pseudo-cavitaires à la base du poumon droit, semblables à ceux observés au

mois dé mars. #

C'est done à l’occasion d’une infection rhumatismale que cette fillette passait par les phases aiguës de Ia dilatation bronchique qui jusqu'alors ne s'était pas manifestee:

Mais c'est surtout à l'influence de la rougeole, de Ja coqueluche, de la grippe, des infections rhino-pharyngées et des sinus que sont dus le plus souvent les réveils de la bronchectasie.

Cela se conçoit aisément pour deux raisons

La première est que ces maladies nt une affinité bien connue pour l'arbre broncho-pulmonaire.

La seconde qu'elles sont particulièrement fréquentes, surtout dans le jeune âge et l'on peut dire pratiquement que personne n'y échappe.

D'autres maladies générales dont l'affinité pour le poumon, quoique très réelle, est moins fréquente, ont été invoquées comme cause des « réveils » de la dilatation bronchique. | j

En dehors du rhumatisme articulaire aigu que nous avons déjà cité on a rapporté des observations de réveils par la scarlatine et la fièvre typhoïde.

Dans tous ces cas, les auteurs rapportaient à ces maladies la production même de la bronchectasie. En réalité l'existence de ces cavités préformées n'étaient : simple-

ment que « révélées » brutalement par ces affections.

noie

Gelles-ci faisaient « sortir » le syndrome classique qui nest en réalité que l'expression tapageuse d’une complication secondaire plus où moins tardive selon les ha-

Sards pathologiques.

«€ On ordonna un élicltuaire pour un phtisique qui était dans une situation désespérée ; par une méprise d'apothicaire, lélictuaire fut donné à un malade vénérien pour s'en frotter et le phtisique reçut lenguent meércuriel au lieu de l'élietuaire. Celui-ci ne se doutant pas de la méprise, prit de cet onguent environ la grosseur d’une noix muscade

deux à trois fois par jour et il fut radicalement guéri, au grand ébahissement du médecin qui appris en suile par hasard comment la chose s'était faite ». BraMBiLLAa, Trattato Chirurgico pratico, Milano,

Ur LS

Page 1