OBSERVATION IV
Co... R..., 0 ans, domestique. Entrée le 11 avril 1922 pour. toux, fatigue et surtout expectoration abondante et incessante.
Lee
Le début de ces troubles remonte à l'enfance. La malade née à terme, a été très bien portante jusqu’à l’âge de ÿ ans.
A cet âge, elle a présenté une broncho-pneumonie grave de longue durée à la suite de laquelle elle est restée chétive et faible.
À partir de cette époque, la malade fousse el présente une expectoration abondante surtout l'hiver. C’est le matin que la malade expectore en abondance malgré son jeune âge.
Vers l’âge de 12 ans apparaît un symptôme nouveau surajouté : la dyspnée paroxystique survenant la nuit, persistant 1 heure ou 1 h. et demie et accompagnée de quintes de toux.
Depuis cettc'époque, la malade se développe lentement et sous l'influence du mcindre rhume elle retrouve sa toux et son expectoration. à
En hiver 1919-1920, elle est prise d'une nouvelle poussée avec point de côté, sueurs, fièvre, toux et expectoration. L'amélioration pe se produit qu'après un séjour de 18 mois à la campagne.
En hiver 1921-22 encore une poussée qui la décide à rentrer à l'hôpital.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES : Père mort accidentellement ; mère morte d'une péritonite qui semble avoir duré plusieurs mois ; 2 frères bien portants ; > sœurs dont l’une a une malformation de la hanche.
ACTUELLEMENT : La malade se plaint de toux et d’expectoration.
La toux survient le matin vers 4 heures et persiste un quart d'heure environ, ne ramenant d’abord quelques crachats glaireux non fétides peu abondants.
Lorsque la malade se rendort, elle! est réveillée à nouveau vers le matin et rejette alors une abondante expectoration qui se prolonge toute la matinée.
L’expectoration est spumeuse, aérée, verdâtre, très abondante (300 ou {oo grammes par jour).
Elle se dispose en trois couches : supérieure spumeuse,
acrée, blanchâtre ; movenne séreuse ; inféricure purulente
Cytologie ; polynueléaire peu altérée, quelques cellules bronchiques, des fibres élastiques en grande abondance.
Au microscope on découvre quelques microbes (Pfeiffer, pneumocoque. Absence totale de bacille de Koch.
Les signes généraux sont importants : fièvre entre 38 et 40°, à grandes oscillations.
Le pouls est rapide.
L'amaigrissement notable : de 4g à 45 kilos.
L'appétit minime. ,
Signes physiques : Aspect floride.
Thorax étroit, aplati en avant. Hémithorax gauche rétracté.
Scoliose à convexité droite.
Indice respiratoire : 2 em.
Vibrations diminuées à droite.
Percussion : submatité droite légère en avant ; submatité des deux côtés en arrière.
Auscultation : Les signes dominent à gauche.
En avant : Poumon gauche : sibilances intenses, gargouillement ; poumon droit : rudesse.
En arrière : poumon gauche : gargouillement étendu ; poumon droit : rudesse, râles sibilants aux bases,
Radioscopie : obscurité marquée du sommet gauche.
À la base gauche : 5 ou 6 taches claires contrastant avec le parenchyme voisin très obscur.
A droite # hile très foncé.
Diaphragme presque immobile.
L'erumen du système nerveux révèle un syndrome frusle d'irritation pyramidale se traduisant par l’exagération des réflexes avec elonus.
Pas de signes oculaires.
Pas de signes d’hérédo-syphilis.
Réactions humorales : sang Wassermann partiellement posi-
tif en avril 1922.
L. C. R. : Pas d'élément cytolegique ; albumine normale ; Wassermann partiellement positif.
Après début de traitement (en septembre 1922), le Wassermanun du sang est très fortement positif.
En novembre 1922, nouvelle réacton très positive.
Evozurion : Mise au traitement arsénical (Novar ; hectine), puis bismuthique, la malade vit son état s'améliorer d’une façon surprepante en quatre mois. Reprise du poids (3 kilos) et des forces, chute de la températüre, diminution de l’expectoration. On croit à une guérison et à ce moment on a même voulu publier celle observation comme type de guérison par le traitement spécifique, mais dans les semaines qui suivirent, les rechutes survinrent : en septembre 1922, reprise de tous les signes fonctionnels, généraux et physiques. Une nouvelle poussée apparaît atténuée et permettant une vie active dans le service (la malade aide à Ja cuisine), mais l’expectoration reste abondante. La cyanose des lèvres et des extrémités persiste toujours. On institue un traitement par les vaccins polymicrobiens sans résultat.
En avril 1923, reprise du traitement par les injections intratrachéales d'huile goménolée sous le contrôle du miroir. Mais au cours d’une injection, la malade fut prise d'une crise de suffocation brutale à laquelle elle succomba rapidement sous
nos yeux en 3 heures, le 9 avril 1923.
Autopsie macroscopique
La PLÈVRE pariétale gauche est très adhérente à la paroi.
Elle contient 300 gr. de liquide environ.
Au niveau du poumon gauche : les lobules pulmonaires sont surdistendus, Le lobe supérieur dans sa presque totalité montre une distension énorme des lobules pulmonaires que nous verrons être due à des bronchectasies.
La plèvre interlobulaire est symphysée et on voit des tractus
fibreux anciens par dessus la scissure.
Le lobe inférieur est couvert de vieilles adhérences. On en trouve aussi quelques traces à la partie antéro-inférieure, Quelques lobules bombent bosselés.
Sur le poumon droit elle présente des adhérences celluleuses. Elle est œdématiée à sa partie postéro-inférieure,
Mépiasrix, Il existe des ganglions médiastinaux qui sont volumineux. Parmi cêux-ci deux sont occupés par des blocs casécux. Dégénérescence amyloïde. Autour de ces ganglions tissu de médiastinite très épais.
Pouuox prRotr : aucune poche ectasique. H est emphysémateux. Malgré cela il offre sur les coupes un aspect marbré, rouge, brunâtre comme un tatouage. Par place un îlot de sclérose discrète.
Un ganglion sus-bronchique droit en état de dégénérescence amryloïde. \
Peu d’anthracose.
Poumox GaucE : La bronche lobaire supérieure est très hyperémiée, notablement dilatée, donnant accès dans des poches kystiformes nombreuses semées de préférence sur la surface du lobe inférieur.
La plupart des cavités ont une dimension comparable à celle d’une lentille ou d’un haricot. Ce$ poches sont arrondies et la muqueuse est d’un rouge vineux.
Sous la plèvre on trouve des ectasies grosses comme des noisettes. Plusieurs de ces cavités sous-pleurales sont séparées de la plèvre par un tissu mou au niveau duquel on ne trouve pas trace d’adhérence ancienne.
Le lobe inférieur, dans sa presque totalité, est le siège d’un nombre considérable de dilatations bronchiques et les gros conduits sont distendus d’une façon cylindroïde,
Dans tout le reste du parenchyme pulmonaire une partie considérable est transformée en poches entre lesquelles on ne retrouve plus l'aspect du poumon normal.
La surface du lobe inférieur est recouverte d’une nappe cel-
luleuse ; au-dessous le poumon est affaissé.