LA BATAILLE ÉPITHÉLIALE
C'est la bronchite catarrhale ou superficielle se traduisant par une réaction hyperdiapédétique et hyperplasique bénigne et transitoire. Cette lésion est engendrée par les tréponèmes qui s'insinuent sous l’épithélium, entre et. dans les cellules.
Le chorion réagit à l'infection, il se congestionne, des traïnées de cellules lymphatiques s’y portent. Ce sont surtout des plasmatzellen.
Puis l'inflammation se propage à toutes les couches. Celles-ci vont céder en général en un point devant l’atta-
que. Le processus va aboutir à la forme suivante.
2° LA PANBRONCHITE TÉRÉBRANTE.
Les amas de cellules blanches, lymphocytes et plasmatzellen, attaquent et dissèquent l’épithélium qui se mortifie, le chorion et les autres assises bronchiques.
Le chorioN devient le siège d'un tissu de bourgeon charnu conjonctivo-vasculaire. Les néo-vaisseaux sont innombrables, gorgés de sang ; une intense infiltration de cellules rondes se produit.
Des muriLATIoNs caractéristiques de la syphilis vont frapper tous les élémensi de soutien ; elles expliquent la production des dilatations, la bronche n'étant plus soutenue.
Les lésions de mutilaiions bronchiques peuvent être
1° Totales, supprimant tout.
9° Ou électives.
Oss. B. 2510 Fic. H (Gross. 15/1)
Bronchectasie scléro-hyperplasique. Mulilations et élastigénie parcellaire des deux limilantes élastiques
a) Large et longue bande scléreuse ayant remplacé la muqueuse bronchique enflammée et détruite; à la surface interne dépôt leucocylaire abondant avec îlot d’épithélium cylindrique comblant la cavilé aérienne.
b) Les armatures élastiques de la bronche sont méconnaissables et représentées par quelques tronçons de fibres anastomotiques.
c) Ilot folliculaire (gommes miliaires) parsemant le tissu scléreux qui entoure la bronche dilatée; la syphilis qui à détruit complètement la structure de la bronche cartilagineuse n'est pas encore éteinte dans cette région.
d) Mutilation profonde des parois bronchiques au-dessous de Ja limitante élastique interne morcelée.
e) Gommes miliaires incluses et encore en activité dans l'épaisseur de la paroi bronchique étirée mais encore reconnaissable.
f) La paroi de la bronche est délimitée par la limitante élastique externe remarquablement conservée et hyperplasiée dans ce point; la limitante élastique interne est de même à la fois mutilée et hyperplasiée; entre ces deux réseaux élastiques le tissu conjonctivo vasculaire semé de gommes miliaires représente le reliquat
des couches musculeuses, des glandes bronchiques et des cartilages atrophiées.
g) Artériole bronchique demeurée perméable.
a) Pour le tissu élastique (sclérose aneslatique).
b) Pour le cartilage.
c) Pour les muscles.
d) Pour les glandes.
Entre ces quatre groupes, toutes les combinaisons sont possibles, Elles peuvent être même variées, associations complètes, incomplètes, Lotales cu circulaires, le plus souvent parcellaires.
LES CARTILAGES subissent un assaut violent, on voit des fragments entourés de toute part par l'afflux lymphoplasmocytaire qui les désagrège et les font disparaître.
LES MUSCLES DE Reissessex sont dissociés, rompus, leur \
enveloppe élastique disparait. re
LE TISSU ÉLASTIQUE est le plus atteint. Il fond presque totalement, ne montrant par place que quelques îlots de libres d'union. Les limitantes disparaissent, la bronche se désarme. Elle n'est plus engaïnée ni par ses muscles, ni par ses cartilages, ni par son tissu élastique. Elle peut se laisser distendre.
Les éranpEs elles-mêmes sont infiltrés de lymphocytes et de plasmatzellen. Elles souffrent et peuvent disparaitre soit en totalité ou par îlot: (Voir chapitre d'anatomie pathologique générale).
Ce processus bronchopathique est souvent systématisé et l'ont peut voir sur une même coupe toutes les bronches du même territoire atteintes en même temps. Ce fait explique la production des bronchectasies lobaires.
Il faut noter également que le processus férébrant
syphilitique est le plus souvent parcellaire, insulaire.
M. Letulle nous a maintes fois fait remarquer sur €ertaines coupes des « hémibronchites » syphilitiques.
Ces processus parcellaires térébrants expliquent la production de la poche anévrysmatique pariétale.
Mais le processus de bronchite syphilitique a un caractère d'extension centrifuge bien particulier. Il gagne à la périphérie le tissu péri-bronchique et frappe les vaisseaux (que parfois cependant il peut respecter), les fymphatiques toujours très atteints et aussi les alvéoles voisins, Y déterminant suivant les points des lésions d’alvéolite soit catarrhale, soit fibrino-Iÿmpho-plasmocytaire, soit enfin, de
l’alvéolite œdémateuse aiguë.
4° L'ÎLOT NODULAIRE BRONCHO-PNEUMONIQUE est alors constitué.
Mais parfois la lésion syphilitique bronchique se localisant à l'endo-bronche y déterminant une endo-bronchite végétarte qui obture la lumière bronchique.
Gette lésion pourra plus tard devenir sténosante ou oblitérante. C’est là le processus inverse de celui de la bronchectasie.
Autour de ce nodule de broncho-pneumonie syphilitique, le poumon peut ‘être très atteint. Il est souvent envahie par des lésions de sclérose intersticielle importante; souvent même celles-ci sont systématisées (Letulle 209), Dans d'autres cas il donne naissance à un tissu de
bourgeon charnu qui comble les alvéoles.
oo e
Get îlot nodulaire broncho-pneumonique. peut aboutir à la :
5° GomME centrée par la bronche et les vaisseaux. Nous l'avons suffisamment décrite dans notre chapitre d’histologie palhologique pour ne pas y revenir.
Qu'il nous suffise de rappeler qu'elle est plus ulcérative que caséogène et que son centre peut s'éliminer, laissant une perte de substance à son niveau : C'est une véritable
CAVERNE BRONCHIQUE.
b) Bronchopatfhies subaiguës et chroniques. Ce sont : Inévitablement des BRONCHECTASIES.
Dès que le tréponème a pénétré quelque part il y produit une réaction inflammatoire subaiguë. Celle-ci en organisatrice et fortement conjonctivo-vasculaire (Letulle), c'est la scléro gomme.
La bronche est attaquée comme nous l'avons déjà vue, elle est en partie désarmée par le processus térébrant. Elle peut être ulcérée et sa lumière envahie par un tissu de bourgeons charnus qui évoluent d'une façon torpide, aboutissant à
c) La bronchopathie subaiguë ulcérative.
Du fait de la dislocation et des mutilations des couches successives le processus de pan-bronchite térébrante peut aboutir à la fonte de toutes les tuniques. Endo ei mésobronche envahies par le tissu de bourgeon charnu, se transforment en un tissu conjonctivo-vasculaire (réaction générale des processus syphiliiques aigus), dans lequel les lymphocytes et les plasmazellen par leur abondance
figurent un véritable aspect réticulé. L’abondance des
néo-vaisseaux et leur congestion explique la fréquence et l'abondance des hémoptysies de la dilatation bronchique. y
. La lumière bronchique est alors le siège d'une ulcération particulièrement torpide.
Déjà, à cette période, la bronchopathie a une tendance soit végélante soit au contraire ectasiante seul cas nous intéressant.
Rapidement la sclérose envahit la lésion ; elle est parfois annulaire, souvent insulaire.
Un appel intense de cellules conjonctives jeunes se dessine et s’installe. Des nodules inflammaioires, (gommes milliaires intercalaires), se disséminent et évoluent dans les tuniques, (voir chapitre d'anatomie pathologique générale).
Le chorion se sclérose et s'atrophie. Le processus se produit suivant l’axe de la bronche. Il peut être localisé, parcellaire ou total.
Il aboutit aux mutilations étudiées plus haut.
Suivant les cas, la sclérose aboutit à l'ATROPHIE ; nous aurons alors une BRONCHECTASIE SCLÉREUSE ATROPHIQUE (voir le chapitre d'anatomie pathologique. Type B).
Dans le cas contraire, la sclérose aboutit à l'HYPERPLA- SIE el nous aurons affaire aux BRONCHECTASIES SCLÉREU- SES HYPERPLASIQUE. (Type CG du chapitre d'anatomie pathologique).
Les lésions hyperplasiques
À côté des lésions de mutilation il y a place pour des
processus d'IHYPERPLASIE BRONCHIQUE.
Os. B: 2510. Fi. 1 (Gross. 55/1)
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ANARNMANSKI
Bronchectasie scléro-hyperplasique.
Les gomimes miliaires incluses dans la paroi bronchique détail de la figure H
a) Le pus et les cellules épithéliales accumulées dans Ja cavité bronchectasique.
b) Les larges placards d’endobronchite scléreuse hyperplasique, reliquats cicatriciels d'anciennes végélalions inflammatoires,
€) Limitante élastique interne, mutilée, remaniée à fond avec ses placards et ses festons hyperplasiques.
d) La limitante élastique externe de la bronche cartilagineuse offrant les mêmes lésions que Ja limitante élastique interne, e) Nodules gommeux folliculaires composés de Iympho et de plasmocyles détruisant encore le tissu élastique; le tissu conjonctivo vasculaire intercalé entre les deux limitantes ne montre plus trace des éléments fondamentaux de la bronche cartilagineuse sauf au voisinage de e où l’on reconnaît un petit canal excréteur d'une
glande, lui-même extrêmement atrophié,
UT
La syphilis mutile souvent, parfois elle excite et fait proliférer les différents tissus qui composent la bronchec- Comme pour les mutilations, l'hyperplasie peut être :
1° totale
Le
2° ou électire.
a) Pour le tissu élastique : c’est alors l'hyperplasie élastique Où ÉLASTIGÉNIE (Letulle) production de tissu élastique en excès. s
b) Pour le tissu musculaire qui peut être extraordinairement développé jeté en tous sens autour des bronchectasies et sous la plèvre. |
c) Pour les glandes : peuvent être, c’est un fait plus rare, en trop grande abondance.
d) Pour le chorion enfin qui devient trop grand et trop développé pour la basale ; il a alors besoin pour se loger ‘de se plisser, se froncer en saillies plus ou moins volumineuses et abondantes. Ce dernier point explique la produciion même des poches conglomérées et tassées (type C).
Suivant la partie bronchique atteinte par la sclérose, les processus suivants prendront naissance
1° S'il s'agit de la tunique interne, l'aboutissant sera l’'endobronchite scléreuse hyperplasique.
»° S'il s’agit de la tunique moyenne, la mésobronchite scléreuse hyperplasique.
3° Enfin si toutes les tuniques sont atteintes cela sera la panbronchite scléreuse hyperplasique.
12 Azou.
Cette étude met une fois de plus en valeur la notion de la juste proportion des éléments constitutifs de la bronche.
Il résulte de nos constatations que pour une bronche donnée {cartilagineuse ou musculaire), chaque élément : épithélium, chorion, muscle, fibres élastiques,, glandes, cartilage doit entrer dans une proportion normale. Tout manque, ou tout excès, d’un seul ou de plusieurs éléments, le reste pouvant paraître normal, nous permet
de suspecter à juste titre l’atteinte syphilitique.