‹ La forme sèche hémoptoïque de la dilatation bronchiqueChapitre 9 sur 71 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La dilatation des bronches à passionné des générations de chercheurs depuis son individualisation anatomo-elinique par Laënnec. Gette maladie pose en effet toute une : série de problèmes des plus intéressants, tant au point de vue pathogénique et étiologique, qu’au point de vue anatomo-pathologique. |

Laennec, en distinguant la bronchectasie de la phtisie vulgaire, en a tracé un tableau resté classique. Il comprenait l'association de signes pulmonaires cavitaires avec une expectoration abondante et purulente formant quatre couches.

La pathogénie de cette affection est passée par des péripélies les plus diverses ; théories pulmonaire, pleurale, bronchique, ont été tour à tour invoquées.

Finalement il était admis généralement jusqu'à ces dernières années, que les bronchites à répétition, les broncho-pnèéumonies graves, associées au rôle mécanique des efforts de la toux. étaient capables de produire les dilatations bronchiques.

Le problème a été repris sur le terrain clinique, à la suite des travaux des pédiâtres. Le professeur Hutinel en particulier a montré que la dilatation bronchique est une maladie à poussées successives.

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Chez l'adulte, cette même notion a été mise en valeur par MM. Bezançon et de Jong, de Jong et Jean Hutinel qui tout récemment encore, insistaient sur cette évolution par poussées. :

Ces travaux ont done bien établi que la bronchectasie n'est pas uniquement une maladie continue à grand fracas, et déjà l’on entrevoit les alternatives d'accalmie et d’exacerbation.

En même temps s'introduisaient des notions étiologiques plus précises ; Hutinel et son école montrent que les dilatations bronchiques surviennent dans 50 % des cas chez des enfants hérédo-syphilitiques.

Les anatomo-pathologistes d'autre part, étudient les formes congénitales et les ramènent à la syphilis; Tripier, Bériel et l’école lyonnaise donnent un vigoureux appui à la notion de l’étiologie syphilitique de la dilatation bronchique.

Les travaux de M. Sergent, ceux de M. Letulle mettent à l'ordre du jour la question de la syphilis salmonaire. ‘ La thèse de mon collègue et ami Dalsace, inspirée par MM. Bezançon et de Jong invoque le rôle de la syphilis dans les bronchites chroniques. Celle de Jean Hutinel, dont chaque chapitre peut servir de point de départ à de nouveaux travaux, utilisant les observations cliniques du service, donne une description très précise d'une forme « dysplasique ».

L'iatroduction toute nouvelle de la très originale méthode de MM. Sicard et Forestier des injections: d'huile iodée en radic'ogie broncho-pulmonaire ramène encsre

l'attention sur 14 dilatation bronckique,

MM. Forestier et Leroux, Sergent et Cottenot montrent le grand intérêt de cette méthode dans la recherché de la bronchectasie. Grâce à cette technique et aussi à l’observation précise des malades, nous avons pu, avec notre maître le Professeur Bezançon MM. M.-P. Weill et E. Bernard, mettre en lumière des faits nouveaux, tels que :

L'existence de bronchectasies importantes, volumineuses, disséminées dans un lobe ou un poumon tout entier, sans aucur signe général ni fonctionnel, et aussi, sans que dans le passé de nos malades adultes, il n’y ait trace d'expectoration, de manifestation bronchitique ou broncho-pneumonique.

Il existait cependant dans nos cas un symptôme important : les hémoptysies à répétition, non accompagnées d'autre expectoration, et qui se reproduisaient depuis huit ans chez l'un de nos malade, depuis quatre ans chez l'autre.

Ces fais nous ont amené à la conception de la forme sèche hémoptoïique de la dilatation bronchique ; les hémoptysies de ces formes prenant une importance primordiale, par le rôle révélateur qu'elles jouaient.

L'existence de ces formes sèches de la bronchectasie rendait peu vraisemblable la pathogénie classiquement invoquée ; broncho-pneumonie, cirrhose pulmonaire, théorie pleurale et rôle mécanique de la toux, faisaient faillite dans nos deux cas. Il fallait chercher d’autres causes, et nous avons été amenés à retourner la conception pathogénique actuelle, : La bronchectasie n'est pas l’aboutissant des bronchites à répétition ou des broncho-pneu-

monies ; elle est la première en date, c'est elle qui est

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.préexistante, la bronchite et l'expectoration abondante ne sont que des complications secondaires.

Quel est donc ce processus évoluant à bas bruit, remontant à de longues années en arrière, capable de produire de telles mutilations bronchiques, avec une latence presque complète ?

. La réponse dans nos deux cas était facile à donner, il

s'agissait selon toute vraisemblance de la syphilis hérédi- .

taire.

Toutes ces constatations nous ont incité à approfondir cette étude et à en faire le sujet de notre thèse.

Grâce aux matériaux accumulés depuis des années dans les services et laboratoires de nos Maîtres les Professeurs Bezançon et Letulle, nous avons essayé d'édifier ce mémoire qui pourrait porter comme sous-titre

« Contribution à l'étude de l'étiologie syphilitique de la dilatation anévrysmatique des bronches ».

Nous avons étudié successivement

Le syndrome lipiodo-radiologique de la bronchectasie.

Les formes sèches hémoptoïques et les formes sèches.

La pathogénie de cette affection, son début réel ancien et latent ; son début apparent brutal, à grand fracas ou explosion des signes classiques.

Le mécanisme des « réveils » de la maladie.

L'étiologie, et à son propos l'étude historique dé la syphilis bronchique qui montre la prépondérance prise par la D. B. dans les manifestations pulmonaires de la spécificité.

L'anatomie pathologique qui confirme cette notion, nous à montré, si je puis dire, que la syphilis du pou-

mon est axée par la bronche.

Enfin dans le chapitre d’histo-pathogénie, nous avons essayé, en donnant la preuve du processus syphilitique, de montrer comment, depuis l'attaque de la bronche par le iréponème, se développent et évoluent les lésions syphilitiques bronchiques pour arriver à leur aboutissant : la bronchectasie.

Je saisis avec joie l'occasion qui m'est offerte d’exprimer à mes Maitres d'hier et d'aujourd'hui l'expression de ma profonde gratitude. C'est pour moi un très doux devoir de remercier tout particulièrement les Profeseurs M. Letulle et F. Bezançon qui, sans cesse, l’un depuis douze ans, l’autre depuis six, n'ont cessé de me guider pas à pas dans mes études.

Hs m'ont inspiré l’idée de ce travail et m'ont conduit dans mes recherches. Qu'ils me permettent de leur exprimer en même temps que l'expression de ma grande ad-

miration toute mon affectueuse reconnaissance.

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