SCÈNE VI
GASTOX, GERMAIXE, LISETTE
LISETTE, euh-cuit Tout est rangé, Madame, en votre appartement.
GERMAINE C'est bien, Lisette, va .
GASTON
Non, reste! rien ne presse :
Ce dont je vais parler, Lisette, t'intéresse...
GERMAINE à Lisette Reste donc! (à Gaston) Maintenant j'écoute.
GASTON
Lh bien, voici duand je rentrai, Lisette et Jean étaient ici
(2) Lisette, après avoir Jrappé, ouvre la porte de gauche.
2é LA FORMULE
Achevant de couvrir cette table. Or l'usage
En ce pieux pays, après un tel ouvrage,
Est de dire : « La table est mise, grâce à Dieu! »
Ou toute autre formule antique en tenant lieu.
Lisette s'en abstint et Jean, très formaliste,
Le lui fait vainement remarquer. Il insiste.
Inutile! Il se vexe. Il la prie instamment...
Et Lisette toujours refuse obstinément.
Elle frappe du pied et le regarde en face.
Lui s'emporte. Il exige, et de rompre menace...
Si bien qu'exagérant l'un de l'autre le tort
Ces pauvres fiancés se croient brouillés à mort!..
Bref un entciement i^ai comme une opérette!
GI£R^L\INE L'entêtement de qui? de Jean ou de Lisette?. .
GASTON De Lisette, il me semble!..
GERMAINE
II me semble que Jean Aurait pu se montrer un peu moins exigeant.
LISETTE Madame a bien raison!
GASTON
Lisette, en bonne fille, N'eût point dû refuser à Jean cette vétille.
GERMAINE
Vétille, justement! Une vétille, un rien Suffit à Monsieur Jean pour rompre un doux lien.. Joli gage d'amour! Q.ue l'on fasse dépendre Son bonheur de si peu, je ne puis le comprendre!
GASTON
Aussi le cas n'est-il pns si grave. Elle et lui Se réconcilirom sans nul doute aujourd'hui.
LISHTTE N'y comptez pas, Monsieur.
GASTON
Fi ! . . i'v compte au contraire De Madame en ce jour fêtant l'anniversaire J'entends que tout le monde ici se trouve heureux... Tu dois faire la paix avec ton amoureux.
LISHTTE
Est-ce ma faute à moi s'il est déraisonnable? Le récit de Monsieur montre assez le coupable.
GASTON
Coupable est excessif. Lisette, en vérité, Tu montres pour ton Jean trop de sévérité.
GERMAIXi:
De fait son exigence était des plus futile. GASTON
S'y prêter était donc d'autant moins difficile, Et le tort de Lisette est d'autant plus flagrant D'en avoir fait l'objet d'un pareil différend.
LISETTE Monsieur en parle à l'aisç.
GASTON
Enfin lorsque Ton s'nime, On ne doit pas ainsi pousser tout à l'extrême. .. Or çà, ce n'est pas nous, Germaine, n'est-ce pas, Q.ui pourrions nous trouver jamais en pareil cas?
GERMAINE Tu ne saurais avoir d'aussi folle exigence. GASTON
Ni toi, certes, montrer semblable intransigeance! Et si, par aventure, il me prenait envie De t'entendre affirmer que la table est servie, Le plus durable amour étant le plus têtu. Comme Lisette a fait me refuserais-tu!..
GERMAINE rimit, iiiuis hàitanle Hum!..
GASTON
A ne point céder mettrais-tu tant d'orgueil? LISETTE, <i [lart cl obsi-rvaiil Geniiaiiic Oli! oh!.. Monsieur, je crois, se met le doigt dans l'œil!
GASTON La situation entre nous serait neuve!
GERM.\INE, nerveuse
Gaston, laissons cela. N'en tente point l'épreuve En ce moment
GASTON
Si, si! . . Lisette ainsi verra Ce qu'il convient de faire et mieux s'y résoudra,
LISETTE, à /.cir/ (i)
Bigre! cela va ma!. Ce beau ciel sans nuage Me parait s'obscurcir... je prévois un orage!..
GERMAINE, décidée
Non. Nous pourrons plus tard encor la sermonner : Elle doit pour l'instant veiller au déjeûner.
LISETTE
Bien, Madame, (à pari) Oh! là là!.. Ces hommes, tous les
[mêmes.