SON IMPORTANCE AU POINT DE VUE DU DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Nous avons étudié dans le précédent chapitre, les travaux de Widal et Ravaut et de quelques autres auteurs, et nous avons montré que leur formule un peu trop exclusive demandait à être élargie, et que, de plus, certaines interprétations basées sur des observations non suffisamment démonstratives, demandaient à être légèrement modifiées.
Mais avant d'exposer les recherches de notre maître, M. Barjon, sur les variations de la formule cytologique, nous voudrions insister sur un point de détail qui a son importance. Nous voulons parler de la technique opératoire différente employée dans le laboratoire de Widal et dans celui du professeur Bondet. M. Ravaut examinait le liquide pleural soigneusement défibriné. Or, Sabrazes a montré que la défibrination appauvrit notablement le liquide en polynucléaires, car ceux-ci, pour une cause encore mal connue, restent emprisonnés dans le caiïllot. Il estime que la différence constatée est de 2 ou 3 pour 100.,M. Barjon a pu se rendre compte, maintes fois, par des examens comparatifs, qu'en
LS NES réalité cette différence est bien plus considérable. L'observation XXVII est typique à cet égard. Dans ce cas, lemême liquide examiné au même moment avec et sans défibrinisation a donné :
Avec défibrinisation . . o°/, de polynucléaires.
Sans — TRUE —
La défibrination altère donc d’une façon notable la formule au point de vue de ses éléments polynucléaires.
D'autre part, 1l arrive fréquemment que le liquide à examiner se coagule très vite ‘quelquefois moins d’une demi-heure après la ponction). Il arrive alors que, même agité avec des perles de verre, les préparations qu’on fait avec le culot sont sales et difficiles à interpréter, car de nombreux filaments de fibrine restent autour des éléments cellulaires et les masquent en pare. Il faut donc, pour avoir de bons résultats, examiner le liquide immédiatement après la ponction, avant coagulation et sans défibrination. Grâce à cette méthode, les éléments cellulaires apparaissent très nettement et surtout le taux des polynucléaires n'est pas diminué. Nous croyons que c'est justement parce que Ravaut défibrinait ses liquides, qu'il n’a pas eu l'attention particulièrement attirée sur la polynueléose du début des pleurésies, et qu'il n’y a attaché qu'une importance relative.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent, que cet auteur distinguait deux formes de tuberculose pleu-. rale
1° Les pleurésies primitives ou pleuro-tuberculoses
2e" primitives survenant chez des sujets indemnes jusque-là de tuberculose :
2° Les pleurésies secondaires ou pleuro-tuberculoses secondaires, développées chez des sujets atteints antérieurement de lésions bacillaires évidentes du poumon.
Nous croyons qu'il est bon de respecter cette division, car si dans les deux cas, la formule reste dans son ensemble nettement tuberculeuse, elle subit néanmoins des modifications appréciables dans l’un et l’autre cas el permet même de faire un diagnostic différentiel.
Nous étudierons donc :
1° La formule des pleurésies primitives et ses variations.
2° La formule des pleurésies secondaires et ses variaüUons.