‹ La formule cytologique des pleurésies tuberculeusesChapitre 50 sur 59 · I. PLEURÉSIES PRIMITIVES · texte numérisé non relu

I. PLEURÉSIES PRIMITIVES

Dans la pleurésie primitive, deux points surtout fixeront notre attention.

1° La constance de la formule lymphocytaire.

> Les vartalions de la formule suivant le stade d’évolution de la maladie. Nous insisterons en particulier sur la présence au début de deux éléments : le polynucléaire et la cellule endothéliale.

1° Constance de la formule lÿymphocytaire.

Dans les 52 observations qui précèdent, 42 se rapportent à des pleurésies primitives. Ces 42 observations peuvent être divisées en deux groupes distincts.

HA

Les premières (24 obs.) concernent des malades atteints de pleurésie démontrée tuberculeuse par l’association de différents moyens expérimentaux, tels que : séro-diagnostic, inoculation au cobaye, autopsie, etc. Les secondes (18 obs.), concernent des malades dont la pleurésie a évolué cliniquement comme une pleurésie tuberculeuse, mais dont la preuve expérimentale n'a pas été faite ou n’a pas encore donné de résultats. Il est facile de se rendre compte dans ces deux séries d'observations, que pas une n'échappe à la règle générale (exception faite pour l’obs. IX), dans laquelle les Iymphocytes atteignent seulement 11 pour 100, tandis que les cellules endothéliales comptent pour 60 pour 100. Nous faisons remarquer tout de suite que le liquide pleural avait été examiné cinq jours après le début de l’affection et que, par conséquent, cette soi-disant exception n’est que la confirmation de ce que nous montrerons tout à l'heure, c’est-à-dire la variation de la formule dans les premiers jours. Dans tous les autres cas examinés plus de quatre semaines après le début, les Iymphocytes varient de 65 à 98 pour 100 et, fait important, il y a presque loujours une disparilion complète, du moins diminution considérable des polynucléaires constatés au début.

Nous avons souvent associé les lymphocytes aux petits mononucléaires dans le pourcentage. Il est, en effet, très difficile de dire si un élément visible dans le champ du microscope appartient à l'un ou à l’autre groupe. Tout le monde s'accorde, du reste, à leur donner la même signification.

Aussi, dans les 52 observations étudiées, on a trouvé

52 fois la formule lymphocytaire type, telle que l'avait obtenue Ravaut. C’est donc un résultat de 100 pour 100. Ces chiffres sont assez éloquents pour nous dispenser de plus longues discussions. La formule lymphocytaire des pleurésies tuberculeuses à leur période d'état, reconnue par la grande majorité des auteurs est une fois de plus démontrée.

2° Vdriations de la formule au début.

A. PoLyNUCLÉAIRES

Le second point sur lequel nous voudrions insister un peu plus longtemps, c’est l'étude des polynucléaires qu'on trouve au début des pleurésies tuberculeuses.

Au commencement des recherches sur le cytodiagnostic, plusieurs auteurs avaient. déjà trouvé dans quelques cas, cette polynucléose qu'ils prenaient pour une anomalie et sur laquelle 1ls s’appuyaient pour montrer que la formule était trop variable pour qu'on puisse en tirer des conclusions de quelque valeur. Ravaut luimême avait constaté à plusieurs reprises cette polynucléose du début, mais il n'y avait pas attaché une grande importance. Il en faisait le caractère des lésions pleuro-pulmonaires à tendance ulcérative.

En nous basant sur les observations ci-dessus, nous voudrions montrer que cette variation qui avait paru une exception est au contraire la règle et qu'elle doit être inscrite définitivement en tête de la formule du début des pleurésies tuberculeuses.

Sur 42 cas observés de pleurésies primitives, les polynucléaires sont signalés 22 fois. Or, ces 22 cas cor-

ARE respondent tous à des malades ayant été ponctionnés (ôL, Loujours moins de quatre semaines après le début des accidents aigüs, quelques-uns dans les vingt-quatre heures qui ont suivi le point de côté initial.

A l’aide de ces 22 observations, il est facile de montrer deux faits importants: 1° {a polynucléose manifeste du début; ® la diminution progressive des polynucléaires à mesure que la maladie s'éloigne de son début. .

Pour cela, nous divisons les observations en deux groupes :

Dans le premier, nous faisons entrer celles où 1l n’a élé pratiqué qu'un seul examen cylologique. Elles sont au nombre de 13 (obs. IX, XXIII, XXIV,XXX,XXXI, XXXII, XXX VIII, XLIII, XLV, XLIX, L, LI).

Dans toutes, nous y retrouvons des polynucléaires, variant de 1 à 23 pour 100. La moyenne serait approximativement de 8 à 12 pour 100.

Le second groupe d'observations comprend celles dans lesquelles 1l a été pratiqué plusieurs examens cytologiques successifs (obs. VIIT, XII, XIII, XVII, XIXEXRNELIX RO X XXI ER EVER

Dans ces 9 cas, on voit que plus la ponction se rapproche du début de l'affection, plus le pourcentage en polynucléaires est considérable pour un même liquide. Il va ensuite en s’atténuant progressivement pour arriver à o au bout d’un certain temps.

Pour rendre plus frappant ce fait, reprenons l’observation X VIT, d'un malade pris subitement d’un point de côté, pendant qu'il était en traitement à l'hôpital pour paludisme.

ep — Début du point de côté, le 11 février : le 14 février : 1° Ponction donnant comme formule.

Polynucléaires. .. . . 68 o/o Petits mononucléaires , . 3o Grands mononucléaires. . 1 “Onnonhiles,. a 1e. 1

Pas de lymphocytes el séro-diagnostic tuberculeux

positif.

20 février : 2° ponction donnant comme formule : Polynucléaires. . . .. +1 0/0 Petits mononucléaires . 22 : re È 80 Grands mononucléaires. 58 Grands mononucléaires tran- PRÉC GSS LR ns D je Cellules endothéliales . . 2

. Séro-diagnoslic posilif.

Ainsi à six Jours d'intervalle, les polynucléaires tombent de 68 à 1 pour 100. La démonstration ne peut être plus probante. ji |

Une autre observation montre encore mieux l’augmentation progressive des polynucléaires, correspondant à l'augmentation dans les mêmes proportions des éléments mononuclés (obs. XIIT).

1° ponction, le 8 octobre, jour de l'entrée, donne :

Po a uPlé nes AU REIN IE. IUT ‘a vojo

Lymphocytes et petits mononucléaires . 66 Grands mononucléaires et endothéliales . 7

2* ponction le 17 octobre.

Pobpucléaires AR 28.040.120 518,5 0/0 - Lymphocytes et petits mononucléaires. 68,5 . Endothéliales 1, 7,443. 738

3° ponction le 6 novembre. -

Polynucieaires CET IEC, TRES Lymphocytes et petits mononucléaires . 95 Plus de cellules endothéliales,

Ainsi, tandis que les polynucléaires décroissent dans les proportions de 27, 13,5 et 6 pour 100, les lymphocytes augmentent dans des proportions de 60, 68,5 et 93 pour 100.

Nous pourrions citer toutes les observations dans lesquelles plusieurs examens ont été fails; pas une ne fait exception à la règle.

On voit donc que contrairement à ce qu’avait pensé Ravaut, les polynucléaires ne sont pas exclusivement le fait des tuberculoses pleuro-pulmonaires, et qu'ils se retrouvent dans les tuberculoses primitives de la plèvre. C’est probablement à leur caractère fugace qu'il faut attribuer l'erreur d'interprétation de cet auteur. Aussi, est-ce avec raison que M. Barjon dit qu'il importe d'examiner les épanchements pleuraux aussi près que possible de leur début pour se rendre compte de cette poussée polynucléaire, en ayant soin de ne pas défibriner le liquide. C’est seulement en réalisant ces deux conditions oubliées par bien des auteurs, qu’on pourra saisir pour ainsi dire au passage les modifications de la formule du début, modifications qui sont en quelque sorte la manifestation extérieure des variations d’intensité du processus pathologique qui les engendre. Il est certain, en effet, que les polynucléaires du début sont l'indice d'une réaction inflammatoire aiguë dont la durée est éphémère dans les pleurésies tuberéuleuses.

=, : Den

Il est un autre point que nous voudrions mettre en relief. Le nombre des polynucléaires trouvés au début des pleurésies est très variable avec chaque cas et l’on ne peut établir, d’une façon même approximative, le pourcentage de ces derniers et donner une moyenne.

Ainsi, sur les 12 observations qui suivent, portant sur des individus ponctionnés du premier au trentième jour, on trouve:

OBSERVATIONS PONCTION LE POLYNUCLÉAIRES 1 1 FN Pr es 18 0/0 DO D 68 RENTE ds Joe 1 L'ETÉ LEE RE 23 XXXVIII. . LÉNRERT AE I RAA VIT : : On ne DV 20 NOR ER. NE ES 16,8 MEL ee |, FÉES ES 2 ROUTE TRES A 6 MTL DT ju à 7 D, 7, DOTE OU, 10

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