‹ La formule d'Arneth: Élément de pronostic en phtisiologieChapitre 10 sur 23 · EN · texte numérisé non relu

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moyens et grands, les petits étant les plus nombreux, leur protoplasme intensément basophile, teinté en bleu par le Giemsa, réduit à une mince couronne, entoure un noyau central violeniment coloré qui occupe la plus grande partie de la cellule ; dans les formes les plus volumineuses, le protoplasma contient des granulations dites azurophiles, qui se colorent en rouge sombre par l’azur contenu dans le liquide de Giemsa.

2° Les monocytes, comprenant les grands monocy-

tes et les formes de transition de l’ancienne classifica-

tion d’Erlich, plus volumineux que les Iymphocytes ;

ils sont parfois les plus grandes cellules parmi les globules blanes ; leur noyau, plus faiblement coloré que celui des lymphocytes, est souvent réniforme ou en fer à cheval; leur protoplasma, généralement abondant, est rarement d’une teinte homogène. II contient des granulations azurophiles plus nombreuses, plus irrégulières, et plus menues que celles des Iymphocytes. |

Rappelons pour mémoire que: 1 mmc. de sang renferme normalement de 6.000 à 9.000 globules blancs, dont 60 à 70 %, de polynucléaires neutrophiles, 20 à ‘36 %, de lymphocytes, et 3 à 9 % de monocytes.

Nous n’osons prétendre que l'étude de la formule blanche possède une réelle valeur diagnostique, ma-

thématiquement démontrable. Nombre d'auteurs, tels

-que Medlar, Brack, Datway et Daegan, ont bien insiste

sur ce poïrnt, mais lorsque la tuberculose est reconnue, l’étude systématique de la formule blanche semblerait être un des moyens les plus fidèles de suivre,

ME

pour ainsi dire intimement, l’évolution de l'affection, ses incidents et ses accidents, en quelque sorte son devenir. La formule blanche, au cours de la tuberculose pulmonaire, se modifierait suivant trois modalités caractéristiques :

1° Le type septique : hyperleucocytose très marquée, avec un pourcentage de polynucléaires au-dessus de 70°, celui des lymphocytes, étant au-dessous de 224 et celui des monocytes, au-dessus de 8 % ; le rapport lymphocytes-monocytes va progressivement décroître jusqu’à la période terminale où il tend vers zéro.

20 Le type résistant : caractérisé par une leucocytose modérée, ne dépassant jamais 10.009 globules blancs, avec un pourcentage de lymphocytes, rejoionant presque celui des polynucléaires, une monocytose ou-dessus de 10 % et un rapport lymphocytesmonocytes, constamment élevé.

3° Le type hyperplasique: leucocytose aux environs de la normale, avec un pourcentage de polynucléaires, variant autour de 60 °’, celui des lymphocytes étant de 25 % ou plus et celui des monocytes au-dessous de 10 %, le rapport lymphocytes-monocytes est très petit, souvent même inversé.

Cette variété de formule, avec l’intense monocylose qui la caractérise, serait, d’après Medlar, l'indice de la formation de nouvelles lésions, de l’activité ou de l'extension des lésions pré-existantes. Par contre, si le pourcentage des lymphocytes atteint un niveau supérieur à 30 %,, on peut augurer que l’évolution se fera vers la guérison.

Res

Au premier abord, cette classification peut paraître schématique et par trop rigide, en réalité elle se prête à une série de combinaisons qui permettent d'évaluer avec un maximum de probabilités les intentions évolutives de la tuberculose, et l’on peut dire que le rapport lymphocytes-monocytes semble être un index suffisament sensible pour qu’on se fie à ses indications en clinique.

L'exemple d’un malade, que nous empruntons à Brévannes, suivi depuis deux ans, nous en donne un exemple concret.

Dans ce cas, l’évolution leucocytaire et l’évolution clinique se sont révélées exactement superposables.

Observation: Mme W., âgée de 24 ans, entre à l’hôpital-sanatorium de Brévannes, le 28 mars 1933, por-. teur d’un pneumothorax gauche, efficace, qui le demeure encore, à l'heure actuelle; une spélonque sousclaviculaire droite, étant récemment apparue, on essaie de pratiquer un pneumothorax droit, qui est impossible. L'état général, qui était satisfaisant, va déclinant et l’on fait successivement à ce moment deux formules sanguines, le 9 et le 26 juillet 1934, qui montrent une décroissance de l'index lymphocytes-monocytes. On pratique alors une phrénicectomie droite pour essayer de collaber la spélonque ; progressivement, l'effet clinique de cette intervention se manifeste, le malade reprend du poids, la température s’abaisse, et l’index lymphocytes-monocytes, après une longue période d’'inversion, et la courbe des polynu-

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