PATHOLOGIE SANGUINE DE LA GRIPPE
Etant donné la gravité de nombreux cas de grippe, il était à prévoir que le sang présenterait des modifications tant biologiques que cytologiques. Dans la grippe en effet l’orgañisme est soumis à une auto-combustion intense et ainsi en témoigne l’hyperazoturie (PATEIN) et l’azotémie, remarquée par le Marc, HaADoUR et DENIER. GILBERT, CHABROL, DUMONT ont systématiquement dosé l’urée sanguine. Ils ont trouvé des valeurs jusqu’à 1 gramme dans les grippes pulmonaires. Dans l'urine ces mêmes auteurs on trouvé des chiffres d’urée de 50 grammes par 24 heures. La grippe est donc une maladie à dénutrition très marquée.
D'autre part PATEIN et JACQUET ont constaté une retention chlorurée, conditionnée non par une moindre perméabilité rénale, mais par un appel d’eau de l’organisme au niveau du poumon. Ce mécanisme est la règle dans la pneumonie et ne contreindique nullement le régime alimentaire normalement chloruré.
Après avoir cité brièvement ces intéressantes altérations biologiques, nous passerons aux modifications cytologiques du milieu sanguin. Les premières recherches remontent à une trentaine d'années à peine, mais en exceptant le remarquable travail de l'Allemand RIEDER en 1892, nous pouvons dire que la question n’a été approfondie qu’à l’occasion de l'épidémie des mois juin, juillet et août en 1918.