‹ La fortification du champ de batailleChapitre 33 sur 40 · ABATIS · texte numérisé non relu

ABATIS

De toutes les défenses accessoires, les abatis sont celles qu'on emploie le plus généralement et avec le plus de succès, pour renforcer les retranchements improvisés.

On les place devant la contrescarpe des ouvrages fermés ou des retranchements, — dans des fosses qui n ont pas assez de profondeur pour former un obstacle sérieux, — debout, contre le talus de contrescarpe, pour rendre la descente dans le fossé difficile ou impossible, — en avant d une tranchéeabri, s'il y a des arbres à proximité (fig. 13^*% pi. II), — à la gorge des ouvrages, quand cette gorge est ouverte ou incomplètement défendue, — dans les angles morts des retranchements, pour empêcher que leunemi ne s'y établisse, — à la lisière des bois et dans les intervalles des ouvrages et des postes

fortifiés qui entrent dans la composition dune ligne de défense ou d'une enceinte de village.

Les abatis qu'on forme au moyen d'arbres croissant sur les lieux s'appellent abatis sur place ou naturels, et ceux qu'on forme au moyen d'arbres coupés ailleurs s'appellent abatis rapportés ou arftfieiels.

Ces derniers se font avec des arbres de 5™00 à 7°^00 de longueur, dont les troncs n'ont que 0™12 à 0™15 de diamètre.

Les arbres sont recroisés ou placés l'un à côté de l'autre. (Fig. 9, pi. IV.)

Us doivent être dépouillés de leurs feuilles et menus branchages, pour qu'ils ne fournissent pas de couvert à l'ennemi ; les grosses branches sont taillées en sifflet.

Lorsque l'abatis se compose d'arbres non recroisés, on a soin de relier entre elles les branches des troncs voisins.

Les meilleurs abatis sont ceux dont les grosses branches sont rendues solidaires par des fils de fer.

Pour faire les abatis sur place, on renverse les arbres les uns sur les autres ou les uns à côté des autres, en laissant les troncs attachés aux souches.

Ce sont les abatis les plus difficiles à déplacer, car les abatis rapportés se font avec des arbres moins

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lourds ou avec des têtes de gros arbres, que l'on traine à bras d'hommes ou au moyen de chevaux, et 4pi'on fixe au sol par des piquets à mentonn^. Les efforts de plusieurs hommes munis de cordes suffisent, en général, pour arracher et déplacer de petits arbres fixés de la sorte.

Les abolis sur place ont de 5(H)0 à lOO'^OO de largeur.

Les abolie rapportés se composent de 3 à 6 rangées d'arbres placées de manière que les couronnes de la deuxième rangée couvrent les troncs de la première, et ainsi de suite, (f^oir fig. 10, pi. IV.)

Lorsqu'on ne trouve sur les lieux que de gros arbres, on forme l'abatis au moyens des mdtresses branches de 3 & 4'>K)0 de longueur, que l'on établit dans plusieurs rangées de tranchées, disposées comme l'indique la fig. 11| pi. IV.

Ces abatis de branchages portent le nom de vignes.

On fixe les branches au moyen de crochets et on les relie entre elles au moyen de perches, fixées paiement au sol par des piquets et des harts ^

Les terres qui proviennent des tranchées à section triangulaire sont jetées du côté de l'ennemi et for-

* Pour éviter remploi des longs piquets, on peut aussi relier les perches aux grosses blanches avec des harts.

ment un glacis qui cache les vignes et les protège en partie contre les feux de l'attaque.

On recommande aussi de protéger de la sorte les abatis rapportés, ou, ce qui revient au même, de les placer dans un avant-fossé à section triangulaire (fig. % pi. VI); mais cette précaution n'est pas indispensable,, l'expérience ayant prouvé que l'artillerie produit peu d eflTet contre des arbres renversés, surtout quand les grosses branches sont reliées entre elles par des fils de fer. Aussi, dans la construction des abatis de branches, on comble souvent les tranchées à section triangulaire. (Fig. 26, pi. V). Ce moyen est plus expéditif, parce qu'il n'exige pas de remaniements de terre. On commence par creuser la tranchée la plus rapprochée de l'ennemi, en jetant les terres sur le bord opposé. On y place les branches de manière qu'elles se recouvrent, on les fixe au sol au moyen de piquets à mentonnet ou de perches maintenues par des piquets semblables, et on recomble ensuite la tranchée.

Un atelier de six à huit hommes, lorsque la tranchée est faîte et que les branches sont à pied-d'œuvre, place, fixe et recouvre, par heure, 8 à 10"^00 courants de branches. Pour creuser les tranchées, préparer les piquets et les perches, il faut deux autres ateliers de même force.

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Avec la pelle Linnemaa à bord tranchant, on peut abattre des arbres ayant jusqu'à 0"^15 de diamètre*

Un arbre de O'^IS est abattu en 1 1/2 minute avec la cognée et en S minutes aveo la scie à main ; un arbre de (K"30 est abattu en 3 minutes avec la cognée, et en 4 à 5 minutes avec la scie à main. Un arbre de 0"^44 exige 5 minutes ou 6 à 9 minutes; un arbre de 0°^5, 20 minutes ou 32 à ii minutes ^

Pour faire un abatis de SO^'OO de longueur, corn* posé de 5 rangées d'arbres, à la lisière d'un bois de haute futaie, avec des ai4>res de O'^IS à 0>^5 de diamètre (exigeant en moyenne 1 arbre pour 10«»%0 de surface), on compte, d'après une expérience faite à Olmutz, qu'il but 1 homme et t heure de travail*.

D'après le manuel du pionnier alljBmattd, l'exécution rapide d'un abatis exige un homme par mètre courant (ce qui suppose que les arbres sont sur place ou à pied<-d'œuvre). Avec des «rbres de 0°^03 à 0°^10 de diamètre ou de grosses branches de 4 mètres de longueur, lorsque le» bois sont abatus, un atelier de 10 hommes^ établit en

1 Chiffres donnés, diaprés les expériences autrichiennes, par le capitaine von Brunncr.

* Il a été prouvé également, à Olmntz, qne 84 travailleurs établissent en 3 heures, sur la lisière d*un bois, un abatis de 45 mètres de largeur et de 153 mètres de longueur. Les arbres qui ont servi à cette expérience avaient en moyenne 0"*â2 de diamètre.

1 heure 15 mètres courants d abatis de 6 mètres de largeur. (4 hommes transportent le& hranohes, S^ les placent et 4 les assujettissent.)

PETITS PIOVJEXS*

Quand le bois fait défaut, on peut remplacer les abatis et les vignes par dé petits piquets à deux pointes, de l'^OO de longueur, fichés en terre à 0°^25 l'un de l'autre et à 0*^50 de profondeur *.

Étant plus faciles à détruire que les abatis et les vignes, on les protège contre les feux de Fartillerie par un petit glacis, lorsqu'ils sont établis en avant du fossé.

Les piquets se placent au delà de la contres^ carpe, sur les capitales des saillants, au fond des fossés, sur la berme et à la gorge des ouvrages.

Un atelier de quatre hommes établit en 1 heure 3°^*00 de cet obstacle. Six à huit hommes préparent dans le même temps les IHO piquets nécessaires à ce travail.

Les petits piquets placés en avant du fossé doivent former une bande d'au moins 4™00 de largeur. Pour les cacher, on les recouvre de menus branchages ou

1 Les pointes supérieures sont taillées, après renfoncement de» piqoets, sinon il faudrait, pour ficher les piquets en terre, frapper sur un maillet entaillé, recouvrant la pointe supérieure.

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de blé. On peut également planter de petits piquets sur la berme et au fond du fossé.

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