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RÉSEAUX EN FILS DE FER

Les réseaux en fils de fer constituent une défense accessoire des plus ef&caces. Ils ne se voient pas de loin, ils ne masquent pas les feux de la défense et ils résistent bien aux projectiles de lartillerie.

On les emploie de la même manière que les abatis et les trous de loup, et ils ont l'avantage d'être plus faciles à établir. Placés au fond d'un fossé, leur résistance est particulièrement grande lorsque ce fossé est flanqué. Les réseaux (voir fig. 8, pi. IV) sont formés de piquets de l'^SO de longueur et de 0"05 à OMO de diamètre, enfoncés de 0™50 dans le sol; les piquets sont plantés en quinconce, à 1™50 ou 2I°^00 les uns des autres ; leurs têtes ainsi que leurs pieds sont reliés par de gros fils de fer de 4 1/2 millimètres de diamètre, qu'on évite de tendre fortement, pour que l'ennemi ne puisse pas les couper à coups de sabre, et qu'on fixe de façon qu'ils ne se détachent pas complètement lorsqu'on les coupe près d'un piquet.

Indépendamment de ce fil, qui forme les mailles du réseau principal, on emploie du fil de SI millimètres de diamètre pour les recroisements secondaires.

Les piquets des rangées extérieures doivent ôtre plus forts et pénétrer à 1°*00 de profondeur dans le sol, parce que ce sont ceux que Tennemi essaye d'arracher en premier lieu.

Quand un réseau en fil de fer a 0™90 de hauteur, l'infanterie ne peut pas l'enjamber (une hauteur de 0™40 suflSt pour arrêter la cavalerie).

Les gros fils sont retenus aux têtes des piquets par des crampons ou des pointes rabattues ; cpelquefois aussi on les passe dans des trous de foret.

Les fils minces sont tournés autour des piquets et, par-ci par-là, autour des gros fils qu'ils recroisent.

Un bon réseau doit avoir au moins 10™00 de largeur et présenter une certaine irrégularité d'entrelacement pour échapper à toute destruction méthodique. On doit éviter aussi de donner à tous les piquets la même hauteur, pour que l'assaillant ne puisse pas franchir le réseau en posant dessus des claies ou des planches.

Un atelier de douze hommes établit par heure 40"^00 de réseau ; pour faire ce travail, il n'est pas nécessaire d'avoir des hommes exercés.

Faute de fils de fer, on peut employer des lattes, des perches et des cordes.

Un réseau en fil de fer, appliqué sur le talus de contrescarpe, forme un obstacle très-redoutable. On

obtient aussi un bon résultat en enfonçant sur la berme ou dans le talus d'escarpe une ou deux rangées de, piquets entrelacés de gros fils de fer.

On peut également relier, au moyen de fils de fer, des palissades couchées sur la l>erme ou plantées au pied du talus d'escarpe, à 2°^00 l'une de l'autre . Cet obstacle offre plus de résistance aux projectiles et à Taction ^es .charges de dynamite, que les pidissades et «les fipaises^ ordinaires.

TROUS DE loup!

Un :moyôn soirrent 'recommandé pour pompre l'élan des troupes qui se portedt & l'assaut d'un ouvrage teritié ou d'un retrancbemient, consiste à établir «n avant du fo^é une triple ou quadruple ligne de:trous de loup.

On ^peut aussi creuser avec succès des trous de loup dam les fossés larges 'et peu profonds, à la gorge des ouvrages ou devant un abatis important. Malheureusement ils sont difficiles à faira avec des travailleurs non exercés, et -ils exigent beaucoup de temps. Lorsque les terres sont amai^es autour de leurs bord6»(fig. 1, pi. V),ils ont en outre rinconvénient d'être faciles à recoiribler. Pour ce mdtif, ^on donne ia préférence aux trous de loup à base circulante (6g. 15, pi. V) ou à base carrée (fig. 7, pi. IV),

dont les déblais servent, soit ft iformer le parapet du petranchemânti soit à créer un glacis qui met les «trous de loqp à l'abri des vuesiet d'une .partie des coups de l'enni^mi .

Dans le cas de la fîg. 15^ pi. y> les intervalles des trous de loqp >doivBat âtre Tendus infrancbissables au 'moyen d^e -petits ^piquets, recouverts de légers branebsages. ^Cela n'eat pas nécesâaire quand on emploie les trous de loiip à base rectangulaire, séparés par ^des parois de ^0*^15 à 0°^âO d'épaisseur.

Au fond desi entonnoirs^ on :plante nn grand piquet bien appointé, ou trois petits piquets faisant saillie deO°f30L

Au iieu de piquets on emploie quelquefois des chauase^rapes.

Les ttrous «de .loup de forme pyramidale ne peuvent guère être construits que dans les terres fortes, à oauGe du.peu d'épaisseur de leurs parois, ils apposent plus de difficultés à l'assaillant que les tautrefii, surtout > en x^as d'attaque de nnit.

Un homme fait un trou de loup ien S!, 3 ou 4.heur6g, suivant la nature du terrain. Pour enlever la terreextraite, iliaut 1 homme par 2 .trûus,^et fmxt faire d£x pointes et enfoncer dix piquets par heure, il faut paiement 1 honnne.

328 LA FORirnCATlON IMPROVISÉE

Un défaut général des trous de loup est d'ofl&îr aux tirailleurs qui précèdent les colonnes d'attaque un abri contre les feux du retranchement, et de leur permettre ainsi de tirer des coups ajustés sur les défenseurs de la banquette.

On fait remarquer, à la vérité, qu'il su£5t de donner aux trous de loup plus de 1™80 de profondeur pour rendre ce tir impossible; mais lorsque chaque soldat aura un outil de pionnier (ce qui ne peut tarder), il sera facile aux tirailleurs d'exhausser le fond très-étroit de ces excavations, et, s'il y a des terres sur leurs bords, d'en abattre assez pour frayer un chemin praticable au gros de la troupe. Nous croyons donc que, dans la fortification improvisée, on ne fera plus guère usage de trous de loup.

Le manuel du pionnier allemand ne recommande qu'une seule espèce de trous de loup, que l'on construit comme suit :

Sur plusieurs lignes parallèles, tracées à 0"^90 l'une de l'autre, on place des piquets en quinconce, à 0™90 l'un de l'autre. (Fig. 22, pi. V.) Ces piquets forment les centres de petits trous de loup ayant 0°*60 de diamètre supérieur, 0™30 de diamètre inférieur et O'^eO de profondeur. Dans le fond de chaque trou, on enfonce un grand piquet terminé en pointe, et l'on garnit de petits piquets les intervalles.

Pour que ces trous de loup forment un obstacle sérieux, il faut qu'il y en ait au moins 7 rangées. On augmente la valeur de l'obstacle en tendant, sur quelques forts piquets, un réseau en fils de fer au-dessus des excavations.

Les terres excavées servent à faire un glacis en avant des trous, ou sont dispersées en arrière.

Quatre hommes peuvent exécuter en 1 heure 1 mètre courant de cet obstacle (comprenant 8 à 10 trous) et disperser les terres provenant de la fouille.

Pour apprêter et enfoncer les piquets dans les intervalles, il faut un personnel double du précédent.

Ces sortes de trous de loup sont surtout employés pour défendre l'approche des saillants exposés à l'attaque.

PAUSSÂDEMENTS.

Un autre moyen de défense dont on ne fera plus guère usage, est le palissadement. Le tir plongeant et remploi de la. dynamite et du fulmi-coton comprimé ont rendu trop facile la destruction partielle des palissades et des fraises pour qu'il ne soit pas sage d'y renoncer, ou tout au moins d'en limiter l'emploi à la fermeture des entrées des redoutes.

UneodispositUm qui psrmet d'atteindre les trayaiilenrs lennemiB, chargés de placer des :»ucissoa8 de dj'iBamite, ^st celle que >r^péseiite le profil «G II, fig. % pL IV. Jtous (croyons, à cause de eela, devoir la recommander pour le renforeera^sifcdes redoutes, lorsqufoD rpouvra disposer^du temps et .des matériaux nécessaires à rétablissement d'-une palissade générale.

Dans JBetoas,>on pourra «paiement établir au pied de KescBspenon pas une palissade, mais une palanque avec fossé à fond de cunette (fig/80, pi. V); maiiS'ce moyen, à caine du temps qu'il exige, n'est applicable 'qufaux ouvrages passagers )et mixtes, pour la construction desquels on a plusieurs jours ou {dusieurs sem)SÛDfiB.

Les <&aisGS, uque 1 on éiiabliâsait autrefois sur la berme, seront avantageusement remplacées par une rangée de petits arbres ou de grosses branches, préparés comme pour abatis, que l'on engagera par le gros èoutidans le (talus extérieur du parapet et que l'onrlieraeiimiite par des1iarts.à<de bongues perobesa (profil E F, ifig. % pL rV), fixées sur la bferme au moyen de .piquets à mentonnet. Le profil fig. 3, pi. VI, indique une autre disposition, qui offîre plus de solidité, mais qui. exige aussi, après rachèvament du parapet, de plus grands remaniemedts de .terne.

On devra renoncer désormais dans la guerre de campagne sax chevaux de feise, obausse*-trapes, croix 4e Saint- André, bei«es, plancbes traversées de clous et autres défenses accessoires d'une construction difficile, et dont la plupart, du reste, n'ont plus Timportiince qu'elles avaient autrefois ou qu'on leur avait indûment attribuée.

Les défenses accessoires peuvent généralement être établies en même temps qu'on entame Touvrage ou le retranchement qu'elles doivent renforcer. Si elles ne sont que partiellement terminées au moment de l'attaque, elles présentent encore cet avantage que le défenseur peut affaiblir son feu là où elles existent, et le renforcer là où elles n'existent pas.

Depuis qu'on a des fusils à tir rapide, tout obstacle qui arrête on ralentit la marche de l'assaillant fait éprouver à celui-ci de grandes pertes. On peut donc dire que l'importance des défenses accessoires, loin d'avoir diminué, s'est au contraire fort accrue. C'est pourquoi l'infanterie doit être munie des outils nécessaires pour créer ces sortes de défenses; et comme les réseaux de fils de fer sont l'une des, plus efficaces et des plus faciles à établir, il sera utile que les bataillons chaînent sur leurs voitures quelques rouleaux de ce fil. Dans certains cas, un poste d'infanterie pourrait, en moins d'une heure, se créer

de la sorte un rempart en quelque sorte invisible, qui le mettrait à l'abri des attaques de le cavalerie sans Tempêcher de se porter en avant au moment opportun.

Défense des brèches et des passages pratiqués dans

les murs d'enclos.

Ces ouvertures sont bouchées au moyen de corps d'arbres ou au moyen d'abatis rapportés. Dans le premier cas (fig. 12, pi. VI), on place intérieurement, contre l'ouverture, une rangée de troncs a que l'on maintient à l'aide de trois montants 6, soutenus par des contrefiches c dont le pied s'ajipuie sur un madrier ou sur une pierre.

La fermeture en abatîs rapportés se compose de plusieurs arbres dont les branches sont coupées en sifflet (Gg. 13, pi. VI).

Pour que l'assaillant ne puisse pas enlever ces arbres, on les fixe contre la paroi intérieure du mur au moyen d'une forte perche c d engagée dans les branches des troncs et reliée à ces branches, aux points a et b^ par des cordes ou des harts.

On peut aussi fixer les arbres au sol au moyen de piquets à mentonnet.

Mise en état de défense des chemins creux, des excavations et des dépressions du sol.

Si Ton veut utiliser le chemia creux abcd (fig. 17, pi. VI) comme obstacle, on établit sur le bord intérieur une tranchée de 0^90 ou de 1"^30 de profondeur, suivant le temps dont on dispose, et on jette les terres dans le chemin creux, pour que rien ne décèle à l'ennemi la présence d'une ligne de tirailleurs retranchés. Si le bord intérieur ne domine pas le bord extérieur a', il faut, pour battre le terrain, élever sur le premier une masse couvrante d'une hauteur convenable, {f^oir le trait pointillé, fig. 17, pi. VI.)

Si l'on veut utiliser le chemin creux a 6 c {{ (Gg. 1 9, pi. VI) pour y cacher des troupes ou pour les y faire circuler, à l'abri des vues de l'ennemi, on taille une banquette dans le talus extérieur du chemin et on forme un léger glacis avec les terres provenant de cette opération. Ce glacis décelant à l'ennemi la présence d'une ligne couverte de tirailleurs, on s'abstiendra de le construire lorsque le terrain ne s'abaissera pas rapidement devant la tranchée. Ainsi, pour le chemin creux a' b c d (fig. 19, pi. VI), on entaillera la banquette à 1™30 sous le terrain naturel.

334 LA FORTtnCATION IMPROVISÉE

comme Findique le tracé pointillé, et Ton jettera les terres qui en proviendront dans le chCTdinv

Pour établir ont Ugpe de tfanitteim da&s une excavation ou dépression du terrain (voir a b cd, fîg* \S, pi. VI), on profile le talus extérieur comme ci*dessus, ou comme l'indique la figure^ Le tracé plein, bordé de hachures» s'applique au terrain a avec forte pente en avant de la dépression,, et le tracé pointillé 6' cf d! e' f, au terrain d sans pente ou avec pente légère du côté de l'ennemi.

Dans le premier cas, on élève assez le glacis pour que la pente extérieure puisse être battue par des tireurs placés debout sur la banquette.

Un fossé étroit et profond, dans lequel il y a de l'eau ou de la vase, peut être utilisé comme abri de tirailleurs, si on le profile conformément aux indications de la fig..l6^ pL VL

Quand le fossé est peu profond, on l'approfondit jusqu'à ce qu'il ait l'^^SO sous la crête du glacis ou O^'SO sous le niveau de la banquette.

Mise en. état, de défetise des digues.

Si la digue ahcd (fig. 14, pi. VI) a peu de largeur, on entaille une banquette dans le talus intérieur, et on forme un glacis avec les terres qui en proviennent. Lorsqu'il y a des arbres sur la digue, on les

abat et on les renverse sur le talus extérieur^ pour créer un abatis.

Quand la digue est si épaisse et si haute qu'on ne peut pas battre efficacement le terrtiin en avants en adoptant le dispositif précédent, on doit — surtout si la digue n'est pas flanquée — construire une trancfaëèabri près du talus extérieur (fig. 15, pL VI). Cette tranchée aura, suivant le temps dont on dispose, 0*^90 ou 1^30 de profondeur sous la crête du glacis. Si Ton doit pouvoir faire feu des deux côtés, ou bien si des feux de revers sont à craindre, on creuse en outre une tranchée-abri près du talus intérieur. (Foir le tracé pointillé.)

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