CHAPITRE XI
Par les arrêts de justice les héritiers naturels étaient entièrement dépouillés, et les assassins ainsi que leurs complices étaient assurés de toute impunité et mis en possession définitive et inattaquable du fruit de leurs crimes et de leur ignominie.
Mais l'opinion publique, qui avait suivi tous les débats de cette affaire, se refusa obstinément à ratifier les arrêts de justice. Et celles, pour consacrez le jugement de l'opinion publique, le tribunal de l'histoire n'a pas besoin d'autres preuves que de colles ressortant des faits qui furent mis au jour par le procès.
Il s'en est produit de nouvelles cependant.
Si elles n'ajoutent rien aux éléments de conviction quant à la désignation des coupables, elles apportent un formidable appoint aux circonstances aggravantes de l'abominable forfaiture commandée par le roi des Français et servilement perpétrée par sa magistrature.
M. Billault de Gérainville a eu communication : des noies fxwllculières de M. de la Huproye, conseiller ra|)|>orteur, à lui communiquées par M. Theurier de Pomniyer, gendre de M. de la Huproye et ancien juge au tribunal de la Seine ;
Du rapport-minute du même conseiller rapporteur, ainsi que des volumineux procès-verbaux de
!i;7Ô LA FORTUNE DES d'oRLÉANS.
riiistruclioii judiciaire et des pièces annexes, communiqués par le procureur général Aug. Porlalis ;
Des papiers de Colin iils, employé à Tintendance du duc de Bourbon et conservé, comme régisseur par l'administration du duc d'Aumale, qui avait entrepris de mettre au jour le mystère de la mort du prince et avait recueilli notamment de nombreux renseignements fournis par la domesticité ;
Dos révélations in exlrcmis de Lecomle, complétées par les déclarations de sa femme ;
Des papiers laissés par le général Lambot, comprenant un manuscrit sous ce titre : « Eclaircissemeiils aur l^assassinal de Mgr le duc de Bourbon, prince de Condé, cl observations sur la procédure rriniiju'llc, clc, ». - - Ces papiers — dit M. Billault do Corainvillo — « sont les ébauches d'un travail (juo, sans doulo, lo ^éFiéral se proposait de publier à son heure. Dans Télat où il Ta laissé, ce mémoire n'a jamais vu le jour, à notre connaissance du moins, ot, i)ruhablonionl, no le verra pas de longtemps, a raison de la gravité des articulations et des personnalités qu'il renferme (1). Le général ne fait pas inyslèro de la source de ses informations ; il sait tout do Flassans, lo i)r()pro neveu de Madame de Feuchoi'os, son oonH<lont et lo dépositaire de ses secrets, avant la mésintelligence qui finit par éclater entre le neveu et la tante (2). »
(1) M. Billault de Gérainville ajoute que M. Boullée, qui en a eu communication comme lui, jugeait également sa publication impossible, en face d'intéressés encore vivants.
{V II est nécessaire de constater que James Dawes, quelques jours après un banquet, où il avait, dans l'ivresse, lâché des propos indiscrets sur le compte de sa terrible tante, mourut subitf.Mnent avoc tous les symptômes de l'empoisonnement. Son frère périt aussi d'une façon mystérieuse. Et la même fatalité s'abattit sur plusieurs femmes de chambre de la baronne.
De tous ces renseignements, il résulte que l'instruclion, si elle n'avait pas été arrêtée d'urgence, allait aboutir infailliblement à^ la détermination exacte de toutes les circonstances de l'assassinat et à la désignation personnelle des assassins.
Le valet de chambre Lecomle, dont l'attitude embarrassée, les déclarations contradictoires, les réticences artificieuses, les démarches louches, dénonçaient un témoin renseigné, mais contraint, avait, de plus, tenu des propos d'une extrême gravité.
Dans une des voitures qui suivaient le cortège funèbre du duc de Bourbon, il avait dit à ses camarades : « J'en ai gros sur le cœur ! » Et en différentes circonstances, il avait laissé échapper des mots aussi singuliers. Sommé de les expliquer, il avait déclaré n'avoir fait allusion qu'à ses préoccupations |)crsonnelles, en raison du dommage résultant pour lui de la perte de sa place à laquelle il avait sacrifié son établissement de coiffeur. Mais tous ceux devant h^siiuels il avait parlé avaient eu l'impression qu'il s'îigissait d'un secret oppressant lourdement sa consciiMice.
L'attitude des époux Dupré, attachés au service particulier de Madame de Fcuchères, n'avait pas paru moins étrange.
luix aussi avaient laissé voir un trouble tout à l'ail inoxi)licable et fait des déclarations extrêmement susj)C(;les.
Ils occu[)aionl une chambre de l'entresol, juste au- (]<^ssous (le celle du duc de Bourbon, précédemiiKMit (M'ciijM'e par Manoury, le valet de chambre de coiifiaiicf^ (lu prince, (pie Madame de Feuchères en a\ait fait df'îlo^er pour y mettre des gens à sa dévotion. Polie circonstance avait, par elle-même une sinniHcalion iissez apparente pour que la baronne
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ait jugé utile de nier d'abord le fait du déplacement deiiiuiidé par elle et n*ait fini par le reconnaître que contrainte par runaniinité des témoignages.
De cette chambre on percevait le moindre bruit se produisant dans celle du prince, tellement que la i'cninie Duprc, diaprés la déclaration de la baronne ellc-niùine, avait dit : « Souvent j'ai entendu la pendule de la cliainbre de Monseigneur sonner l'heure.» Or, en ce qui concerne la nuit de la mort, Dupré et sa i'cmme apportaient, d'un commun accord, cette affirmation « qu'ils n'avaient entendu aucun bruit » : atlirmation évidonmicnt inadmissible, même dans Ihypothèse du suicide. Gênée cependant par les questions du juge d'instruction, la femme Dupré avait iini ])ar prononcer une phrase remarquablement suguc>livc : u Pcul-un croire que j'aie trempé le moins du monde dans un aime aussi horrible ! »
D'un autre coté, leur jeune liis avait dit : « Mon père et ma mère ne serunt pas embarrassés de trouver une place : ils seront a&sez riches pour s'en passer ; ils ont beaucoup d'argent. » Ce propos, rapporté par une enfant de son âge, la petite Fayel, était, il est vrai, nié, par le petit Dupré. Mais le conseiller rapporteur nota qu'il lui parut « avoir été bien stvlé ».
Enfin on sut que Dupré, congédié par Madame de Teuchères quelque temps après, avait dit, en jurant : « Elle est pourtant bien heureuse que je n'aie pas voulu parler. » Et ce qui aggravait la portée de cette espèce de menace, c'est que la baronne s'était hâtée (id le reprendre à son service.
Enfin des rumeurs étranges circulaient, révélant que beaucoup de personnes avaient non seulement des raisons sérieuses de croire à l'assassinat, mais des indices précis sur la façon dont il s'était accompli, sur la personnalité de ceux qui avaient fait le
coup et môme sur les moyens que l'un d'eux avait trouvés pour rester caché dans le château, pendant vingt-quatre heures après le crime.
C'est à cela évidemment que faisait allusion dès les premiers temps, l'abbé Pélier de la Croix, quand il adressait cette apostrophe à l'avocat de Madame de Feuchères, M® Lavaux : « On vous demandera pourquoi la justice qui devait les faire Qes investigations), n'a pas sur-le-champ fait fermer les portes du château ; pourquoi elle n'a pas interrogé toutes les personnes qui l'habitaient... (1). »
Quelque temps après, un écrivain, Augustin Chalin, y fait une allusion plus claire encore. « Rien, — dit-il, — ne dispensait le procureur général Bernard, de faire des perquisitions rigoureuses à Ventresol et au rez-de-chaussée, chez le chapelain Briant, chez la femme Lachassine, chez James Dawes, baron de Flassans, chez Sophie Dawes, baronne de Feuchères. Il y avait dans tous ces appartements assez de place pour y cacher vingt assassins... S'il est prouvé que dos assassins n'ont pu s'introduire au château la nuit même de l'événement, rien n'établit qu'ils n'y ont pas trouvé un asile mystérieux, un ou deux jours h l'avance. Rien ne prouve qu'ils ne se sont pas évadés vingt-quatre heures après le crime, la nuit suivante, par les fenêtres du rez-de-chaussée (2). »
Un autre écrivain, par la fiction d'un songe mystérieux, donne le signalement de l'homme qui fut l'exécuteur des hautes œuvres de la tragique baronne :
« Le fantôme du bon prince m'est apparu.
« Persévère, m'a-t-il dit, homme compatissant et secourable, persévère à venger la mémoire du plus aimant et du plus infortuné des mortels.
(1) Assassinat du dernier des Condé, p. 125.
(2) L'Espagnolette de Saint-Leu, p. 98.
CSO TA FORTUNE I>E8 d'oRLÉANS.
« I.«^s l»îirl)aro<? nvniont, depuis plusieurs jours, ivsnlu ma iiiori, ils l'ont efTocluée ; malgré leur sul»il(» in\asi«>n cl lo-^ «l<Miii-f«^n^bros de ma cellule, j'ai )»u riM'oiiiiaîlro loiir rliof : il n l'audace de Catilina. joinlp à la prodigioiiso, force d'Hercule. Je le savais av<»r r^^puîrnanoc dans mon liôlcl ; on Vy a maintenu malgrf^ mos ordres, et j'ai péri d'une mort affrouso... (1). »
Cet hommo, on le connaissait donc ; on savait comment il était entré au chAteau ; comment il y avait été tonu caché pendant toute la journée même qui avait été colle des constatations léorales, garanti contre toutes recherches par la protection royale (|ni couvrait sa redoutable patronne ; comment il avait pu s'esquiver la nuit suivante, sans crainte d'une surveillance respectueuse de la même protection.
To. qui était si bien connu ne pouvait manquer d'éclater nu irrand jour des assises : et voilà pourquoi un non-lieu était devenu d'une nécessité si impérieuse et si pressante. Car, tout ce que l'on voit indiqué d'une façon transparente par les écrivains contemporains se trouve aujourd'hui établi définitivement par les ré\élations de témoins irrécusables.
Les aveux faits par Lecomte h son lit de mort dévoilent tout ce que le roi des Français et ses juges prévaricateurs croyaient avoir enseveli dans un éternel oubli.
Voici en quels termes M. Billault de Gérainville, qui les a recueillis, les résume :
« Le 26 août, à minuit, Lecomte (on s'en souvient) avait pris les ordres du duc de Bourbon...
((. Vers deux heures de la nuit, on frappe à la porte de sa chambre : c'est Dupré, valet de pied de
(1) Appel à Vopinion publique.
madame de Feuchères, qui vient le prévenir qu'il se passe certainement quelque chose d'extraordinaire dans la chambre de Monseigneur, au mouvement inaccoutumé qui y règne : sa femme et lui ont entendu distinctement les allées et venues de personnes. Lecomte ne peut s'expliquer ce bruit par la seule présence de Madame de Feuchères ; d'ailleurs, à cette heure, elle n'a pas l'habitude d'aller retrouver le prince dans son appartement. Monseigneur serait-il indisposé ? Mais alors, il n'eût pas manqué de l'avertir au moyen de la sonnette tenue à sa portée dans l'alcôve. Il a dormi d'un sommeil loger et n'a rien entendu. Là-dessus, Lecomte s'habille.
« Sorti de sa chambre, il vient à peine d'ouvrir la porte de l'appartement du prince qui communique avec le grand corridor, qu'à la clarté du bougeoir (ju'il tient à la main, il aperçoit deux personnes se dirigeant avec précipitation vers l'escalier de service. Lecomte s'élance à leur poursuite. Il les atteint, mais quelle n'est pas sa stupéfaction quand il reconnait X... et Madame de Feuchères. X... fuyant par l'escalier dérobé, tire malencontreusement la porte \itrée, de façon que, l'ayant refermée sur lui, Madame de Feuchères est empêchée de le suivre. Lecomte se trouve de la sorte en face d'elle ; sur lo moment, elle demeure interdite à son aspect.
« Cependant elle se remet de son trouble, et lui enjoint de regagner sa chambre... (1). »
Lecomte avait parfaitement reconnu X..., et il l'a nommé.
Le général Lambot l'a nommé aussi : c'est par une autre source qu'il était au courant de sa coopération à l'assassinat ; il en avait été instruit par
(1) Billault de GérainviUe, Histoire de Louis-Philippe, t. m, p. 269.
les confidences de Flassans, et probablement aussi par d^aiilres, car on a vu qu'en somme la personnalit<'; de col homme n'était pas ignorée.
M. Hillanlt de Gérainville désigne ce meurtrier avpc une précision complète.
« Flassans, — cxpliquc-t-il, — avait lié comiaissancc avec un honnne un peu plus jeune que lui. quo le service du corps auquel il appartenait avait mis (Ml rapport avec les hôtes du château de Saint Kcii. Jl Tavail associé l\ ses parties de plaisir et présoFitr» à M. Lainhot, qui avait promis de s'employei à son avancement. Entre le protecteur et le protégé, il seiiiMc hien (|ue la disparité de condition, Tiné- LTiililé de raiii^^ et surtout la disproportion d'ftge, eiiss<Mit <Iû étaMir une llirne de démarcation infranclussaMe. Il n'en avait cependant rien été, ou elle ^'«'•t.iit elïacée dans la communauté du libertinage. l'Ias^ans avait éiralenicnt présenté à sa tante cecompannon de ])laisir. Sa bonne mine, sa belle prestance, son parler avantageux, avaient séduit Madame de Fcuchères, qui s'en était éprise et avait fait de lui son amant préféré. M. Lainbot, à sa demande, s'était fait son introducteur auprès du duc de Bourbon, qui, malgré sa répuj?nance naturelle pour de nouveaux visages, lui avait fait bon accueil à la considération de la baronne (1). Mais, avec la soif des plaisirs et du bien-être dont il était dévoré, cet individu était abîmé de dettes. Madame de Feuchères les avait payées, conquérant par là sur lui un avanta<:re marqué, un ascendant redoutable. Dominé, maîtrisé par elle, cet homme ne s'appartenait déjà ]»liis... (2). »
Le crén('M\nl Lambol, dans ses ticlaircissemenis.
(D Ne roconnaît-on pas ici les traits du spadassin dépeint dans le Songe mystérieux?
(2: n. de GOv. — Ilist. de Louis-Philippe, t. III, 265-266.
explique d'un mot le dernier effort qui acheva la conquête. « La baronne, — dit-il, — avait piqué sa crâner le, »
Certes le choix de l'instrument était fait de main de maître. En en constatant l'habileté, M. Billault de Gérainville ajoute les dernières touches au portrait du meurtrier :
« Comment, en effet, — fait-il observer, — diriger jamais ses soupçons sur un homme revêtu d'un pareil emploi, chercher un assassin dans une arme d'élite, dans un corps spécialement affecté à la sûreté des propriétés, à la sécurité des personnes, enfin à ce moment même préposé à la garde du château rie Saint-Leu ?... (1) »
On conçoit l'effarement de cet homme lorsqu'il vit cette garantie, si fortement calculée, lui échapper tout à coup par un terrible hasard, lorsqu'il se trouva surpris, presque en état de flagrant délit, sur le seuil de la chambre du crime, par un témoin qui l'avait nécessairement reconnu.
Mais l'empire de la baronne, renforcé de la pro toction toute-puissante que chacun lui connaissait, était si redoutablement établi que le danger put être conjuré. Tous ceux qui auraient pu parler se turent, et dans le personnel du château, il se trouva des auxiliaires, — des complices, — pour cacher le meurtrier et lui procurer toutes les facilités de fuir.
Il faut bien, ici encore, citer l'historien qui est le garant de ces renseignements :
« ...Si l'on en croit le général Lambot, qui affirme tenir ce renseignement de Flassans, ce serait seulement dans la journée du 29 août, que le sous-offîcier de gendarmerie, co-auteur du crime et complice de Madame de Feuchères, aurait pu réussir à s'évader
(1) B. de Gér. Hist. de Louis-Philippe, t. III, p. 267.
i?S'i LA FORTUNE DES d'oRLÉANS.
(iu rhàlraii <le Saint-Lou. Jusque-là, il serait demeure viu'hiS dans la rliainhre <Io Tabbc Briant. Le fait suppos»'» vrai, ot rioii n'autorise à le révoquer en liniitr (1), il s<M'ait <l4»iic à peu près certain que si i\r^ \r\\v arri\»''«' an iliril«*au, les magistrats de Poiiloiso s'i'laienl li\ n'-s à <l«*s pnnpiisitions rigoureuses. un <l('s assassins lût t<)inl)é dans leurs mains. Avec Taidr et Tassistance di' la baronne, on conçoit qu'il ait pu déjùu^M- la surveillance du concierge Obry, à mniiis de \oir en(M»re, dans ce dernier, un complice di' Madain(î de FiMiclières (2). CVsl ici le lieu de reun'ttt'r ipi'à TéLiard de ce conciertrc du château de Saint-I.eu, M. de la lluproye ne se soit pas montré plus ])ressant dans son interrogatoire. Il eût peutrire été du nombre de ceux qu'il rf^putait déjà justiriables de la cour (rn^-'^ises... (.*i). »
I/autcur à (jni sont dus ces renseignements s*esl fait un devoir de donner toutes les indications propres à justifier la précision et la sûreté de ses informations, mais il s'est abstenu de donner le nom cité par Lecomte, j)ai' Flassans et ])ar le pfénéral I^imbot. 11 cxplicpie les motifs de sa discrétion.
<( Le m -autrui" du crime de Saint-Leu, le coml>li(e ju'ineipal de Madame de T'enclières est aujour* d'bui encore vi\ant, et même, à l'Inuire où j'écris (4), ]>as encore }»ar\riiu à un àire fort avancé..., il a des eiil'anls, une famille lionorable... Ijii-mùme occupe dans le monde une position assez élevée... »
1' 11 y n 011 cffrt concunlanco ])îirfaite nntro ces confl- (loncos de Flassans ot les indications données d'autre part, par l'abbé Pélior, Augustin Chaho, H Tautour de VAppel à Vopînion publique.
(21 O. nVst pas tcMnéraircment que rhistorien émet ce soup- <;un. 11 est certain que l'attitude d'Obry dans l'instruction est loin <io ihiraîlre frnnche.
(:u W. (].■; Oc'T. ///s^ de Louis-Philippe, t. III, p. 406.
(4; L'.iuvrage de M. P.illault de Grrainville a paru en 1875.
Il fait en outre observer que, si Tassassin est couvoit par la prescription, rhistoricn ne bénéficie pas (le la môme immunité.
Ces considérations sont fort justes.
Mais, après tout, devant Thistoire, qu'importe le nom d'un misérable qui, perverti par la vanité malsaine de camaraderies trompeusement flatteuses, ébloui par des perspectives de fortune et de grand élablissement, ensorcelé par les caresses et les |)romesses d'une fausse grande dame, a, dans une lioure d'affolement, prêté son bras pour l'exécution d'un crime conçu et prémédité par d'autres !
Qu'importe même, — ce qui dans la bouche d'un magistrat chargé de la vindicte publique, était un odieux blasphème contre son devoir et la justice, est (îxaclement vrai devant le tribunal de l'Histoire, — qu'importe la culpabilité d'une femme flétrie ?
(( H. Y VA DE l'honneur, DE LA CONSIDÉRATION DE LA MAISON d'oRLÉANS, ENGAGÉE DANS UNE COMPROMISSION I rNF:STE, SOUS LE COUP d'une SOLIDARITÉ DÉPLO- HMU.E ! ))
One cette sentence d'un de ses plus complaisants seivitcurs pèse à jamais sur la mémoire de Louis- Philippe et sur l'honneur de toute sa maison !
I /individu df^signô pouvait n'avoir à cette époque qu'une
suixiinfnin*' d'années.