CHAPITRE VI
Procédé suivi pour l'établissement des moyennes, par vingtcinq ans, de la valeur et du revenu des diverses natures de sol : terres labourables, prés, vignes, bois, etc. — Combinaison des moyennes de la valeur vénale et des moyennes du revenu capitalisé, nécessaire pour corriger les écarts de chiffres. — Les prix et revenus recueillis aux tableaux proviennent surtout de petites étendues de terre, seules comparables aux nôtres, et non de domaines. — La contenance « utile » des domaines est difficile à déterminer; ils jouissent en outre de droits féodaux, non susceptibles d'être capitalisés.
Valeur de la terre au xiii" siècle, sous Saint Louis. — Sa hausse à 261 francs l'hectare sous Philippe le Bel. —C'est le chiffre le plus
élevé de tout le moyen âge. — État probable du commerce des terres avant l'affranchissement; il y en a peu sur le marché. — Hausse des céréales. — L'accroissement de la population maintient le prix de la terre. — Comparaison des prix de 1890 avec les prix successifs de 1200 à 1325. — Que la hausse de la propriété foncière n'a pas été constante mais a subi de longs reculs. — La baisse des terres commence en 1326-1350; ses motifs; elle est un indice de progrès; multiplication des « ventes à cens ». — Seconde cause de baisse (1351-1375), les troubles matériels. — L'avilissement des cours continue au xv* siècle; il atteint son point le plus bas en 1451-1475. — Dévastation de la France pendant un demi-siècle ; le pays semble retourner à la barbarie. - Les revenus tombent à néant; la culture cesse dans un grand nombre de localités.
La France est longue à renaître ; moyennes des prix des diverses régions à l'issue de la guerre de Cent ans. La terre est trente-trois fois moins chère que de nos jours. Le mouvement reprend diversement suivant les provinces. — Les prix se relèvent en 1475- 1500, péniblement; mais la hausse foncière est plus grande qu'elle ne parait, eu égard au prix de la vie en général. — Causes économiques de la prospérité du royaume sous Louis XIL — Temps d'arrêt dans la hausse en 1501-1525. — Fin de l'état stationnaire, hausse du xvi" siècle. — La terre triple de valeur, nominalement; la baisse du pouvoir de l'argent de 1526 à 1600 atténue fort la plus-value réelle. — Les prix de 1576 à 1600 dépendent de la sécurité relative de l'exploitation du sol; désastres causés par les guerres religieuses. — Les denrées de première nécessité atteignent des cours inouïs. — Comparaison des prix du moyen âge entre eux (1200 à 1600), en tenant compte du pouvoir de l'argent.