LYNCHAGES
roplitnisme des journaux américains qui croient voir disparaître, sous peu, ces actes sauvages de justice populaire*; je sais que les chiffres des lynchages compartivement aux chiffres des exécutions régulières sont encore tels qu'on est en droit de s'arrêter pour les analyser^.
Les lyncheurs savent, avant de commettre le crime, qu'ils vont le commettre; ils s'unissent même exprès pour cela. Il importe peu de savoir si, dans la suite, par le phénomène de psychologie collective que nous avons si souvent fait remarquer, ils outrepassent leur intention : ils ont voulu et voulu avec calme la substance du crime qu'ils ont commis, sinon les détails. Il ne pourra donc y avoir qu'une très faible excuse en leur faveur.
Cependant je le répète, même dans les cas où le crime est prémédité, il ne faut pas oublier le motif. La loi de Lynch qui ne m'inspire pas toute l'horreur que beaucoup affectent de ressentir, bien que je sois le premier à reconnaître que c'est une forme barbare de justice sommaire sans aucune garantie^, le lynch, disais-je, peut être occasionné par une explosion d'indignation pour un crime atroce*; en ce cas, bien que condamnable, il est plus excusable. Il est justement défendu par les
(1) Voy. The Albany Law Journal déjà cité. Les lynchages se constatent généralement dans les États du Sud. En 1899, quatre seulement ont eu lieu dans les États du Nord. Et les victimes ne sont pas seulement des nègres, mais aussi des blancs. En 1899, on a lynché 84 nègres et 23 blancs.
(2) De 1884 à 1889, il y a eu pour 558 exécutions légales, 975 lynchages, soit une proportion de 57 p. 100. Ensuite, comme nous l'avons prouvé, les lynchages ont diminué.
(3) Quelques écrivains, comme Hepwort Dixon (Nouvelle Amérique) et James Bryge {The American Commomvell) ont expliqué et excusé la loi de Lynch, par les difficultés qu'il y a de constituer des juridictions régulières, par le soupçon légitime de la vénalité des juges, etc. — Voy. à ce propos, outre Desjardins déjà cité, Pierantoni, / fatti di Nuova Orléans e il diritto internazionale^ Rome, 1891; — Nocito, La legge di Lynch e il conflitto italo-ainericano (dans la Nuova Antologia, 15 mai et l»"" juin 1891) ; — Gonzalez y Lanuza, La Ley de Lynch en los Estados Unidos^ Habana, 1892, — et les articles publiés par M. Garofalo et M. P. Dorado dans la Scuola Positiva (15 août, 15 et 30 septembre 1893).
(4) M. Déjardins (étude déjà citée) en rapporte un grand nombre d'exemples.
lois, de nos jours, de se rendre justice soi-même; mais, en certains cas, la loi condamne et la conscience absout. Un fils, qui lue celui qui a outragé sa mère, est un homme que la loi peut punir, mais auquel tout le monde serre la main. Il est vrai qu'il n'y a pas d'excuse aussi forte, ni de provocation aussi directe pour la loi de lynch; mais, on ne peut nier que souvent le sentiment qui pousse les lyncheurs est hautement moral ; il n'y a de barbare que la forme. Inversement, il y a des lynchages aussi barbares dans le sentiment que dans la forme*; et la loi doit les punir sévèrement.
Mais, laissons de côté ces formes de crimes collectifs prémédités (qui mériteraient une longue étude, mais qui n'entrent pas dans notre thème), et abordons le troisième problème que nous nous sommes posé, c'est-à-dire la difficulté de recueillir des preuves sur un crime de la foule, et le peu de confiance que méritent en ce cas les témoins.
Une observation — qu'on pourrait déclarer banale, tant elle semble facile et spontanée, — est que lorsqu'un fait a été commis en public, c'est-à-dire qu'il a eu de nombreux témoins, il est plus discuté et plus discutable que lorsqu'il a eu un nombre très restreint de témoins. C'est l'expérience quotidienne qui nous l'apprend. Approchez-vous d'un rassemblement quelconque qui s'est formé sur une place ou dans une rue : demandez ce qui est arrivé, et vous pourrez être sûrs que vous recevrez autant de réponses différentes que vous interrogerez de personnes. Il est probable que personne ne voudra mentir
(l) Voir Déj.vrdins, œuvr. cit. — « Une veuve qui possédait trente -cinq ou quarante mille têtes de bétail, et qu'on appelait pour ce motif la reine des bœufs, prétendait avoir été violée par un cow-boy du voisinage et Tavait fait arrêter par le shérif. L'éleveur auquel appartenait rinculpc réunit vingt de ses hommes, les arma, leur fij; boire du whisky, marcha sur la prison et fit délivrer le prisonnier. Non content de ce premier exploit, il obtint du juge, en lui mettant le revolver sous la gorge, une ordonnance de non-lieu et regagna son rancho en prévenant les liabitants de la ville que, à la première incartade de leurs magistrats, il agirait avec une tout autre vigueur. »
sciemment, mais il est très certain que tous — inconsciemment — oublieront ou exagéreront ce qu'ils ont vu, ou ce qu'ils croient avoir vu. Et la conséquence sera qu'on ne pourra pas savoir la vérité, et que l'opinion publique sera formée par les on dit, ou par un mot, un cri, un fait plus frappant que les autres, qui aura suggestionné la foule.
Quelle confiance faut-il accorder à des témoignages de ce genre?
Les frères Goncourt racontent dans leur Jowmal que pendant la guerre de 1870 à Paris, quelques centaines de personnes qui stationnaient devant le portail de la Bourse, étaient persuadées d'avoir lu, — de leurs propres yeux lu — une dépèche qui parlait des victoires françaises, tandis que la dépèche, malheureusement n'existait pas*.
Dans d'autres faits historiques, on retrouve bien des fois les mêmes erreurs ou la même incertitude. Quelques milliers de personnes ont assisté à la célèbre charge de cavalerie de la
(1) L'exemple le plus extraordinaire de la puissance de la suggestion dans une foule, nous est donné par le fait suivant que je trouve dans la livraison du 28 octobre 1899 de la Revue scientifique : — « M. Slosson rend compte dans Psychological Review (juillet 1899), de l'expérience suivante faite à l'Université de Wyonning. J'avais préparé une bouteille remplie d'eau distillée, soigneusement enveloppée de coton et enfermée dans une boite. Après quelques autres expériences au cours d'une conférence populaire, je déclarai que je désirais me rendre compte avec quelle rapidité une odeur se diffuserait dans l'air, et je demandai aux assistants de lever la main aussitôt qu'ils sentiraient l'odeur. Je déballai la bouteille et je versai l'eau sur le coton en éloignant la tête durant l'opération, puis je pris une montre à secondes et attendis le résultat. J'expliquai que j'étais absolument sûr que personne dans l'auditoire n'avait jamais senti l'odeur du composé chimique que je venais de verser, et j'exprimai l'espoir que, si l'odeur devait sembler forte et spéciale, elle ne serait toutefois désagréable à personne. Au bout de quinze secondes, la plupart de ceux qui étaient en avant avaient levé la main, et en quarante secondes « l'odeur » se répandit jusqu'au fond de la salle par ondes parallèles assez régulières. Les trois quarts environ de l'assistance déclarèrent percevoir l'odeur. Un plus grand nombre d'auditeurs auraient sans doute succombé à la suggestion, si, au bout d'une minute, je n'avais été obligé d'arrêter l'expérience, quelques-uns des assistants des premiers rangs se trouvant désagréablement sîffectés et voulant quitter la salle. »
LA RESPONSABILITE DE LA FOULE CRIMINELLE i59
bataille de Sedan : et pourtant même aujourd'hui, à trente ans de distance, il est impossible de savoir avec certitude — en présence des différents témoignages — par qui a été commandée cette charge glorieuse*. Nous autres Italiens nous ne savons pas encore la vérité sur la bataille d'Adua ; et récemment il y a eu une polémique pour savoir si Grispi avait pris part avec Garibaldi à la bataille de Galatafimi. Certainement on peut faire observer que — dans ces cas où la passion politique dénature les faits, — il est difficile ou impossible de démêler la vérité parmi les versions contradictoires. Mais l'influence qu*a la passion politique dans l'histoire, la haine de classe, les préjugés et mille autres sentiments mesquins et individuels peuvent Tavoir dans les faits de la chronique quotidienne.
Gomment juger, alors, et condamner des individus sur les témoignages recueillis de telle sorte? — « On saisit un homme; on l'accuse, on le juge, on l'emprisonne, on le condamne, sans même penser à lui demander son nom ! Si cet homme est un paysan inoffensif, tant pis pour lui, il n'avait qu'à ne point passer parlai » — Ajoutez que les agents de la police et les sergents de la paix ne sont pas généralement des psychologues et moins encore des personnes promptes à reconnaître leurs torts, si par hasard ils ont arrêté quelqu'un sans raison^ ; et on admettra que, même au moment de recueillir les preuves, les crimes des foules sont les plus difficiles à juger K
Après toutes ces observations, il est clair que, lorsqu'on demande : quelle est la forme de réaction sociale que vous
(1) Voy. G. Lebon, œuvr. cit.
(2) Maxime Du Camp. CEuvr. cit., t. IV, p. 151.
(3) Voy. à ce propos l'exemple personnel très caractéristique que M. AuBRY raconte à la page 230 de -son volume.
(4) Sur la difficulté de la preuve dans les crimes collectifs, voy. les plaidoiries de E. Ferri dans son volume : Difese penali e sludî di giurisprudenza, Torino, F. Bocca, 1899.
proposez pour les crimes collectifs ? — notre école ne peut pas donner une réponse décisive : encore moins donner une formule qui vaille pour tous les cas.
Il peut y avoir dans la foule, ainsi que nous l'avons déjà vu, des criminels-nés et des criminels par occasion; peu importe qu'ils aient commis les mêmes crimes. La peine devra être donnée, selon nous, en la mesurant non pas seulement selon la gravité objective du crime commis et selon le motif qui a poussé au crime, mais aussi selon la redoutahilité de l'auteur ; et Ton ne pourra mesurer cette redoutahilité que cas par cas.
Il faut ajouter que, pour le crime collectif, il n'est pas toujours possible de prendre pour guide les quelques règles générales que l'on peut fixer pour le crime individuel, suivant la manière dont le crime a été exécuté.
Le criminel isolé, par exemple, qui tue plusieurs personnes sans motif apparent — par méchanceté brutale^ selon la phrase classique — devrait toujours èlre puni du maximum de la peine, parce qu'on peut affirmer a priori qu'il s'est manifesté, par son crime, criminel-né ou fou.
Si l'on voulait établir le même principe pour le crime collectif, il serait parfois inexact.
Un homme peut commettre bien des meurtres dans une foule, sans être pour cela un criminel-né. L'ivresse morale dont il est victime peut l'entraîner à de tels excès ; et ce n'est qu'après les avoir commis qu'il comprend — comme en sortant d'un rêve — à quelles énormités il s'est laissé aller. Il a le repentir sincère et le remords, inconnus au délinquant par tendance connaturelle.
M. Taine raconte que pendant la révolution de 1793 un tel, très honnête homme, tua cinq prêtres en une seule journée ; et puis mourut lui-même de remords et de honte^
(1) « — ... tel, commissionnaire du coin, très honnête homme, mais entraîné, puis soûlé, puis affolé, tue cinq prêtres pour sa part, et en
De même que la crise nerveuse, dans laquelle tombe le suggestionné après avoir commis un crime imaginaire dans l'état hypnotique, est une preuve de sa répulsion organique à l'égard de l'action commise ; de même ce remords et ce repentir après un crime réel prouvent que l'homme n'était pas entièrement méchant. La peine de mort serait une peine injuste pour lui. Quand il s'agit des crimes d'une foule, il faut avoir toujours présentes à Tesprit les paroles de HoltzendorfT : «Nous ne pouvons jamais dire, au point de vue moral, que dans telle circonstance un crime est plus grave qu'un autre * . »
On ne peut donc édicter théoriquement aucune règle absolue.
L'école positiviste voit, reconnaît, examine patiemment les causes infinies des crimes d'une foule; — tout cela lui permet de juger avec une plus grande compétence, — mais elle n'a pas la prétention de vouloir tirer de l'étude de ces causes une conclusion si exacte, qu'elle puisse valoir pour tous les cas*.
Jusqu'à présent, lorsqu'on voyait paraître devant la justice quelques individus qu'on avait pu arrêter au milieu d'un tumulte, les juges croyaient avoir devant eux des hommes qui, d'eux-mêmes, étaient venus volontairement, s'asseoir sur le banc d'infamie. Nos études — je l'espère — auront prouvé que ces individus n'étaient que les quelques naufragés jetés là par
meurt au bout d'un mois, ne dormant plus, l'écume aux lèvres, et tremblant de tous ses membres. » — (Euvr. cit., vol. II, p. 295.
(1) HoLTZENDORFF, Vassassluio e la pena cli morte. Naples, 1887, p. 173.
(2) .Il faut aussi, dans les crimes d'une foule, tenir compte du sexe et de l'âge, car on sait que les femmes, les enfants, et même les jeunes gens sont plus dociles à suggestionner que les adultes. « L'enfance, écrit Rambosson (œuvr. cit., p. 247), c'est le métal en fusion qu'on verse dans le moule et qui prend toutes les formes... Tous les tempéraments qui se rapprochent de celui de l'enfant, tel que celui de la femme et du jeune homme, sont les plus propres- à recevoir les impressions du dehors et à, participer à toutes les contagions. » — L Auvergne {Les forçats, etc., p. 216) avait défini les enfants : éponges éducables, phrase très exacte qu'on pourrait appliquer aussi en partie aux femmes.
MM. BiNET et Henri dans la Revue philosophique (octobre 1894) se sont efforcés, par une série d'expériences, de déterminer l'influence de l'âge sur le degré de suggestibilité chez les enfants.
SiGIlELE. M
la tempête psychologique qui les avait entraînés à leur insu, et nous serions heureux que le bon sens des juges voulût bien appliquer à ces crimes nos modestes observations. Un peu plus de psychologie et un peu plus d'humanité — voilà ce que nous demandons.
Mais nous reconnaissons d'autre part que dans la pratique de la justice pénale, il est nécessaire de donner une règle générale, surtout parce que dans le problème de la responsabilité Técole spiritualiste domine encore.
« Cette règle; disais-je dans ma première édition, ne peut être que celle que M. Pugliese a proposée : établir que les crimes commis dans une foule doivent être toujours considérés comme accomplis par des individus demi-responsables. » — Je reconnaissais moi-même l'absurdité de cette excuse de la folie partielle, parce que la psychiatrie moderne a démontré fausse l'opinion de l'ancienne psychiatrie qui croyait qu'un homme pouvait être à moitié sain d'esprit et à moitié fou : fou en ce qui concerne certains sentiments ou certaines idées; sain, en ce qui concerne d'autres sentiments et d'autres idées : aujourd'hui tous sont d'accord avec Maudsley pour reconnaître que « quand un individu est fou, il l'est jusqu'au bout des doigts ». Je reconnaissais aussi que la formule de la demi-responsabilité aurait profité non seulement au délinquant par occasion (pour lequel elle eût été juste dans ses effets) mais aussi au délinquant-né, pour qui elle eût été une injustice et une des nombreuses bonnes chances qui lui sont conférées de par la loi. Toutefois, je ne pouvais trouver une meilleure formule.
M. Garofalo, en s'occupant, de mon ouvrage* a trouvé un moyen très habile d'accorder les idées de l'école positiviste avec les dispositions des Godes.
(1) Dans La Tribuna giudiziaria du 12 août 1891. — Voyez aussi, à ce propos, les observations très profondes de M, Fioretti dans la Scuola positiva, 1891, n'> 4, p. 177.
« Je crois, écrivait-il, que précisément dans la matière dont il s'agit, notre législation se prête d'une certaine manière pratiquement, à la distinction que M. Sighele voudrait faire (et que je n'admettrais qu'en certains cas) entre le criminel- né et le criminel par occasion, auteurs d'un crime identique commis dans une foule. En effet, si cette distinction est possible, pour^ quoi ne pas infliger la peine dans toute sa rigueur au criminelné, tandis qu'on l'infligerait atténuée pour vice partiel d'esprit, ou pour d'autres excuses, au coupable par passion? Pourquoi M. Sighele aurait-il voulu faire déclarer demi-responsables ceux qui précipitèrent Watrin par la fenêtre,* tandis qu'on a la preuve qu'ils étaient des criminels-nés ? Il est certain que la législation actuelle ne connaît pas les catégories de criminels suggérées par notre école» Mais en appliquant certaines atté-^ nuanteSj peu scientifiques en vérité, on arrive pratiquement (et les juges, magistrats ou jurés, le font chaque jour), à traiter différemment les auteurs d'un même crime, selon le caractère particulier de chacun d'eux . »
Je ne puis — en thèse générale — qu'approuver ces paroles : mais je crains que la proposition de M. Garofalo ne rencontre dans la pratique quelque difficulté. L'atténuante qui dérive du fait d'avoir commis le crime dans la fureur de la foule étant générale, le juge ne comprendra peut-être pas toujours la raison qui fait qu'il doit l'appliquer à l'un (criminel d'occasion) et non à l'autre (criminel-né). — Si un coquin et un honnête homme sont également provoqués, et répondent à la provocation par un même crime, — nous autres positivistes nous pourrons bien faire une différence dans la peine (car nous considérons le criminel et non le crime), mais certains juges qui n'envisagent que le crime, croiront, pour rendre hommage à la logique, devoir appliquer une peine identique.
Quoi qu'il en soit, contentons-nous pour le moment d'espérer qu'on jugera les crimes de la foule en tenant compte des
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idées que nous avons développées. Ces idées pénétreront plus tard dans les Godes. En attendant, avoir étudié le phénomène du crime collectif veut dire avoir préparé le terrain pour les réformes législatives. Et le but et le devoir de l'écrivain, a dit Filangieri, est précisément de fournir les matériaux utiles à ceux qui gouvernent. Ces matériaux, nous croyons les avoir fournis dans les limites de notre intelligence ; et nous croyons aussi n'avoir pas fait seulement delà science théorique, mais avoir apporté notre modeste contribution à la réalisation de la justice sociale.
Les hommes politiques, les sociologues, les philosophes demandent plus de pain, plus de travail, plus de bonheur pour les foules honnêtes des ouvriers, jusqu'ici considérés comme les parias, bs ilotes, presque les esclaves de la société capitaliste et industrielle : c'est pour eux une tâche généreuse dans le présent : ce sera leur honneur et leur gloire dans l'avenir.
Nous, sociologues criminalistes, nous avons une tâche bien moins hai]te mais pourtant nécessaire : nous demandons plus de justice pour les foules criminelles, jusqu'ici jugées en bloc avec les théories cruelles et stupides de Simon de Montfort, qui, dans la guerre religieuse contre les Albigeois, ordonnait de les tuer tous, « parce que Dieu reconnaîtra bien les siens ».
Notre tâche n'aura pas de gloire, mais le sentiment qui nous anime est également juste et généreux: et j'espère qu'il ne restera pas sans écho.
DEUXIEME PA.RTIE