ANNÉES LYNCHAGES
Je ne sais pas si cette diminution progressive peut légitimer
(1) Il est entendu que ces conséquences juridiques ne seront appliquées qu'à ceux qui ont eu Tidée du crime avant le tumulte ; quant aux autres, qui n'avaient pas de dessein arrêté, les considérations déjà faites au sujet du crime collectif no ai prémédité s'appliquent également à eux.
M. AuBRY dans la 3« partie de son livre La contagion du meurtre^ où il parle des crimes des foules, rapporte beaucoup de faits, même italiens. Je dois pourtant remarquer que les exemples choisis par M. Aubry ne sont, en ce qui concerne l'Italie, ni toujours très exacts au point de vue historique, ni très justes- au point de vue psychologique. Par exemple, il réunit les Fasci siciliens, qui sont une association purement politique, avec la Mata vita de Bari, qui est une vraie association criminelle. En outre la Mata vita n'est certainement pas un exemple de foule criminelle : c'est une société expressément fondée pour le crime, et composée uniquement de malfaiteurs.
(2) M. Desjardins, dans son étude : Le droit des gens et la loi de Lynch aux Etats-Unis (dans la Revue des Deux-Mondes, 15 mai 1891) rapporte pour les années 1885-1889 — les seules qu'il avait pu consulter — des chiffres quelque peu différents. Nous avons puisé les nôtres dans la Rivista di discipline carcerarie, 1" mars 1900, et les avons contrôlés dans la Tribune de Chicago et The Albany Law Journal,