LE PROGRAMME MAGONNIQUE DE 1723 HOSTILE À L'ÉGLISE CATHOLIQUE
Une société particulière qui s'établit au sein de la grande société générale, a soin d'exposer dans son programme, le but spécial qu’elle poursuit et les moyens qu’elle compte prendre pour l’atteindre,
C’est ce que fit la maçonnerie anglaise quand elle se reconstitua en 1725.
Voici quel fut son programme.
Programme maçonnique de 1723.
“La franc-maçonnerie est une alliance humani- “taire destinée à perfectionner l'Humanité. En “faisant mettre de côté des préjugés nuisibles ou “ insensés, en propageant les principes de la tolé- “ rance et des maximes humanitaires, la franc-ma- ‘“ connerie se propose d'amener graduellement la “société à sa perfection morale.”
Ce programme fut rédigé par le Révd frère Anderson etinséré par la Grande Loge Anglaise dans sa première constitution maçonnique publiée en 1723. (a)
(a) V. Eckert, t. IE, p. 52.
Il est concis. Mais dans sa concision, il dit tout sur la franc-maçonnerie.
Nous y voyons et le but qu’elle se propose et les moyens qu’elle emploie pour réussir. Bien plus, nous y trouvons nettement formulée la guerre ouverte qu’elle poursuit contre l’Eglise catholique et la s0ciété chrétienne.
L'histoire de la maçonnerie n’est autre chose que Papplication de ce programme primitif.
Etudions le donc avec soin.
Hostilité à l'Eglise Catholique.
Dans ce programme, notons le d’abord, il n’est question ni de bienfaisance, ni de secours mutuel,
La maçonnerie visait plus haut.
Ce qu’elle voulait comme but final, c'était “ d’ame- “ ner graduellement la Société à sa perfection mo- “ rale.”
Or, l'énoncé seul d’un pareil but était une calomnie indigne contre l'Eglise, en même temps qu’une déelaration de guerre à la Révélation chrétienne.
Il y avait, en effet, dix-huit siècles que l’Eglise catholique travaillait à moraliser les peuples et à les amener avec elle dans les voies du progrès moral et surnaturel. Ses dogmes révélés, ses sacrements servaient de liens aux fidèles et de base aux sociétés fondées sur les principes catholiques. Or, dans l'opinion des maçons anglais, ces efforts n’avaient abouti qu’à un échec éclatant. TEglise catholique,
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ou bien avait épuisé sa vitalité primitive, ou même n'avait jamais eu l'efficacité requise pour * mener la société À sa perfection morale” La maçonnerie anglaise voulait reprendre ce travail en sous œuvre. Elle se formait en “ Alliance humanitaire destinée à “ perfectionner l'Humanité.”
Tel était le but des loges anglaises.
Par cette déclaration insolente, la maçonnerie mettait de coté l'Eglise catholique, et ambitionnait de la remplacer à la tête des peuples.
Rejetant la mission de l'Eglise, elle devait par conséquent rejeter les moyens que cette Eglise avait employés. C’est ce qu’elle fit.
Les dogmes révélés, la morale de l'Evangile, la croyance à la grâce, aux sacrements, au surnaturel ne furent plus pour les maçons anglais que “ des préjugés nuisibles ou insensés.”
I fallait les faire disparaître.
La liberté religieuse.
“Le materiel” sur lequel la maçonnerie allait travailler était imbu de ces préjugés nuisibles ou insensés. Catholiques, protestants et juifs croyaient à la Révélation et la prenaient plus où moins pour guide de leur moralité et de leur condr'te,
La maçonnerie fut tolérante F les croyances particulières de ces profanes. Elle se proposait de les éclairer en loges. Elle les invita donc sans distinction de religion et de nationalité à venir travailler à
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la grande œuvre, en proclamant comme base de son système : La liberté religieuse la plus absolue.
“Sous ce principe d’une égale protection de tous les cultes disait Pie VIT en 1808, se cache et se déguise la persécution la plus dangereuse et la plus astucieuse qu'il soit possible d'imaginer, contre l'Eglise de J. C. et malheureusement la mieux concertée pour y jeter la confusion et même la détruire, $’il était possible que la force et les ruses de “ l'enfer puissent prévaloir contre elle.” (Encyclique du 22 mai 1808.
Entendue en effet, dans le sens des loges, la Liberté religieuse n’est autre chose que l’Zndifférence pratique vis-à-vis de la Religion révélée. C’est refuser à Dieu le droit d'imposer aux hommes une croyance et un culte unique. C’est méconnaître la chute originelle, l1 nécessité d’un redressement pour l’homme, la mission de N.$. et l’autorité divine de son Eglise en matière de dogme et de morale. C’est en un mot, rejeter l'Ordre Surnaturel et nier la nécessité de régler notre vie d’après les doctrines de la révélation.
La religion des loges.
La maçonnerie anglaise en mettant de côté la Religion révelée, devait la remplacer par une autre doctrine qui servit de lien aux maçons dans l’uivers entier.
Pour travailler, en effet, avec harmonie à la poursuite d’un but commun, les hommes ont besoin de
principes qui mettent l’unité dans leurs vues afin de la faire ensuite passer dans leurs actes.
La maçonnerie le comprit.
Aussi à lu place de la religion révélée, elle proposa “ des maximes humanitaires,” des principes fournis par la raison humaine, une morale toute naturelle, n'ayant aucune relation avec le dogme et la morale révélée.
Cette religion des loges: C’est le rationalisme, ce que l’on à nommé depuis la religion de l’honnête homme.
Là, est le vice radical de la franc-maçonnerie. Elle se donne comme “une grande école de philosophie et de morale.” Elle à l’ambition de rendre “ les hommes meilleurs,” de les mener dans les voies du progrès “et d'amener graduellement la société à la perfection morale ”?.
Tout cela, elle prétend l’accomplir en dehors de toute révélation et de tout secours surnaturel. Selon sa doctrine, la Raison est supérieure à la Foi, la morale naturelle et humaine l’emporte en noblesse et en eflicacité sur la mmorule révélée. Tels sont les principes qu'elle impose à ses membres dans Pinstruction des loges, comme nous le verrons bientôt,
Cette doctrine, on le comprend, ruine complètement la religion révélée. Supprimant le christianisme, elle tend à ramener l'humanité à l’état d'où N. S. l’avait tirée par sa mission divine.
Elle ne laisse plus à l’homme pour guide ici-bas
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que le flambeau de la raison humaine et la morale naturelle si facile à étouffer sous la pression des passions.
En face d’une doctrine si impie, PEglise ne tarda pas à élever la voix pour prémunir les fidèles contre ces nouveaux dangers.
Le programme maçonnique parut en 1723. Dès l’année 1738, le pape Clément XII le frappait d’anathème et prononçait l’excommunication contre tous les catholiques qui entreraient aux loges.