LA FRANC-MAÇONNERIE ET LA RÉVOLUTION DE
La maçonnerie anglaise réussit en quelques années à couvrir l’Europe de ses loges, mais en France surtout, elle obtint les succès les plus rapides et les plus étonnants.
L'état de démoralisation où se trouvaient alors en ce pays les hautes classes sociales, favorisa singulièrement la propagande maçonnique.
L'inquiétude régnait partout. Le désir de la nouveauté, des réformes s'était emparé de toutes les têtes. On voulait des changements, à tout prix. Un certain groupe d'hommes remarquables par leurs talents, s'éprirent d'enthousiasme pour les doctrines de la maçonnerie anglaise, et résolurent de les offrir à la France comme l'idéal qui répondait à ses aspirations nationales.
Ces hommes furent les philosophes fameux du XVIII, siècle.
“# Voltaire leur chef, J. J. Rousseau, Diderot, Helvétius, d’Alembert, Condorcet, la Harpe, Lacépède, Cabanis, etc...” figuraient tous au premier rang dans les loges maçonniques ” (a)
Endoctrinés par les maçons anglais, unis à eux d’es-
(a) St. André: Franc-maçon et juif P. 232,
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prit et de tendances, ils commencèrent la grandecroisade anti-religieuse et anti-sociale qui prépara la révolution de 1789.
Fidèles au programme de 1723, les maçons français attaquèrent d’abord les enseignement de la religion révélée. Les dogmes de l'Eglise, ses sacrements,. sa morale, furent traités de préjugés absurdes, de superstitions abjectes, d'erreurs honteuses et dégradantes. Il fallait frire table rase de cette croyance surannée, et sur les ruines de la religion de Rome, établir: le culte de la Raison, la vraie Religion de l’ Humanité.
L'on sait avec quelle activité satar:ique, ces philosophes impies menèrent la guerre contre l'Eglise, et quelle habileté ils déployèrent dans la lutte. Voltaire surtout, leur chef, fit appel à tous les mauvais instincts du cœur humain. Calomnie, sarcasme, insultes, sophismes impudents et mensonges effrontés, tout lui fut bon pour battre en brèche la religion révélée et tuer dans les âmes la foi au surnaturel.
Le succès ne répondit que trop à ses efforts.
La société frivole du XVIIIe siècle écouta avec intérêt les doctrines de ce grand révolutionnaire. Elle s’éprit d'amour pour cet enseignement fatal.
Bientôt ces hommes entrant en foule dans les loges maçonniques, acceptèrent la religion nouvelle qu’on leur prêchait. Ils crurent encore à l’Etre Suprême, au Grand Architecte de l'Univers, mais ils n’eurent plus que des railleries pour la personne divine de Notre Seigneur, et pour son Eglise. Le franc-maçon Voltaire et ses disciples avaient promptement atteint le but que se proposait en premier lieu la maçonnerie anglaise. En quelques années, ils avaient formé
surtout parmi les hautes classes de la société en France, “unealliance humanitaire qui mettant de côté “ des préjugés nuisibles ou insensés, et propageant “ les principes de la tolérance et des maxines huma- “ nitaires, se proposait d'amener la société à sa per- “ fection morale.” (Programme de 1723.)
La révolution religieuse préparait la révolution sociale, c'était là le but suprême que l’on voulait atteindre, et l’ordre logique des faits. L’on n'attendit pas longtemps. Les théories religieuses ou sociales ne restent pas à l’état de pure spéculation dans les esprits français. Dès qu’elles ont recruté un certain nombre d’adhérents, vite elles cherchent à exercer leur influence sur la société, et à la modeler selon leurs vues.
La propagande maçonnique s'était faite avec un succès extraordinaire. “La nomination du duc de Chartres (Philippe Egalité) en 1772, comme Grand Maître de la Grande Loge nationale ou grand Orient précipita le mouvement. Les plus hauts personnages se hâtèrent de se faire initier. Dans les provinces l'élan fut suivi. Entre 1772 et 1785 dans toutes les villes, dans tous les régiments, on voit se former des loges par l'initiative des hautes classes de la société. Le P. Deschamps a publié le chiffre considérable auquel elles étaient arrivées, sept cents environ.” (a)
Ces forces immenses, après avoir reçu dans l2s loges la doctrine de la maçonnerie n’attendaient
(a) Claudio Janet, t. III, p. 409.
nr.
plus pour l'appliquer à l’ordre social, que l'impulsion des chefs, cette impulsion ne tarda pas à être donnée. Après les théoriciens vinrent les hommes d’action. La révolution de 1789 éclata.
Cette révolution fut en grande partie l’œuvre des loges, tout le monde en convient aujourd’hui. Les écrivains de la secte citent avec orgueil les noms des frères qui prirent une part active à ce grand mouvement social. Au dire du franc-maçon Louis Blanc, “ Philippe d'Orléans, Mirabeau, Robespierre, Danton, St. Just, Marat, Péthion, Barnave, Camille Desmoulins, Carrier, ete., ete., étaient tous de hauts dignitaires des loges. (Hist. de la Rév. t. II, ch. 3.)
Il est inutile d’insister sur le caractère anti-religieux de cette révolution de 1789.
Elle déclara une guerre à mort à l’Eglise Catholique. Elle ferma ses temples et envoya ses ministres à l’échafaud ou à lexil. Puis, après avoir enlevé de l'esprit des français “ les préjugés nuisibles ou insensés,” c’est-à-dire la croyance aux dogmes et à la morale de l’évangile, elle leur donna la religion “ immuable et universelle ” de la maçonnerie, la religion de l’humanité, le culte de la raison.
Il fallait mettre l’état social en harmonie avec:
cette religion nouvelle.
La vieille société française avait pour base de sa.
législation et de ses institutions politiques, les principes de la révélation chrétienne. En proscrivant
cette révélation comme une superstition surannée,
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