LA FRANC-MAGÇONNERIE ET LA POLITIQUE
La maçonnerie prétendait enfin ne pas s'occuper de politique. Elle respectait les lois du pays et en recommandait l’observation à ses membres.
Que valent ces affirmations en face des événements qni se sont accomplis en Europe et dans le monde entier depuis un demi-siècle ? N’avons-nous pas vu partout les sociétés chrétiennes ébranlées sur leur base, abandonner l’un après l’autre les principes catholiques qui dirigeaient leur politique ? La francmaçonnerie n’a-t-elle pas toujours été au fond de ces révolutions sociales, ne les a-t-elle pas dirigées, contrôlées, encouragées de toute manière ?
Après la victoire, les dépouilles appartiennent de droit à ceux qui menèrent la bataille et la gagnèrent. Or en 1830, en 1848, en 1870, quand la révolution précipita rois et empereurs à bas de leur trône, quels hommes voyons-nous montrer au pouvoir? Des francs-maçons. Ils s'emparent des emplois publics, des charges importantes, le gouvernement de la France se trouve pratiquement entre leurs mains.
En 1830, les chefs les plus en vue de la Révolution, La Fayette, Lafitte, Dupont, (de l'Eure) Dupin, Odilon Barrot, appartenaient tous à la maçonnerie, et ce fut au franc-maçon Louis-Philippe qu’ils assurèrent le trône. (Gautrelet, p. “12).
En 1848, Lamartine, Crémieux, Ledru Reïiin, Louis Blanc, Marast, Marie, Cassagnac, (Garnier ’agés, Caussidière était tous francs-macons. [ls gouvernèrent la France pendant quelque temps, puis le franc-maçon Louis Napoléon leur saccèda.
En 1870, même phénomène.
Voici à ce sujet un témoignage irrécusable du fait que je signale.
En juillet 1881, le Vénérable Fr. Barré, pérorait devant la loge les admirateurs de l’univers. Ils mon-
trait aux frères les travaux accomplis par les maçons du XVIIIe siècle.
“Ils nous ont légué, disait-il la devise qui est devenue celle de la révolution: Liberté—Egalité— Fraternité.”
“ Je n’ai pas à revenir ici sur l’histoire de la maconnerie, je ne veux qu’en marquer quelques points.”
‘“ Restée fidèle à sa devise, vous la trouverez toujours en avant.
En 1830, elle anime les plus libéraux.
En 1848, elle étudie quelques points des questions sociales et ne reste pas sans influence.
En 1870, elle fournit, en grande partie, les hommes qui, pendant l'invasion, aidèrent a constituer l’administration républicaine.
Je vois encore après la honte de Sedan, notre regretté Massol, occupé du matin au soir à relever les noms des maçons de bonne volonté qui, par leurs connaissances spéciales, pouvaient se rendre utiles
et transmettre aussitôt ces noms à ceux qui avaient accepté le pouvoir.”
“ C'était la bonne époque ! ” (Monde maçonnique, juin 1882, p. 62).
Cet aveu ne manque certainement ni de piquant, ni de naïveté!
“ C'était la bonne époque ! ”
Les révolutions sont toujours pour la maçonnerie “ la bonne époque.” Elle recueille alors le fruit de ses travaux, et donne à ses adeptes les bonnes places de l'Etat.
Il y a donc là, non un fait isolé, mais une règle invariable et constante.
Pour expliquer cette règle, deux hypothèses seulement sont possibles :
Ou bien les hommes qui sont aujourd’hui les maîtres de la France, étaient tellement supérieurs par le talent et l’habileté, que leur choix s’imposait au pays, sans que la maçonnerie y eût aucune part; et qui oserait soutenir sérieusement une pareille assertion ? Ou bien ils sont arrivés par les loges et leur titre de francs-maçons a été leur meilleur sinon leur seul brevet de capacité pour les emplois publics qu'ils occupent.
Nous avons ainsi la preuve directe que la politique, loin d’être exclue des loges, en forme au contraire, l'élément le plus vital. C’est le but même de la maçonnerie.
Du reste, elle l’avoue aujourd’hui sans réticence “ À ceux qui disent : la maçonnerie ne doit s’occuper ni de politique, ni de religion, ni de socialisme,
disait le fr. Régnier en 1882, je réponds hardiment : La maçonnerie a été, la maçonnerie est et sera toujours politique, religieuse et sociale, ou elle ne sera rien.” (V. CI. Janet, t. III, p. 312.)
Une fois au pouvoir, les maçons ont de suite cher- RS
ché à appliquer à la société le fameux programme des loges.
Ils veulent déchristianiser la France, en supprimant tout ce qui repose sur l'esprit catholique.
Voici leurs œuvres depuis cinq ans:
Suppression des ordres religieux en France.
Suppression de l’enseignement catholique.
Suppression des aumôniers pour l’armée et les hôpitaux.
Suppression du serment catholique et du crucifix dans les tribunaux civils.
Suppression des Sœurs pour le service public des malades.
Suppression des démonstrations extérieures du culte, processions, etc., Dieu n’a plus de droit de paraître dans les rues et les places publiques, etc., etc.
Et l’on voudrait que, nous catholiques, nous assistions impassibles à cette œuvre de démolition et de ruines |
Que nous acceptions une république maçonnique qui prend à cœur de nous frapper dans ce que nous avons de plus cher, de nous enlever ce qui fait notre vie et notre gloire |
Non, jamais, nous ne ferons cette lâcheté ! Nous ne serions pas opposés en principe, à une république