‹ La franc-maçonnerie dans la province de Québec en 1883 [microforme]Chapitre 5 sur 85 · LA MAÇONNERIE ANGLAISE 8E RÉPAND DANS L’UNIVERS · texte numérisé non relu

LA MAÇONNERIE ANGLAISE 8E RÉPAND DANS L’UNIVERS

La révolution maçonnique de 1717 ne s’opéra pas sans soulever contre elle une tempête qui fut à la fois longue et violente.

L'ordre Ecossais, avons nous dit, existait déjà en Angleterre, depuis plusieurs siècles ; il avait sa Grande Loge à York. En voyant s'organiser une Loge nouvelle qui, tout en lui prenant ses rituels, ses symboles et une partie de ses degrés, prétendait cependant avoir une Juridiction Souveraine et indépendante, l'Ordre Ecossais protesta, et il s’en suivit un schisme dans la maçonnerie anglaise.

Du côté d’York se rangèrent les loges d'Irlande et d’Ecosse, tandis que la plupart des loges anglaises, au contraire, reconnurent la juridiction de la Grande Loge de Londres. |

Le parti Ecossais ou Yorkiste prit le nom de Maconnerie Ancienne, et donna par dérision aux maçons réformés la dénomination de Maçons Modernes.

La Maçonnerie Anglaise se trouva ainsi divisée en deux rites. Le rite Ecossais ou Maçonnerie Templière avec ses 33 degrés, et le rite Anglais qui ne faisait consister ostensiblement l’ordre que dans les trois premiers degrés.

Iemarquons le bien cependant. Ce conflit portait

uniquement sur une question de juridiction, nullement sur une différence de principes et de but.

Yorkistes et Londonais se reconnaissaient comme enfants d’une même mère. Ils avaient même doctrine, prêtaient les mêmes serments, poursuivaient les mêmes desseins. Il n’y avait donc pas deux maçonneries en Angleterre, mais une seule, sous deux administrations différentes.

Cette division dura jusqu’à l’année 1813. Alors, grâce à un compromis, les deux rites se donnèrent de nouveau la main et se réunirent sous une direction unique.

Voici quelle fut la base de ce compromis.

La Grande Loge de Londres accepta comme couronnement de son système maçonnique le 7ème degré de l'Ordre Ecossais, nommé l’Arche-Royale.

De son côté, le Souverain Conseil d’York, qui comptait dans son système 33 degrés différents consentit à ne faire consister la Maçonnerie Ancienne que dans les trois premiers degrés d’Apprenti, de Compagnon et de Maître, y compris le degré supérieur de l'Arche Royale.

Cependant, en dehors de cette Union, il se réserva le droit d’initier aux 33 degrés de son Rite comme par le pnssé, et de garder ainsi intacte la maçonnerie templière.

Depuis cette convention les 2 grands corps maçonniques Anglais, fondus ensemble, ont pris le titre de : 4 Grande Loge réunie de la Maçonnerie Ancienne, libre et acceptée.” (Eckert, t. II, p. 53.)

et 8e

Du reste, ces querelles de juridiction n'avaient pas empêché la maçonnerie de s'étendre dans univers entier. Elles pararent même stimuler le zèle des maçons des deux rites pour recruter partout de nouveaux disciples.

Au commencement du XIXe siècle, on comptait sous la juridiction (du Souverain Conseil d’York) 16 Grands Maîtres provinciaux, c’est-à-dire, 16 Grandes Loges Ecossaises : 272 loges en Ecosse, et 65 en France, en Allemagne et en Amérique.

La Grande Loge de Londres avait fait des progrès plus étonnants encore. En moins d’un demi siècle, elle étendit le réseau de ses loges sur tous les peuples du continent et même sur les colonies d’Amérique.

Citons quelques dates à Pappui de cette assertion. La maçonnerie londonaise fonda des loges en France ; à Paris en 1725, à Bordeaux en 1732, à Valenciennes en 1733. En 1735, elle établit à Paris la première loge centrale qui prit le nom de Grande Loge Anglaise de France.

La maçonnerie londonaise ouvrit des loges en Allemagne, à Cologne et à Hambourg en 1733, puis dans un grand nombre d’autres villes, et l’ordre se répandit bientôt avec une rapidité surprenante.

La maçonnerie londonaise s'établit en Espagne et en Portugal. Elle fonda une loge à Madrid en 1726,

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à Gibraltar en 1727, et elle en ouvrit aussi plusieurs à Lisbonne et dans les provinces.

La maçonnerie londonaïise avait à Rome en 1742 plusieurs loges de francs-maçons relevant de son obédience. Elle en ouvrit aussi à Naples en 1756.

Enfin cette même Maçonnerie londonaise poussa son action jusqu’en Russie. Elle fonda des loges à Moscou et à St. Pétersbourg. (St. André, Francs- Maçons et Juifs, p. 228.)

Ce n'était point encore assez pour l’activité maçonnique.

La société poursuivait un but universel. Elle voulait se substituer à l'Eglise. Elle devait donc, comme cette Eglise, avoir une action qui s’étendit d’un bout du monde à l’autre. Partout à côté du temple catholique, il fallait élever un autre temple dédié à la religion des loges.

La prospérité matérielle et politique de l’Angleterre allait, du reste, singulièrement favoriser son action.

La politique anglaise, en effet, commençait alors à fonder cet empire colonial qui devait bientôt étendre ses rameaux sur l’univers entier. L’Angleterre possédait en Amérique des colonies considérables. Elle convoitait surtout la Nouvelle-France et le riche empire que la France avait établi aux Indes. La fortune des armes, aidée par l’inepte incurie de Louis XV, livra à l’Angleterre ces immenses territoires.

Partout où flotta le drapeau britannique, la maçonnerie le suivit, et lui fit couvrir de ses plis protecteur les loges qu’elle fonda sur tous les rivages.

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Dès l’année 1733, la Grande Loge de Londres accorda une charte à la loge de Boston, et quand le traité de 1763, eût fait définitivement passer la Nouvelle-France aux mains de l’Angleterre, elle se hâta d’y établir ses loges et dy prêcher les doctrines maçonniques.

Nous verrons bientôt quel succès couronna ces efforts.

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