Trois compagnons complotent sa mort et le tuent
30. La maçonnerie ressuscite Hiram Abiff et s’engage à venger son trépas en mettant à mort les trois compagnons coupables.
Voici maintenant cette allégorie.
‘Quinze compagnons ayant charge de surveiller les autres ouvriers, voyant l’ouvrage presque fini, et n'étant pas encore en possession des secrets du maître que connaissaient seuls, Salomon et Hiram Abiff, conspirèrent pour les obtenir par n'importe quel moyen, fut ce même par la force.”
Au moment d'exécuter leur complot 12 sur 15 reculèrent, mais les trois autres plus déterminés et d’un caractère plus féroce, persistèrent dans leur dessein impie. Pour l’accomplir ils se placèrent aux portes de l’est, du nord et du snd du temple où s’était rendu notre maître Hiram Abiff pour payer, selon s ‘outume, son tribut d’adoration au Très- Haut à l’heure de midi.”
“Ses dévotions finies, notre Grand Maître voulut sortir par la porte du nord, mais un des brigands l’en empêcha, et faute d’autre arme, il s'était muni d’une lourde règle de plomb. D’une voix menaçante il demanda à notre Grand Maître les secrets du maftre-maçon, menaçant de le tuer s’il refusait de répondre. Hiram Abiff, fidèle à ses obligations, dé-
«clara que ces secrets n'étaient connus que de trois personnes et qu’il ne pouvait les révéler sans leur consentement ; la diligence et l1 patience ne pouvaient manquer de rendre un j; 2 un maçon digne de connaître ces mystères, mais pour lui, il aimerait mieux souffrir la mort plutôt que de trahir le dépôt qu'on lui avait confié. A ces mots, le brigand essaya de le frapper à la tête, mais troublé par la fermeté de la contenance d’Hiram, 1l manqua son coup, et la règle au lieu d'atteindre le front, frappa seulement la tempe droite, avec une telle force que le Grand Maitre chancela et tomba sur le genou gauche (posture du candidat en prêtant le serment du ler degré).
“Se relevant aussitôt, Hiram Abiff courut à la. porte du sud. Là il fut accosté par le second brigand de la même manière, mais il répondit encore avec la même fermeté. Alors l’assasin qui était armé d’une équerre en asséna un coup sur la tempe gauche de maître Hiram, ce qui le fit tomber sur le genou droit (posture du candidat prêtant le serment du 2e degré).”
Voyant la fuite impossible de ee côté, Hiram s'avance en chancelant, faible et perdant son sang, vers la porte de l’est, où le troisième brigand était posté. Celui-ci recevant à son insolente demande la même réponse avait été donnée aux autres (car notre Grand Miuatre, même à ce moment terrible, resta inébranlable), le frappa violemment au milieu du front avec un pesant maillet. Notre excellent maître roula sans vie aux pieds du meurtrier.”
‘“ Telle fut sa mort |”
“Je vous ai déjà indiqué la leçon morale que cette mort enseigne au frère fidèle.
‘# Dans de pareilles circonstances, un homme à l'esprit bien constitué, qui a pris pour base de sa vie les principes de la vérité morale et de la justice, et qui, développant ses facultés pour la gloire de Dieu et le bonheur de l'humanité, aura atteint le but de sa création, celui enfin qui aura appris à considérer la mort comme le terme de ses aflictions, et l’entrée d’une vie me’!leur, imitera aussi le courage magnanime de notre Grand Maître.”
# Vous ne fléchirez pas, je l’espère sous l’influence de la pèur, maintenant que votre épreuve approche, maintenant que vous êtes là devant moi comme une victime prête pour le sacrifice, maintenant que la main de la mort est sur notre tête, maintenant que ce moment est le dernier pour vous...(Carlile p. 69.)
L'épreuve du 3ème dégré.
A ces mots un frère qui, à l’insu du candidat s'était approché de lui, en arrière, le frappe sur la tête avec un maïllet et l’envoie rouler sur le plancher.
Pendant qu’il est tout abasourdi par ce coup, les
frères l'entourent en s’écriant ‘ c’est un traitre il a livré nos secrets, qu’il meure ! ”
On saisit le malheureux et on le jette dans un cercueil, que l’on referme immédiatement sur sa tête.
Ce cercueil a au milieu un trou qui permet à l’air de s’introduire, mais le malheureux au moment où on l’ensevelit ainsi tout vivant ignore ce détail.
Le silence le plus complet règne dans la loge, au bout de quelque temps on enlève le couvercle,
Le candidat reste toujours étendu dans son cercueil; pendant que le Vénérable dit :
Nos frères remarqueront que dans cette cérémonie aussi bien que dans sa situation présente, notre frère represente un des plus brillants caractères la maçonnerie : notre maître Iiram Abiff.
Il perdit la vie à cause de son inébranlable fidèlité à garder le dépot qui lui avait été confié.”
Alors le Vénérable relève le candidat par les cinq points de la maçonnerie.
C’est ainsi, continue-t-il que tout maître maçon se lève d’une mort figurative pour se réunir à ses premiers compagnons de travall”? (Carlile, manuel p.)
Ces paroles sont remarquables.
Avant que le candidat ne se présentât aux loges, l'ignorance, la supertition, le fanatisme, avait tué en lui l’homme raisonnable, tel que la nature Pavait fait et et le voulait.
La maçonnerie par sa doctrine rend à cet homme la vie et la vraie lumière.
Elle en fait un homme nouveau, affranchi de préjugés nuisibles ou insensés, digne de travailler à la re- ‘onstruction du temple, c’est-à-dire de la société.
Il ne lui reste plus qu’à poursuivre les ennemis
qui l’avait si indignement traité, et à s’en venger.
Les secrets du 3ème degré.
Après avoir entendu raconter la mort d’Hiram, le candidat se retire pour aller reprendre ses habits.
Quand il revient en loge, le Vénérable lui communique les secrets du 3ème degré.
Ces secrets sont un signe, un attouchement, un mot de passe.
# Le signe pénal du degré se fait en passant vivement la main d'un travers à l’autre du ventre, et en la laissant retomber le long du flanc puis en plaçant la pointe du pouce sur le nombril.”
“ Cela veut dire que comme homme d’honneur, le maçon aimerait mieux avoir le corps coupé en deux plutôt que de révéler les secrets du degré.”
L'attouchement est le premier des cinq points du compagnonage maçonnique. (&)
1°, Saisir la main droite du maçon et toucher le poignet avec la pointe des doigts.
2°, Placer le pied droit parallèle à son pied droit à l’intérieur.
3°, Mettre le genou droit près de son genou droit,
4°, Le sein droit contre son sein droit.
5°, La main sur l’épaule, supportant le dos.
(a) Voir dans le serment l’explication de ces cinq points.
Dans cette position seulement, excepté en loge, le mot de passe est donné.
Ce mot est Mahabone ou Macbenach.
‘La mort d’un frère ou le frère est assommé.”
Le Vénérable remet alors au candidat les insignes de son degré, puis il lui raconte la découverte du corps d’'Hiram Abiff et le supplice des trois compagnons coupables.
‘Salomon inquiet de la disparition d'Hiram Abiff envoya trois bandes à sa recherche.”
“ La première revint sans avoir rien trouvé.”
“La seconde plus heureuse, découvrit le corps d’'Hiram Abiff, qu’on avait enterré près d’un arbuste /1 . « A ? ) (l’acacia) et le rapportèrent avec eux à Jérusalem.
‘ La troisième bande, en passant près d’une caverne entendit des lamentations, et trouva trois hommes qui répondaient à la description des travailleurs manquant au rôle. Ils les accusèrent du meurtre d'Hiram. Ces hommes voyant toute chance d'échapper impossible, confessèrent leur crime.”
‘ On les amena à Jérusalem et Salomon les condamna à mort.”
“C'est le souvenir de cette mort d'Hir: ‘u Abiff que rappelle le troisième degré, aussi ! .. que le cercueil, la tête de mort et les autres ornements funèbres de la loge.” (Carlile, Manuel, p. 75.)
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