CHAPITRE IX
L'ENSEIGNEMENT RELIGIEUX DE LA MAGÇONNERIE DANS LES TROIS PREMIERS DEGRÉS.
Pour atteindre son but, la maçonnerie commence d’abord par former ses membres dans le secret des loges. Elle les pénètre de sa doctrine et en fait des hommes nouveaux, préparés au grand œuvre qu’ils doivent accomplir dans le monde.
Quelle est done cette doctrine de la maçonnerie ? C’est ce que nous allons examiner maintenant.
“ L’apprenti, ni nu ni vêtu, comme parlent nos rituels, les yeux couverts d’un bandeau épais, la corde au cou, et amené au temple pour y recevoir la lumière, figure dans cet état l’homme de la nature. Les ténèbres de son corps figurent celles de son âme, la corde qui le lie, les préjugés, les erreurs et les superstitions qui l’enchaînent et lui ôtent la liberté.”
est ainsi que le fr. Bazot dans son Manuel ma-
çonnique approuvé par le Grand Orient de France, décrit l’état du profane qui se présente aux loges.
La Maçonnerie va l’éclairer en “lui faisant déposer les préjugés nuisibles ou insensés, et en lui enseignant les principes de la tolérance et des maximes humanitaires,” comme parlait le programme de
Ces paroles vont nous faire comprendre l'esprit de l’enseignement maçonnique.
L'enseignement religieux au 1er degré.
Après avoir subi les épreuves maçonniques et prêété le serment du premier degré, le candidat débarrassé de son bandeau, est amené en présence du Vénérable. Il va recevoir l’enseignement religieux des loges :
“Frère, lui dit le Vénérable, permettez-moi de vous féliciter de votre admission dans notre ancienne et honorable société. La Maçonnerie est ancienne, car elle a existé de temps immémorial. Elle est honorable, car elle imprime ce caractère à tous ceux qui suivent fidèlement ses préceptes. Aucune institution ne peut se vanter d’une base plus solide. Elle repose sur la pratique de la vertu sociale et morale.”
‘Comme maçon, je recommande à votre sérieuse attention le volume sacré de la loi.”
“C'est la règle infaillible de la vérité et de la justice.”
“ Réglez votre conduite d’après ses préceptes. Vous apprendrez ainsi vos devoirs envers Dieu, le prochain et vous-même.”
Envers Dieu, en mentionnant son Nom avec crainte et respect, comme il convient à la créature vis-à-vis son créateur, implorant son assistance dans toutes vos justes entreprises, et portant vers lui vos regards pour en obtenir aide et consolation.”
* Envers le prochain : Agissant envers lui avec droiture, lui rendant les services que la justice ou la miséricorde pourront reclamer, le soulageant dans la
détresse, le consolant dans ses misères faisant en un mot pour lui ce que vous voudriez que l’on fit pour vous-même,”
Envers vous-même: Ayez une conduite prudente et bien réglée qui garde à vos forces physiques et intellectuelles toute leur vigueur pour les appliquer à la gloire de Dieu et à l'avantage de nos semblables.”
“ Comme citoyen vous serez exemplaire à vous acquitter de vos devoirs civils, vous ne ferez jamais et vous n’encouragerez pas un acte qui tendrait à troubler la paix et le bon ordre de lu société, vous obéirez aux lois.….etc...”
“ Comme individu je vous recommande la pratique de toute les vertus privées et publiques...surtout maintenez dans toute sa splendeur celles qui sont les plus précieux ornements de l’ordre maçonnique : La bienveillance et la charité.” Instruct. du 1er dégré, (Carlile manuel p. 15 et suiv.)
Comme individu, Je vous recommande la pratique de toutes les vertus privées et sociales, Que la prudence vous dirige, que la tempérance vous retienne,que la force vous supporte, que la justice soit le guide de toutes vos actions. Surtout maintenez dans toute sa splendeur les deux vertus vraiment maçonniques : la bienveillance et la charité.”
Le rituel consacre plus loin un chapitre entier à l'explication “de ces vertus cardinales ? comme il les nomme,
La tempérance...donne à l'esprit une habitude de contrôle général sur ses appétits, ses passions et même ses vertus...Elle modère par son influence, comme les anciens maîtres de la lyre, les diverses cor-
des des affections et des sympathies généreuses, jusqu’à ce qu’elles rendent le son juste qui les fonde dans une douce harmonie.
La force arme l’âme contre les tempêtes de l’adversité, Elle la rend supérieure à la misère et au danger elle lui donne le pouvoir de résister aux tentations et aux sollicitations du vice.
La prudence, est la vue claire et nette, des relations qui existent entre nos actes et les fins qu’ils poursuivent. C’est le premier principe de le sagesse humaine.
La justice nous enseigne à poursuivre des fins qui puissent s’accorder avec nos diverses relations sociales, rendant à chacun sans distinction, le devoir auquel il a droit.”
“ La Maçonnerie voit une allusion à ces quatre vertus dans les quatre fleuves qui arrosaient le paradis de délices. Heureux furent nos premiers parents tant qu’ils gardèrent ces enseignements sacrés dans leur cœur, et heureux seront nous, si nous observons les leçons qu’ils nous donnent.”
Ainsi le vertueux maçon après avoir par ces sages préceptes de morale, éclairé son intelligence, sera prêt aussi à éclairer et à élargir l'intelligence de: ses semblables. (Carlile, p. 34 et suiv.)
Enseignement religieux du 2ème degré.
# Dépouillé pendant son apprentissage des préjugés et des fausses maximes, puisés parmi les profanes, l’i-
nitié devenu compagnon, va travailler activement à édifier en lui, le temple nouveau de la nature.” (Baz0t, Manuel, p. 184.)
l’enseignement religieux du second degré est court, mais dans sa concision il dit beaucoup à qui veut comprendre,
“Frère, dit le Vénérable au compagnon, la Maçonnerie est une science progressive...”
‘ Au premier degré on vous enseigna les principes de la vérité et de la vertu ; vous pouvez maintenant étendre vos recherches, aux mystères cachés de la nature et de la science.”
“ L'étude des arts libéraux tend à orner l’esprit et à le polir. Je vous la recommande avec instance, surtout l’étude de la géométrie ou de la maçonnerie (ces deux termes étaient jadis synonymes). Cette science est d’un caractère moral et divin. Elle donne à l'esprit les connaïssances les plus précieuses et, tout en prouvant les étonnantes propriétés de la nature, elle démontre la plus importante vérité de la morale.” (Instr. du 2e degré, Carlile, p. 48.)
Enseignement religieux et social du 3ème degré.
Après le serment du candidat, le Vénérable lui donne l’enseignement religieux et social du 3ème degré. Cet enseignement a une grande importance. Il résume la doctrine des deux premiers degrés et en montre l’application à l’ordre social.
Que le lecteur veuille bien se rappeler ce qui a été dit plus haut du caractère exclusivement humain et rationaliste de la doctrine maçonnique. Il en verra ici une nouvelle preuve.
“Mon devoir, dit le Vénérable, est d’attirer votre attention sur les degrés que vous avez reçus pour vous faire apprécier l’ensemble de notre système et la dépendance mutuelle de toutes ses parties.”
“ Votre admission parmi les maçons, dans un état d’indigence complète, représentait l’entrée de tout homme en ce monde, C'était vous enseigner d’une manière saisissante l'égalité naturelle, et la mutuelle dépendance des hommes, afin que vous cherchiez dans les principes d’une bienfaisance active, un soulagement à votre propre misère, en même temps qu? vous deviez secourir votre prochain dans la détresse.”
“Cette leçon débarrassait votre âme de la tyrannie de l’ambition et du préjugé. Elle vous apprenait à regarder au-delà des étroites limites d'institutions particulières, religieuses ou sociales, et vous montrait dans chaque fils d'Adam, un homme tiré de la même poussière.”
“Enfin, par dessus tout, elle vous enseignait à vous courber humblement sous la main du Grand Architecte de l'Univers, à lui consacrer votre cœur ainsi purifié de toute passion mauvaise et à vous préparer à recevoir la vérité et la sagesse pour sa gloire et le bien de vos semblables.”
“ Vous avez ensuite passé au second degré de la Maçonnerie.”
“Là vous avez contemplé les facultés intellectuelles et à travers les sentiers d’une science divine, vous