UN PROTESTANT PEUT-IL ÊTRE FRANC-MAÇON
Entendons-nous bien d’abord sur ce nom de protestant. Le protestantisme dans ce qu’il a de meilleur, se donne encore comme une fraction de la grande famille chrétienne. Il croit à la Divinité de Notre Seigneur. Il reconnaît le Christ comme seul Médiateur et Sauveur. Il reçoit la Révélation et considère la Bible comme le livre sacré qu’il faut étudier sans cesse pour y trouver la règle de la foi et des mœurs. |
Ceux là seuls qui admettent ces vérités, peuvent encore porter le nom de protestants.
Les autres ne sont plus que des déistes, des rationalistes, des athées.
Or la Franc-Maçonnerie rejette absolument toute Révélation. Elle rejette la Bible comme livre inspiré, et n’ajoute aucune foi à l'Evangile. Sa religion est purement naturelle et humaine.
Le protestant qui devient maçon, s’il est conséquent avec lui-même, devra donc cesser de se dire membre d’une église qui admet la Révélation et la prêche dans ses temples. Il n’a plus le droit de se dire chrétien. Le Révd Day Brownles le lui disait tout à l’heure et le franc-maçon Strauss le lui répète avec une brutale énergie: “ Nous sommes francsmaçons et rien autre. Les amateurs francs-maçons
n’ont pas d'avantages pour l’humanité. Ce sont des non- valeurs pour notre société. Chrétiens ou francsmaçons, faites votre choix ! (OI. Janet, t. I, p. 20.)
Les protestants anglais francs-maçons se mettent
aujourd’hui dans une position d’une inconséquence ridicule.
En entrant aux loges, ils font serment d’observer les us et coutumes de l’ordre, de recevoir sa doctrine et sa morale, de la considérer comme efficace pour élever l’homme à la plus haute perfection. Ils font profession d’une religion purement naturelle et con-
sidèrent toute croyance révélée comme superstitieuse et nuisible.
Et pourtant nombre d’entre eux tiennent encore à être présents au temple le Dimanche. Ils y font acte de christianisme et reçoivent 1a Cène des mains d’un ministre qui prêche la doctrine et la morale de la Révélation comme nécesaires au salut.
N'est-ce pas là denner un démenti éclatant aux affirmations des ioges? N'est-ce pas faire preuve d’une inconséquence inexplicable ?
Les maçons européens du moins sont plus logiques. Ils s’éloignent de l'Eglise et ne professent plus comme doctrine religieuse que la croyance au Rationalisme des loges. Le maçon anglais lui, trouve moyen de concilier ensemble l’affirmation et la négation, et d’être franc-maçon tout en restant un excellent protestant.
La cause en est-elle dans l’irréflexion ou la force des habitudes premières ? Résulte-t-elle de l’affaiblissement progressif des idées surnaturelles au sein du protestantisme ? Exprime-t-elle en pratique ce
que l’on dit souvent de l’enseignement protestant qu’il n’est plus qu'une morale purement naturelle et ne s'appuyant que sur la raison humaine ?
Tout porterait à le croire.
Alors on s’expliquerait comment le protestant franc-maçon se trouve parfaitement à l’aise au temple et dans les loges. La doctrine et les croyances seraient les mêmes, il n’y aurait de différence que dans les cérémonies extérieures.
Mais si le protestant croit encore à la Révélation divine et à la nécessité de la foi, il ne peut ni logiquement, ni en conscience devenir franc-maçon sans abjurer sa croyance religieuse et cesser d'aller au temple.
“ Lorsque la Maçonnerie accorde l’entrée de ses temples à un juif, à un mahométan, à un catholique, à un protestant, disait le fr. Golphin à la loge Memphis à Londres en 1877, c’est à la condition que celui-ci devienne un homme nouveau, qu’il abjure ses erreurs passées, qu'il dépose les superstitions et les préjugés dont on a bercé sa jeunesse.”
‘Sans cela, que vient-il faire dans nos assemblées maçonniques ? ” (V. C1. Janet, t. I, p. 115.)