‹ La franc-maçonnerie dans la province de Québec en 1883 [microforme]Chapitre 68 sur 85 · DES · texte numérisé non relu

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mer une association secrète analogue à la Maçonnerie pour combattre l'émancipation des catholiques et maintenir les droits de la maison de Hanovre, quoique personne à cette époque ne songeât plus à les contester. Le fondateur de cette association appelée Orungemen, Thomas Wilson, était un francmaçon, et c’est sur le type de la Franc-Maçonnerie qu’il la constitua. Il en copia le rituel, les cérémonies d'affiliation, les mots de passe, les serments, et divisa son association en loges, relevant d’un Grand ‘Orient, qui leur donna l'impulsion:

On a compté en Irlande jusqu’à 20 grandes loges provinciales et 1,510 loges d’Orangemen avec 200,000 adhérents. Cette organisation a été étendue à PAn-

gleterre : à Londres seulement, elle a compté 50,000 membres.

“Les Orangemen ont excité des troubles en Irlande et en Angleterre À maintes reprises, et leur violente opposition à toutes les mesures libérales du

gouvernement anglais n’a pas peu contribué à main-

tenir ce pays dans un état d’agitation continu. Leur fanatisme, malgré les couleurs de Loyalisme dont ils aimaient à se parer, n’épargnaient pas la couronne

‘elle-même.

“En 1828, quand le bill de l'émancipation des

catholiques était discuté à la Chambre des Commu-

nes, un des chefs des Orangemen s’écriait, dans un meeting, qu’il ne défendait la dynastie qu’autant

qu’elle-mêmie resterait le ferme soutien du protestantisme.

“Ces loges ont été depuis près d’un siècle une provocation constante au peuple irlandais.” (CI. Janet, t. III, p. 514.)

On sait que dans la crise périlleuse que traverse l'Irlande en ce moment, les Orangistes sont encore comme toujours, les plus féroces ennemis des catholiques, et les adversaires les plus acharnés de toute mesure qui tendrait à rendre la paix à ce malheureux pays. Ils restent fidèles à l'esprit de leur ancien serment: ‘“ÆEn la présence terrible du Dieu tout-puissant, je jure solennellement de faire tout mon possible pour défendre le roi et le gouvernement actuel: Je jure encore de faire tous mes efforts pour exterminer tous les catholiques du royaume d’Irlande.” (Hist. d'Irlande par J. Mitchell.)

Les Orangistes ont transporté sur nos rivages leur organisation et leurs haines. Depuis plusieurs années, ils cherchent à se faire reconnaître légalement à Ottawa, conune société de bienfaisance. Les députés catholiques et nombre de membres protestants se sont unis pour repousser la demande de ces sectaires fanatiques, et tous les sophismes de leur avocat, le franc-maçon Thomas White ont échoué contre cette opposition. (a) Cependant les Orangistes veulent encore cette année, paraïit-il, renouveler leurs efforts. Espérons toutefois que malgré l'appui des députés et des ministres francs-maçons, ils se verront toujours refuser une autorisation qui serait une injure sanglante aux irlandais et à tous les catholiques du Dominion.

(a) D'après le fr. Th. White, les Orangistes seraient 200,- 000 dans toute la Puissance. Il y a évidemment exagération daus ce chiffre. C’est peut-être 20,000 qu’il faut lire. Certes, ce serait déjà beaucoup trop. (V. Gazette de Montréal, 17 avrik 1883.)

Les sociétés secrètes les plus avancées, les Znternationaux, les Communiste’, même les Mihilistes de Russie et la Muin Noire d’Espagne, trouvent dans la Maçonnerie sympathie et encouragement.

Je ne dis pas cependant qu’elle approuve toutes leurs doctrines, encore moins qu’elle suggère à ces hommes de sang, les moyens horribles par lesquels ils cherchent à les faire prévaloir. Mais, tout en blâmant ce qui lui semble excessif dans les moyens, la Maçonnerie ne trouve-t-elle pas qu'il y a du bon dans les principes de ces révolutionnaires? n’encourage-t-elle pas leurs prétendues aspirations nationales, leurs désirs d’'émancipation sociale ? Au fond, pourquoi pas? £Le but de ces hommes n'est-il pas celui de la Franc-Maçonnerie elle-même ? Ne luttent-ils pas pour la fameuse devise des loges : Liberté, Egalité, Fraternité ?

Si la Maçonnerie ne veut pas ouvertement reconnaître ces sociétés secrètes pour ses filles légitimes, elle ne peut du moins leur refuser le titre d’alliées, d'auxiliaires puissants pour un but commun. Leur organisation, du reste, est calquée sur la sienne et de plus, elles ont toutes avec elle, deux traits de ressemblance bien caractéristiques: La haine de l'Eglise catholique, et la haine des principes chrétiens appliqués à la société.

La Franc-Maçonnerie se sert de ces sociétés de combat, pour atteindre ses fins spéciales.

Elle les encou’ age en secret. Quand les révolutions tramées par ces hommes réussissent, elle est là pour - recueillir les dépouilles et mettre ses fidèles aux premie.3 emplois publics.

Si elles échouent ; la Maçonnerie les désavoue en public, et redit alors plus haut que jamais * que dans des loges on ne s'occupe pas de politique.” C’est un mensonge audacieux, tout le monde le sait aujourd’hui. La Maçonnerie est au fond de toutes les révolutions sociales, Elle les dirige, souvent même les trame dans ses loges, et les encourage de toutes manières. La révolution est son but.

Nous en avons une preuve manifeste dans ce qui se passe actuellement en Espagne. (a)

Un mouvement insurrectionnel vient d’y éclater. Il est conduit par le signor Zorilla.

Or cet homme était en 1876 Grand Commandeur de l'Orient Espagnol. Ses mérites spéciaux sont d’avoir organisé la franc-maçonnerie Espagnole fort insoumise.

Il a réuni plus de 60 loges sous sa direction. (Corresp. de Genève citée par CI. Janet t. II p. 435).

Un premier ministre d'Angleterre d’Israëli, avait donc raison de dire dans un discours prononcé à Aylesbury le 20 septembre 1876.

‘“ Les gouvernements de ce siècle n’ont pas affaire seulement aux gouvernements, aux empereurs, rois et ministres, mais encore aux sociétés secrèles, élements dont il faut tenir compte, qui, au dernier moment, peuvent mettre à néant tous les arrange-

(a) Septembre I883.

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