‹ La franc-maçonnerie dans la province de Québec en 1883 [microforme]Chapitre 67 sur 85 · L'ARMÉE MAÇONNIQUE · texte numérisé non relu

L'ARMÉE MAÇONNIQUE

La Chaîne d'Union de 1878 p. 147, évalue à 8,900,000 le nombre des franc-mçons qui sont, ditelle, réunis dans une commune aspiration.”

“ La Grande Loge Anglaise compte 1,649 loges sous son obédience avec 101,234 membres. La Grande Loge d’Ecosse a 504 loges et celle d’Irlande 344. Les Etats-Unis, environ 10,000 loges comprenant 540,000 maçons actifs.

Le Dominion du Canada en 1883, 535 loges et 26,246 membres actifs.

Outre ces forces imposantes, l’armée maçonnique a encore un grand nombre d’alliés, qui s'inspirant de ses principes, travaillent au même but par des moyens divers.

L'Eglise catholique, une par sa doctrine et son esprit, se fait aider dans son œuvre par un nombre considérable de sociétés particulières, fondées sous ses auspices et soumises à sa direction. Les ordres religieux prennent dans le grand travail commun une tâche spéciale pour en faire le but propre de leur activité. Les uns s'occupent de l'éducation de l'enfance, d’autres se livrent à la prédication ou aux œuvres de charité, d’autres enfin se vouent exclusiment à la propagande, à l’apostolat catholique. Les

travaux sont différents mais tous convergent vers læ même fin et sont soumis à la même impulsion.

L'Eglise Maçonnique, la Synagogue de Satan suit la même marche et emploie des moyens identiques. Elle a créee autour d’elle, au dessous d’elle une foule d'associations qui s’inspirent de son esprit et subissent d’une manière plus ou moins directe son influence. Ainsi la branche des odd Fellows “ est une véritable société dépendant de la Franc-Maçonnerie, étroitement affiliée avec elle et comme elle se proclamant “ une institution destinée à délivrer le peuple des prêtres, des superstitions et du fanatisme.”

‘ Actuellement en France, la Maçonnerie emploie les mêmes procédés. Elle a fondée à côté d’elle, il y a 14 ans, la ligne de l’enseignement et ses cercles, puis sont venus l’œuvre du sou des écoles, l’œuvre des crèches maçonniques, des amis réunis, des frères unis etc etc? (V. CL. Janet, t. I p. XXX. Introd.)

Dans les pays catholiques, elle ne reculera pas même devant l’hypocrisie de la dévotion, pour pervertir peu à peu les chrétiens et les préparer à recevoir ses doctrines.

À la Martinique, un vénérable évêque à été obligé de dissoudre toutes les associations de pénitents et même les confréries de femmes. Quelques francsmaçons s’introduisaient dans la confrérie. Ils n’affiliaient pas directement les membres à la Maçonnerie, mais ils leur faisaient jurer le secret, faisaient tenir les réunions dans la soirée et les mettaient au service

du pouvoir occulte des sectes “ Mgr Fava 2e lettre sur la Franc-Maconnerie.”

Nous avons eu quelque chose de semblable à Montréal, il y a une quinzaine d’années.

Une pieuse association d'ouvriers s’y était fondée sous le patronage d’un saint. Quelques meneurs occultes s’étant glissés dans leurs rangs, écartèrent des réglements de la confrérie toute idée chrétienne, et amenèrent les membres à se contenter, à l’ouverture des réunions. d’une prière faite debout, et dans laquelle on adressait des hommages à l’Etre Suprême, sans la moindre mention du nom de Notre Seigneur ni d'aucune doctrine révélée. ‘

L'autorité ecclésiastique eût quelque peine à faire comprendre à ces braves gens qu’on les menait dans une fausse direction. Tout ne tarda pas cependant à rentrer dans l’ordre.

Outre les corps de réserve, sur lesquels la Maçonnerie compte, pour façonner peu à peu l'opinion publique, selon ses vues, elle emploie encore ce que l’on pourrait appeler des sociétés d'avant garde, des associations de combat qui ont directement le révolution pour but, et la force pour moyen.

Personne n’ignore aujourd’hui les liens intimes qui unissent à la Maçonnerie tous les révolutionnaires modernes: Les agitateurs les plus en vue Garibaldi, Mazzini, Kossuth, Cavour, n’étaient-ils pas en relations suivies avec les Grandes Loges Maçonniques du continent, surtout avec la Grande Loge Anglaise? N'ont-ils pas trouvé à Londres leur point

d'appui le plus solide, et dans la presse britannique leur auxiliaire le plus efficace pour toutes leurs entreprises contre les souverains Italiens et principalement contre le pouvoir temporel des Papes ?

Aussi l’homme des loges et de la révolution Garibaldi, faisait-il simplement acte de reconnaissance, lorsqu'il disait à Londres en 1864 :

“Je parle de ce que je sais, la Reine et le gouvernement d'Angleterre representé par Lord Palmerston, Lord Russell et Mr. Gladstone, ont merveilleusementaidé ma terre natale l'Italie, Sans leurs secours; nous serions encore sous le joug des Bourbons de Naples. Si l'amiral Mundy ne m'’eut aidé, je n’eusse jamais pu traverser le détroit. (Tablet, 14 juillet 1883.) (a)

Parmi les sociétés de combat, issues de la Franc- Maçonnerie, il en est une qui, à cause des circonstances actuelles, mérite une mention toute spéciale, je veux parler de ?’Orangisme.

Voici comment CI. Janet raconte l’origine de cette association, et le jugement qu’il porte sur ses tendances :

“En 1794, dit-il, à l'époque où la malheureuse Irlande commençait à reprendre quelque vie nationale, des protestants fanatiques imaginèrent de for-

(a) CI. Janet, t. III p. 166 et suivantes cite des preuves nombreuses de la part active prise par Palmerston, Grand Chef de la Maçonnerie anglaise dans ces révolutions de la peninsule,

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