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L'INSTITUT CANADIEN DE MONTRÉAL

Veux-t-on une démonstration encore plus directe, de l’esprit anti-catholique qui circule au fond de notre Maçonnerie Québecquoise ?

Que l’on se rappelle l’histoire du fameux Institut Canadien de Montréal. Il a compté jusqu’à plus de 600 membres. Plusieurs de ses chefs étaient et sont encore des hommes connus par leur hostilité à l’Eglise Catholique. Or il est démontré par un document publié par la Minerve (18 avril 1881) qu’un grand nombre de membres de l’Institut Canadien étaient affiliés aux Odd-Fellows qui sont eux-mêmes une fondation et une branche populaire de la Franc-Maçonnerie. (a)

Voici ce document :

T’Institut Canadien de Montréal créé en 1844, et nourri, dès son origine, de l'esprit de Voltaire, était déjà en 1853, pour ne pas dire avant, dirigé en grande partie par l'influence des sociétés secrètes.

(a) La société des Odd-Fellows est d’origine anglaise et est née d’une transformation des anciens compagnognages, Ce n’est qu’une simplification populaire et moins coûteuse de la Maçonnerie..….. On lui applique généralement les censures qui frappent la Maçonnerie, au moins aux Etats-Unis et au Canada. (V. CL Janet, t. ILE, p. 23 )

La preuve en est qu’en 1853-1854, une seule loge, désignée sous le nom de loge des Francs-Frères et soumise à la grande loge des Odd-Fellows de Montréal, contenait environ deux-cents membres du susdit Institut Canadien. Il est à remarquer en passant que ces 200 membres comprenaient les somimnités libérales rouges de l’Institut Canadien ; car, à cette époque, les conservateurs n'étaient pas admis, en pratique, à la loge des Francs-Frères.”

« Les réceptions à la loge des Francs-Frères se faigaient comme chez les Francs-Maçons. On bandait les yeux du nouveau candidat pour lui faire subir les premières épreuves, puis on le conduisait par une corde au cou dans une chambre tendue de noir, où se trouvait un cercueil vide recouvert d’un drap mortuaire, avec une tête de mort pour complément. Là, en face d’une table où se trouvait une espèce de Bible, et en présence de plusieurs francs-frères, armés de poignards, après avoir enlevé le bandeau qui lui couvrait les yeux, on faisait jurer au novice francfrère, et cela sous menace de mort, entre autres les points suivants : 1° de garder le secret absolu sur tout ce qu'il connaissait de la société des francsfrères ; 2° d’obéir aveuglement au Grand Maître de la loge et aux ordres des loges supérieures ; 3° d’être toujours démocrate, libéral en politique, et de combattre de toutes ses forces toute autre forme de gouvernement, spécialement la monarchie ; 4° enfin de

propager autant qu’il serait en son pouvoir les doctrines des francs-frères.”

On est donc en droit de conclure qu’à l’époque indiquée, il y avait à Montréal, au moins 200 cana-

diens-français catholiques qui s'étaient engagés au service de Satan pour combattre l'Eglise de Dieu.”

“IL faut avouer que quelques-uns de ces 200 francs-frères sont revenus sincèrement à l'Eglise leur mère, en renonçant aux doctrines perverses de l’enfer; mais la masse ne semble pas avoir modifié ses manières de penser et d’agir sans faire mention de tous ceux qui vont encore grossir les rangs des sociétés secrètes depuis cette date.” (Un ex-membre de l’Institut Canadien.)

Du reste, les principes mêmes sur lesquels s’appuyait l’Institut Canadien, suffiraient pour montrer la frappante ressemblance de famille qu’il avait avec la Franc-Maçonnnerie,

Comme elle, il admettait à la base de son association La tolérance religieuse la plus complete.

‘ Une Institution, ayant pour seul et unique but l'éducation en général et l'avancement de ceux qui en font partie, doit admettre dans son sein toutes personnes à quelqu’origines et religions qu’elles appartiennent...

“Tant que l’Institut Canadien possédera cette tolérauce, nous devons augurer avantageusement de son avenir; mais du moment qu’il commencera à perdre ce principe, nous pourrons nous préparer à une chute qui sera peut-être sa mort... (annuaire de l'Institut Canadien 1855 p. 16).”

Fidèle à ce principe maçonnique de la tolérance religieuse universelle, l’Institut laissait monter à sa tribune et des catholiques sincères, et des libéraux déclarés et des libres penseurs qui venaient lançer

contre l'Eglise et ses institutions le sarcasme ou la calomnie.

C'était ainsi qu'il prétendait donner à ses membres aussi bien qu'aux nombreux commerçants et ouvriers, invités À ses conférences, le moyen de développer leur intelligence et de promouvoir leur éducation en général.

Toujours d’après le même principe de tolérance qui donnait droits égaux à la vérité et à l'erreur, l’Institut avait dans ses salles avec la Minerve, le Pays et l'Avenir, journaux voltairiens et impies, à côté du Pilot et du True Witness, courageux défenseurs des principes catholiques, le Semeur organe du ministre Suisse, St. Cyr et le Witness, connu de tout temps pour sa haine rageuse contre l'Eglise catholique :

Dans sa bibliothèque, l’Institut mettait à côté des œuvres de Bossuet, de Fénélon et de Wiseman, les ouvrages impies de Renan, de Kardec, de Pierre Leroux, d’Auguste Comte, de Saisset, de Volney, de Jules Simon, du ministre protestant Pressence, du socialiste Blanqui et du libre penseur Quinet. Auprès des ouvrages de L, Veuillot, et de H. Conscience, l’on trouvait les plus malsaines, les plus immorales productions des romanciers français : les œuvres complètes des deux Dumas, de Fred Soulié, d'Alfred de Musset, de Béranger, d’Eugène Sue, d'Edmond About, de G. Sand, de Balzac, de Murger, de Souvestre etde V. Hugo. L'on y trouvait même les ouvrages infâmes de l’abbé *** l’auteur de la Religieuse et du Maudit. (a)

(a) V. Catalogue de la bibl. de l’Inst. Can.

L'on voit quelle sentine pestilentielle était cette bibliothèque de l’Institut-Canadien quel foyer de corruption. intellectuelle et morale elle entretenait au milieu de notre ville, surtout pour les jeunes gens avides de romans et de lectures à sensation.

Ne dirait-on pas que la Maçonnerie, pour ruiner à Montréal l'esprit catholique, et préparer un terrain favorable aux loges, voulait employer ici les moyens que le franc-maçon Piccolo Tigre, conseillait jadis aux agents de la secte en Piémont ?

“ Le catholicisme, disait-il, n’a pas plus peur d’un stylet bien acéré que la monarchie : mais ces deux bases de l’ordre social peuvent crouler sous la corruption, ne nous lassons donc jamais de corrompre... popularisons le vice dans les multitudes, qu’elles le respirent par les cinq sens, qu’elles le boivent, qu'elles s'en saturent. Faites des cœurs vicieux et vous n'aurez plus de catholiques. C’est la corruption en grand que nous avons entreprise.”” (Papiers secrets de la Haute Vente. V. St. André, p. 634.)

Telle était, à coup sûr, l’œuvre que l’Institut-Canadien accomplissait au milieu de nous par sa bibliothèque et ses romans immondes,.

Il y avait là un péril imminent pour notre ville, L'autorité religieuse dénonça le danger et l’Institut tomba sous le coup des censures qui le frappèrent. Les catholiques qui par irréflexion ou par ignorance excusable avaient prêté leur concours à cette institution, ouvrirent alors les yeux, et se hâtèrent de quitter l’Institut.

Un certain nombre de membres, surtout parmi les meneurs résistèrent à toutes les menaces, et du sein

des loges où ils se sont réfugiés, ils continuent à propager leurs doctrines perverses et À recruter pour la

Franc-Maçonnerie un nombre relativement assez considérable de disciples, (a)

(a) La fameuse bibliothèque de l’Institut-Canna n’a malheureusement pas encore disparue. Après la diss.ation de la société, la bibliothèque demeura à la disposition du public, et depuis deux ans on l’a placée en déjôt dans les salles du Club Canadien, rue Dorchester. Puisse-t-clle ne plus être un agent de Corruption et d’impiété !...…..

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