TEMPÉRAMENT DES LOGES AMÉRICAINES ET CANADIENNES
La Franc-Maçonnererie, c’est la révolution religieuse et sociale. Tout ce que nous avons dit jusqu'ici le prouve suffisamment. Toutefois les loges Américaine et Canadiennes, semblent avoir des allures bien plus modérées que les loges Françaises Italiennes et Belges. Elles déclament moins contre le Pape et le Catholicisme. Elles paraissent satisfaites de l’état social du pays et n’essaient pas d'introduire les réformes radicales que rêve ailleurs la Franc-Maçonnerie,
Pour ce qui regarde les Etats-Unis, cette position s'explique facilement.
La Maçonnerie s’y est fortement implantée. Elle y compte ses adeptes par millions. Elle a pour forme de gouvernement la République, l’Idéal des Loges. Cette République ne reconnait comme principes de. sa politique et de ses institutions sociales que les principes de la pure Raison, les maximes humanitaires, enseignées par les Loges. Elle à enfin imposé à l’immense majorité des enfants une éducation ‘ libre de tout préjugé, de toute superstition ” une morale purement humaine, tel que la veut la Maçonnerie sans relation aucune avec la morale surnaturelle et révélée.
Que demander de plus? Aux Etats-Uuis, la Maconnerie possède, elle jouit, elle règne.
Il ne s’agit donc plus pour elle que de conserver la position acquise.
Mais vienne le jour ou les catholiques, devenus une grande force politique, soient capables de saisir la direction des affaires publiques, l’on verra alors le vieil esprit maçonnique se réveiller dans toute sa fureur, et la lutte commencer, ardente, implacable féroce comme en Europe entre la Franc-Maçonnerie et son ennemie mortelle, l'Eglise catholique.
Un écrivain bien au courant des affaires américaines dans une série d'articles remarquables, publiés par “ la Vérité” de Québec, sur les Sociétés Secrètes et la Société apprécie de la manière suivante la position de l'Eglise catholique et de la Maçonnerie av+ Etats- Unis.
Malgré l’infidélité qui débort : aujourd’hui dans les mœurs, dans les institutions, dans l'opinion, le corps social peut encore, à cause de la prospérité matérielle, éblouissante pour les masses conserver une belle apparence extérieure, maïs il mourra, car la décomposition est dans son sein. La Franc-Maçonnerie saisira ces sectes comme une proie qui lui appartient, alors se produira entre l’athéisme et le catholicisme la grande lutte, lutte ardente et peut-être prolongée, maïs dont le catholicisme sortira victorieux.” (Vérité, 24 Nov. 1883.)
L'homme de la Maçonnerie aux Etats, le général Grant poussa dans sa dernière campagne présidentielle le cri de guerre des Loges: “ Le catholicisme, voilà l'ennemi.” Et ce cri, on le sait, trouva un formidable écho chez nos voisins.
En Canada, je veux dire notre province de Québec, la Maçonnerie semble jusqu’à cette heure assez calme par ce qu’elle est encore relativement faible. Elle n’attaque ouvertement ni le catholicisme, ni nos institutions sociales, parceque pareille attaque serait prématurée et téméraire mais l'esprit de la Maçonnerie Québecquoise est aussi anticatholique, aussi antichrétien que celui de la Maçonnerie continentale.
Le même poison a infesté l’ordre dans l'Univers entier. Ce poison déposé dans le programme même de la Société, dans son manuel, dans sa doctrine, ses serments et son but final, pourra bien encore tarder à faire sentir ouvertement son action au dehors, à cause des obstacles particuliers qui s'opposent ici À sa circulation ; mais ce n’est qu’une question de temps ; le mal existe, il se développera.
Notre Maçonnerie Quebecquoise n'est-elle pas en union intime avec les Grandes Loges continentales ? Ne donne-t-elle pas la main aux franc-maçons de Belgique, d'Espagne et du Brézi, qui, à leur tour sont frères et bons amis des franc-maçons français et italiens ? Nos loges par conséquent, sympathisent pleinement avec les faits et gestes de ces maçons du continent. Elles approuvent, au moins tacitment, la guerre acharnée qu’ils font depuis quelques années à l'Eglise et à Jésus-Christ. On se contente maintetenant d'admirer les maçons de France et de Belgique, bientôt l’on songera à les imiter et à les suivre.
Les maçons anglais aveuglés par leurs préjugés [æ] l'a] % Le protestants, trompés par la conduite de leurs ministres, qui, au lieu de condamner la Maconnerie, se 2 ? nl ‘ font gloire d’en devenir les disciples, peuvent jusqu’à } LZ
un certain point, plaider ignorance ou essayer de justifier leurs intentions.
Les maçons canadiens catholiques, n’ont pas ces excuses.
‘“ Le clergé, depuis longtemps, a rempli énergiquement son devoir d’avertis la conscience des fidèles, et les Canadiens français qui se sont fait affilier aux loges Anglaises de leur pays, à celles des Etats-Unis ou à celles d'Europe, sont des apostats ayant la parfaite connaissance de leurs actes.
Ils sont d’aucant plus dangereux que, sauf un ou deux, qui ont l’audace d’avouer leur affiliation la plupart la dissimulent soigneusement.”
(CL. Janet. La franc-maçonnerie au Canada t. IIT p. 562.)
De temps à autre, la Maçonnerie Canadienne laisse perçer la haine qu’elle porte à la religion catholique et à ses pratiques religieuses.
En voici une preuve toute récente.
La Grande Loge de Québec tenait son assemblée annuelle en 1881.
On lisait la correspondance étrangère ; et le Grand Maître de l’Arkansas proposaitaux maçons le cas de conscience suivant :
‘ Un frère étant tombé malade, envoya chercher un prêtre catholique. Maïs pour recevoir ses secours spirituels, il dut renoncer à la Franc-Maçonnerie. Revenu à la santé, cet homme désire retourner aux
loges, en même temps qu’il déclare vouloir mourir dans la foi catholique :
‘ Peut-on le recevoir ? ?
Voici continue le Grand Maître, la réponse que j'ai donnée.
“ La Maçonnerie n’exclut personne de ses loges, pour principes poliques ou croyances religieuses. Si un catholique veut devenir maçon, qu’on le reçoive. Nous n’imiterons pas la bigotrie de l’Eglise du Pape (Romish Church), en demandant à un homme de renoncer à tout pour rester avec nous. La Maçonnerie est fondée sur de larges bases. Les hommes de toute nation, de toute politique, de toute croyance trouvent dans nos loges un asile assuré, un repos profond. Si donc un membre désire renoncer à la Maçonnerie par principe et demande à se retirer, fort bien ! l’on règlera son affaire. Mais tant qu’il voudra rester avec nous, nous ne le mettrons pas à la porte.
“ Au contraire, lui tendant une main charitable, nous tâcherons de le débarrasser de ses superstitions pour qu’enfin il puisse se mettre au-dessus de la crainte servile d’une mort sans cérémonies.” (Annuaire Mac. de Québec 1881, p. XVIL.)
Voilà ce que dans son langage brutal, disait aux catholiques le Grand Maître de l’Arkansas ; et notre Grande Loge de Québec approuvant cette réponse, adopta cette doctrine maçonnique.