‹ La franc-maçonnerie dans la province de Québec en 1883 [microforme]Chapitre 77 sur 85 · Favorisez tout ce qui s’annonce avec des prin · texte numérisé non relu

Favorisez tout ce qui s’annonce avec des prin

eipes flottants, indécis, faciles, des vues libérales, des tendances plus prononcées du côté des idées modernes.

Soutenez ces hommes, vantez leurs lumières, exaltez leur science. Faite à leurs œuvres un succès d’opinion publique ici ct à l'étranger. S'il y a des distinctions honorifiques à obtenir, qu’elles soient accordées autant que possible, à ceux qui se font plus volontiers les champions du progrès moderne.

5o. Par contre, ne cessez de combattre tout ceux qui se donnent comme les défenseurs avoués des doctrines catholiques, et qui les soutiennent par la parole et par la plume.

Faites à ces hommes une guerre de corsaire! Insultes, sarcasmes, insinuations malveillantes, accusations mensongères, calomnies, en un mot, tout ce qui se trouve dans l'arsenal de la Maçonnerie, sera bon pour les combattre et les écraser.

60. L'éducation est aujourd’hui plus que jamais le grand levier pour le bien et le mal. La Maçonnerie continentale fait des efforts suprêmes pour s’emparer de l’école, et par l’école devenir maîtresse de la société.

Commençons ici un travail anologue.

Les difficultés sont sérieuses, l’Eglise contrôle actuellement notre système d'éducation publique. Pour tant la transformation est possible.

Elle dépend du concours de quelques hommes et d’une situation qne les chances politiques peuvent amener à brève échéance.

Si le pouvoir tombe entre nos mains, à l’aide de

am

quelques mesures lézislatives nous échapperons à ce contrôle catholique où nous ledominerons. Nous pourrons même garder intact notre système actuel, avec ses rouages administratifs d'importation française. Changeons les hommes, et l'éducation est à nous.

Nous avons le corps, il ne s’agit plus que d’y introduire une âme animée de nos principes.

En attendant préparons les voies,

Centralisons le plus possible, La centralisation est la grande force de nos œuvres,

Restreignons les libertés des écoles indépendantes. Parlons avec réserve de l’enseignement des religieux. Tout en lui donnant quelques louanges de convention, montrons-le inférieur en bien des points à l’enseignement laïque.

‘€ ILest moins pratique, moins avancé dans ses méthodes, moins au courant des améliorations modernes, moins à même de préparer des hommes pour les luttes de la vie. etc.”

Combinons en même temps des mesures habiles qui, peu à peu, sans secousse, sans éveiller l’attention publique, augmenteront la force du pouvoir central et prépareront les voies à l’unification de méthode et de direction.

Ce jour là notre but sera atteint. Il n’y aura plus qu’à suivre l’exemple de la France, et à imposer aux élèves des Manuels de morale civique. Le pays sera à nous.

70. Encouragez de toutes manières les journaux les plus hardis à défendre et à propager les idées modernes.

C’est par la presse surtout, que la Franc-Maçonnerie peut plus facilement et plus surement répandre ses doctrines,

Au milieu d’une Rédaction catholique, glissez un frère, ou du moins un homme favorable à nos idées, Mais qu’il soit prudent et habile, car sa besogne demandera une grande souplesse d'esprit,

Il sera l'avocat discret de nos doctrines et les fera pénétrer goutte à goutte, dans l'esprit de ses lecteurs,

Aujourd’hui, un article avec des principes dangereux ou faux, mais enveloppés de formules respectueuses et soumises,

Demain, une appréciation défavorable à des hommes ou à des œuvres catholiques.

Un autre jour, un éloge de la Révolution et de ses bienfaits, une excuse de ses violences, une communication attaquant quelque vérité religieuse ou sociale.

L'écrivain maçonnique a mille moyens à sa disposition, pour distiller dans un Journal le poison de la doctrine des loges.

Les articles ne sont pas signés. Toute la Rédaction est censée responsable mais en définitif cette respongabilité ne retombe sur personne.

Si un catholique, indigné de ces attaques veut les relever dans le Journal, cet être collectif nommé /& Rédaction, fera une espèce d’apologie: “ l’article à été écrit à la hâte, il avait échappé à la révision... on le regrette. etc.” Formules banales qui ne rétablissent rien, et qui ne remédient à rien.

Le censeur sera cependant obligé de s’en contenter et de se taire.

La mauvaise doctrine restera et l’on aura soin de la commenter le soir dans les conversations et dans les clubs.

Les résultats de ces manœuvres maçonniques sont déjà fort sensibles en Canada.

L’'Autorité a beaucoup perdu de son prestige et de ses droits au respect et à l’obéissanc les catholiques. La vigueur des principes chrétiens s affaiblit et baisse, Les idées modernes font vite leur chemin surtout parmi la jeunesse et bon nombre de citoyens appartenant aux professions libérales de la société. Les catholiques sont devenus hésitants, timides, peureux. Ils n’osent plus affirmer hautement leurs principes, ni soutenir les droits de Dieu et de son Eglise. Ils craignent d’être taxé d’exagération, de fanatisme ; de passer pour des esprits chagrins qui voient tout en noir et veulent à tout prix s’ériger en censeurs de leurs frères. Pour échapper à cette situation pénible,

plusieurs fléchissent et commencent à faire des con-

cessions. Or quand un catholique fait à ses ennemis acharnés des concessions de principes ou de doctrine, ‘ il est perdu. Ou s’arrêtera-t-il en effet? Concéder un point de la doctrine de l'Eglise, c’est s'engager logiquement à concéder le tout, dès que l'ennemi lexigera.

Il y a du malaise dans notre société canadienne, Les catholiques sentent d’instinct la présence et Paction d’un ennemi invisible, à l'œuvre au milieu d'eux. Ils s’aperçoivent qu’il mine peu à peu les bases de leurs institutions religieuses et nationales, et qu’il prépare en secret des ruines qui ne pourront plus se relever.

Cet ennemi, ils le nomment d’un mot: C’est la Franc-Maçonnerie, non pos audacieuse, provocatrice, violente comme en Europe; on pourrait alors lutter corps à corps avec elle et la vaincre, mais insidieuse, cachée, tortueuse : on la voit dans bien des endroits, on ne parvient à la saisir nulle part, on veut arracher des masques, et ces masques retombent plus impénétrables que jamais.

Vrai serpent venimeux, qui distille son poison en silence, dans l’ombre, dès qu’on veut l’approcher, il se dérobe et fuit.

L'hypocrisie est le trait caractéristique du francmaçon canadien.

En commençant sa besogne impie et sacrilège, il fait pieusement son signe de la croix.

Il se courbe plus profondément que qui que ce soit sous une bénédiction d’évêque.

Il crie à tout venant son respect pour l'autorité ecclésiastique, sa soumission aux moindres désirs du Pape, son obéissance à tous les points de la doctrine de l'Eglise, à toutes les décisions de sa discipline. Ce pharisien des loges ne cesse d’énumerer les services qu'il rend, dit-il, à la Religion et à ses Institutions catholiques. Or ces prétend. services, sont des insultes véritables. Cêtte insolente protection est une injure sanglante, capable de compromettre à tout jamais ceux qui auraient l’imprudence de l’accepter, même une seule fois et de la prendre comme auxiliaire dans la lutte.

On sait en effet, ce que sont les franc-maçons le but qu'ils poursuivent, et les intentions qui les ani

ment quand ils fei, nent d'offrir leur alliance aux catholiques.

Voir de la Maçonnerie partout en Canada, c'est exagération regrettable; n’en voir nulle part, e’est aveuglement fatal ; ou trahison détestable.

Le mal existe, il faudrait être aveugle pour ne le point voir. Il fait des progrès inquiétants, surtout dans les grands centres. Nous avons donc, nous catholiques, à être vigilants et à le combattre par tous les moyens en notre pouvoir. La masse du peuple, dans notre province de Québec, est encore foncièrement catholique, il est vrai, les églises sont trop étroites pour contenir la foule qui s’y presse, je l'accorde, Mais il en était ainsi en France, quand la Révolution de 1789 éclata. Le peuple allait à la messe et quatre ans plus tard, il dansait la Carmagnole autour des échafauds.

La corruption dans les sociétés part d'en haut, puis elle descend vite jusque dans les plus basses couches sociales ; et quand on s’est assuré de la tête, l’on peut à coup sûr, compter sur le cœur, le bras et la volonté, c’est-à-dire, sur l’homme tout entier.

Rappelons nous donc les graves avertissements que Mgr l’Archevêque de Québec, donnait aux fidèles du Canada dans son Mandement du 10 Juin 1883, sur les Sociétés Secrètes :

“ Personne d’entre vous, Nos Très Chers Frères,

disait-il, n’ignore que pour de très solides raisons la Ste Eglise Catholique défend à ses enfants de s’enrôler dans les Sociétés Secrètes, soit qu’on y exige un serment, soit que l’on s’y contente d’une simple promesse,

La peine d’excommunication qu'encourt par le fait même celui qui viole cette défense montre assez quelle importance l'Eglise y attache.

L'expérience disaient en 1868 les Pères du Quatrième Concile de Québec, prouve le danger qu’elles offrent pour la Religion et pour la Société. D'ailleurs le simple bon sens ne dit-il pas que la vérité et la jus iice re redoutent point la lumière, et qu’une asso ciation dont le but serait honnête et avouable ne g’'envelopperait pas ainsi de mystères impénétrables ?”

‘© Fermez donc l’oreille, disait le Souverain Pontife Léon XIII, d’heureuse mémoire, fermez l'oreille aux paroles de ceux qui. pour vous attirer dans leurs assemblées, vous affirment qu’il ne s’y commet rien de contraire à la raison et à la Religion. D'abord ce serment coupable que l’on prête, même dans les grades inférieurs, suffit pour que vous compreniez qu’il est défendu d'entrer dans ces premiers grades et d’y rester. Ensuite, quoique l’on n'ait pas coutume de confier ce qu’il y a de plus criminel et de plus compromettant à ceux qui sont dans les grades inférieurs, il est cependant manifeste que la force et l’audace de ces sociétés pernicieuses s’accroissent en raison du nombre et de l'accord de ceux qui en font partie. Ainsi ceux des rangs inférieurs doivent être considérés comme complices de tous les crimes qui s’y commettent.” (Lettre apostolique de Léon XII 13 Mars 1826.)

Catholiques Canadiens, rallions nous autour de nos Evêques et de notre Chef Spirituel le Pape. Oublions les divisions intestines qui nous affaiblissent. Les ennemis de notre Religion et de notre Nationalité, seuls, en profitent, Unissons nos cœurs et nos bras pour garder toujours notre pays fidèle à Dieu et à son Eglise.

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