LA PARFAITE ÉGALITÉ
En 1661, Charles II, à la veille de monter sur le trône d'Angleterre, forma à Saint-Germain en Laye un régiment sous le titre de Royal Irlandais. Ce régiment suivit la fortune des Stuarts sous le nom de Gardes Irlandaises. Compris dans la capitulation de Limerick, il débarqua à Brest le 9 octobre 1689, sous les ordres du colonnel lord William Dorrington, appelé à remplacer son ancien colonel le duc d'Ormond, qui avait embrassé le parti de Guillaume III. Jusqu'en 1698, il tint garnison à Saint-Germain, sous le nom de Garde Irlandaise, en dehors des cadres français, bien qu'entretenu par Louis XIV. Le 27 février 1698, il fut incorporé dans l'armée française sous le nom de son colonel, qui était toujours lord Dorrington. Jusqu'à la formation des demi-brigades, ce régiment prit tour à tour le nom de ses divers colonels : Rooth (Michel Lesley, comte de), le 12 décembre 1718 ; Rooth (Charles-Edouard Lesley, comte de), le 28 mai 1733 ; Roscommon (Robert Dillon, comte de), le 19 août 1766 ; Walsh-Serrant (Antoine-Joseph-Philippe, comte de), le 11 avril 1770 : Walsh • Charles-Joseph-Augustin, vicomte de), le 10 mars 1788 ; et O'Neill (Jean), le 8 janvier 1792. En 1791, il avait formé le 92e régiment d'infanterie.
Ce régiment semble avoir eu la plus ancienne L.\ reconnue par le G.'. 0.\ de France. En effet, le 13 mars 1777, le G.'. O. . admit que sa constitution primitive datait du 25 mars 1688, et que cette constitution avait été renouvelée le 9 octobre 1772 par la G.'. L.'. de France.
Comment fut-elle installée à l'origine et de quelle puissance maçonnique tenait-elle ses pouvoirs? Elle ne figure sur aucune des listes de L.'. reconnues par les Grandes L.". anglaises, et tout porte à croire qu'elle fut formée par la réunion de plusieurs frères, initiés antérieurement, qui constituèrent la L. . de leur propre autorité. C'est du reste de cette façon que se formèrent la plupart des L.'. françaises antérieures à 1743. Quel était son titre distinctif ? Il est probable qu'elle n'en ait pas eu au début. Je ne relève le titre de Parfaite Egalité qu'à partir de 1752, mais il est possible qu'elle l'ait porté antérieurement. Avant cette date, je relève parmi ses membres :
Michel Lesley, comte de Rooth (1718) ; Charles-Edouard Lesley, comte de Rooth (1727-1733) ; Arthur Dorrington, lieut.-col. 1710, chev. Saint-Louis ; Dassigny, Français né en Bourgogne, cap. 1698 ; Nagle, cap. 1698 ; Butler, cap. et chev. Saint-Louis, 1702 ; O' Calaghane, cap.,
blessé en 1701 ; Clayton (cap. en 1707) ; Heasse (cap. 1707 : O'Donoghane (cap. 1707 ; Mac Carthy. cap. 1701, en pied 1709 ; Wyndham, cap. 1703, en pied 1710 ; Cusarque, cap. réformé 1709, aide-ninjor et cap. 1710; Dorrington; (1714); Weyer (1708) ; Dunne (1708 ; Geogheghane (1709) ; Reyly ; Keating ; Cohelane, Fitz Patrice ; Calaghane ; Purcell ; Cusaque ; Hobbes ; Martin ; O'Ogheren ; Tilline ; Florence et Guillaume Hurly ou Hurty (?).
De 1752 à 1777, je n'ai pu relever le nom d'aucun membre.
En 1777, son vén.\ est le capitaine d'Arcy ; le chev. Walsb, capitaine, est secrétaire, et son député au G.'. 0.\ est Woulf, officier d'infanterie, rue Neuve-des-Bons-Enfants. Elle se composait de 17 membres. Un brevet du 7 septembre 1777, daté de Bapaume, contient les signatures de Jean O'Brien, chev. O'Connor, Shield, Narey, Swietmamn, Mac Carty, Roche, chev.de Keating, Nagle, Ch. Walsh, Plunkett, Nugent.
En 1785, son vén.\ est le sous-lieutenant Hennery, son secrétaire le 1er lieutenant Begg.
En 1788 et 1789, son vén.\ est Walsh, capitaine commandant, et son secrétaire Barbior. sergent-major.
Sur un brevet donné à l'île d'Oléron le 1er juin 1787, je relève les noms de F. Walsh, vén.\, Mac Carthy, Bulkeley, O'Brien, Kavanagh. O'Flyn, Ch. de Keating, Keating, Tobin, ORurday, Gallwe}' et Barey.
Entra-t-elle en sommeil pendant la tourmente révolutionnaire ? Cela est possible, bien que j'aie tout lieu de croire que les L.* persistèrent dans la plupart des régiments, continuant une vie indépendante, sans rapport avec aucun pouvoir central.
Les régiments furent disloqués par les organisations de 1791 et de 1794. En 1791, les régiments remplacèrent leurs noms séculaires par de simples numéros d'ordre et, en 1794, par l'amalgame avec les bataillons départementaux, la plupart des régiments contribuèrent à la formation de deux demi-brigades.
Le 23 mars 1801, il se forma au 92e d'infanterie une L.'. sous le titre de la Parfaite Union, qui ne semble avoir aucun rapport avec l'ancienne Parfaite Egalité à l'0\ du régiment de Walsh. A cette époque du reste, le 92e n'avait plus aucun lien de sang avec le 92e de 1791.
Avant et après Fontenoy, des ordonnances royales pourvurent à la formation de quatre régiments écossais ou irlandais. Il est plus que probable que ces régiments eurent leurs L.-. Celles-ci néanmoins n'ont pas laissé de traces. Parmi les officiers de ces corps, depuis leur formation jusqu'à 1771, je relève les noms d'un certain nombre d'initiés.
ROYAL ECOSSAIS, formé par ordonnance du 3 décembre 1743
Le colonel comte de Drummond, duc de Perth ; Louis Drummond de Melfort ; Colbert Castlehiel ; Stuart ; David Nairne ; Haie ; Macdonald de Glengary ; Mac Grégor de Glengile ; Macdonald de Clauvonald ; Cameron de Locheil ; Mac Pherson ; Guillaume Douglas ; Moore ; Perkins et d'Ostove.
LALLY, créé par ordonnance du 1" octobre 1741
Lally, colonel ; Dillon ; Glascoe ; Bourke ; R}-an ; Fitz Gerald ; Butler ; Michel Lally ; Lee ; Brown ; Fcrmor ; Hughes Heguerty ; Wogan et Macnemara.
O'GILWY, crée le 28 janvier 1747
Mylord O'Gilwy, colonel ; Jean Macdonald ; David Carnegie; Brown ; Muchanan ; Thomas de Sotheringham ; Duncan Mackintosch ; Jean Menziès de Pitfodels ; Thomas, Guillaume et David O'Gilwy.
ALBANY, créé le 20 octobre 1747
Le colonel baron de Locheil ; le lieutenant-colonel Cluny de Mac Phcrson ; Archibald O'Gilwy ; Cameron de Glenkengy ; Frager de Fairfield ; Petergraham ; John Alexandre de Cameron ; Blairfetty ; James Cameron ; Thomas Nayrne ; Robert Graham Garrig ; James Sterbury ; John Drummond ; James Macdonald ; Jacques Graham Arth.
Il est possible que ces divers initiés aient fait partie de L.\ civiles, ou du grand groupement de Saint-Germain, en admettant que ce dernier ait réellement existé (1).