‹ La franc-maçonnerie en FranceChapitre 215 sur 277 · DILLON · texte numérisé non relu

DILLON

D'après la capitulation de Limerick, les officiers et soldats de l'armée jacobite avaient la faculté de suivre Jacques II ; il leur fut donc permis de rentrer en France. Les Gardes Irlandais, à l'exception de leur colonel, suivirent la destinée des Stuarts, et formèrent le régiment de Dorrington; un grand nombre d'officiers des autres corps les imitèrent. Réfugiés à Saint-Germain-en-Laye auprès de leur souverain auquel Louis XIV avait donné un somptueux asile, ils ne tardèrent pas à former un second régiment composé des membres les plus distingués de l'émigration jacobite. On retrouve les premières traces de la formation de ce régiment par la nomination de Charles Mac Carthy, comte de Mountcashel, au grade de colonel, le 18 juin 1690. André de Lee lui succéda, le 28 juillet 1694. Quatre ans plus tard, le régiment passa au service de la France. Un autre membre de la famille Lee fut appelé à le commander, le 26 octobre 1704. Il ne fut remplacé que le 16 septembre 1733 par François, comte de Bulkeley, auquel succéda son fils Henri, le 7 mars 1754. C'est sous le nom de Bulkeley que le régiment figura brillamment à Fontenoy à côté de la Maison du roi.

Le 26 avril 1775, le régiment passa à Arthur, comte Dillon ; le 1er juin 1784, à Charles-Joseph Augustin, vicomte de Walsh-Serrant, et le 10 mars 1788, au chevalier Théobald Dillon. C'est sous le nom de Dillon que ce régiment est plus connu dans l'histoire, en raison du rôle brillant joué par son 1er bataillon dans les Antilles pendant la guerre de l'Indépendance américaine (1779-1783). Son passé n'avait pas été moins glorieux. A Malplaqust, à Denain comme à Dettingen, Fontenoy et Laufeldt, il avait été « mordant sur l'anglais » Devenus sujets du roi de France, leur dévouement à leur nouvelle patrie fut à toute épreuve.

En 1791, le régiment de Dillon devint le 87e d infanterie et, le 5 février 1792, son colonel fut Thomas Keating. En 1794, le 1er bataillon fut le noyau de la 157» demi-brigade, et le 2e bataillon celui de la 158a.

Est-ce que le régiment de Dillon eut une L.'. ? Je n'ai pu en trouver une preuve positive. Etant donnée la composition de la Bonne Foi constituée à l'O.v de Saint-Germain en 1778, on peut douter que cette L.*. soit sortie du régiment de Dillon, qui n'avait du reste à cette époque aucune attache particulière avec Saint-Germain. Cependant je relève parmi les officiers de ce régiment un grand nombre de F.".-M.\ :

Lally, lieut. -col. du 25 juillet 1708 ; Linche, cap. des grenadiers (1705), retiré en 1734 ; Macdonald, cap. en pied du 3 déc. 1701, retiré en 1734 ; Gaydon, aide-major 1701, major 1er janvier 1709 ; Glasco, cap. en pied 1709, retiré en 1734 ; Jean Bourke, cap. en pied 1712, retiré en 1734 ; Mac Carthy, cap. 1703, retiré 1734 ; Lally, aide-major 1728 ; OToolle, lieut. grenadiers, 1709 ; Henry Dillon, fils du lieut. général, cap. 1730 ; Arthur et Charles Maunery ; Jean Bourke de Glinke ; Patrice Heguerty ; O'Neil ; Edouard et Bichard Butler; Fitz Gérald ; Arthur Dillon ; Talbot de Tyrconnel, etc.

De 1760 à 1780 figurent ; Bartholomew Badclyffe, lord Derwenwater, fils de Charles Badclyffe, le 1er grand maître.

De 1780 à 1790, le comte Dillon, mestre de camp et colonel du régiment ; le chevalier Théobald Dillon, colonel en second ; Barthélémy Dillon, lieutenant-colonel ; le capitaine Thomas Dillon ; les lieutenants James et Denis O'Farell ; le capitaine Charles Nugent ; le capitaine baron O'Neill et les sous-lieutenants Heniy, Joseph et John O'Neill ; le capitaine et le lieutenant Shée et des Barry ; Blake ; Coghlan ; Darcy ; Fitz Gérald ; Fitz Maurice ; Hussejr ; Mahony ; O'Beilly ; Plunkelt ; Sheldon ; Thompson ; Warren et Worth.

On peut admettre avec M. de Loucelles qu'à Saint-Germain était installée la L \ Mère du rite jacobite, qui eut successivement pour grand maître : Jacques II, Jacques III et Charles-Edouard, et parmi ses membres les plus distingués, le duc de Berwick, fils naturel de Jacques II ; Jean Drummond, duc de Melfort ; André-Louis Hector et Louis Drummond, ses descendants; Jacques Drummond, duc de Perth, son fils et son petit fils ; la comte de Hamillon ; les Dillon; Ramsay ; les Radclyffe ; Alexandre deMontgommery, comte d'Eglington ; Alexandre, comte de Home ; Georges de Leslie ; Richard Talbot, duc de Tyrconnell ; Jean, baron de Dartfort et comte de Caryl ; Gérard, comte de Lally-Tollendal et son fils Thomas-Arthur ; les lords Bolingbroke, Clancart}'-, Clare, Greffin, Mac Cartlrv, Middleton, d'Ormond, etc.

Je ne puis cependant admettre avec M. de Loucelles que le rite d'Hérodom de Kilwining avait son centre à Saint-Germain dont le

château aurait clé le véritable' château de Kilwining, ce dernier n'étant pns hypothétique. Dans le second volume, nous nous expliquerons longuement sur ce rite. Le château de Kilwining existait bien réellement et fut pendant longtemps un centre maçonnique très remuant. Tout au plus peut-on admettre, sans preuves positives, mois avec quelque vraisemblance, que la L.'. Mère de Saint-Germain usurpa les pouvoirs de celle de Kilwining, en datant de ce dernier Orient des pièces en réalité écrites à Saint-Germain.

Ce qui est bien certain, c'est qu'en 1771 il n'y avait pas en France dix L.". tenant régulièrement leurs pouvoirs de la G.". L.'. d'Angleterre et qu'il n'.v avait de rite écossais qu'en France et en Allemagne.

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