LES FAUX NOMS DES LOGES
Après avoir vu où se tenaient les assemblées maçonniques, voyons comment on dissimulait les noms des loges.
Le procédé est plus qu'enfantin. Il ne fut du reste guère employé qu'à partir de la formation du Grand Orient, qui donna l'exemple en s'appelant le Grand Netori. La plupart des loges l'imitèrent en se faisant adresser leur correspondance sous le couvert de l'anagramme de leurs noms.
La Candeur fait adresser ses lettres à M. du Nacre ;
les Amis Réunis à M. Misa du Renis ; les Amis Incorruptibles à M. Sima Selbet purrocni ; les Amis Eprouvés à M. Moïse Vuparès ; le Grand Sphinx à M. Legrand d'Esphingloux (la loge du Grand Sphinx) ; Saint- Claude de la Paix sincère à M. Salinçaix père, etc.
Les loges de provinces imitent l'exemple donné par les loges de la capitale.
L'Age d'or d'Agen fait écrire à M. Garode ; la Parfaite Sincérité d'Amiens, à M. Feratipeterniceis; l'Aménité d'Angoulême à Mme Maétine ; Napoléon Le Grand de la même ville, à M. Noël Opan ; la Paix et Union de Nantes, à M. Pontuxi aîné ; les Vrais Frères unis de Tonnay-Charente, à MM. Sivranius frères ; les Amis de l'ordre et de l'Union de Villefranche (Aveyron), à MM. Roder et Unoni, etc.. (1).
J'en passe et des meilleurs.
Le procédé est tellement... naïf qu'il en est presque touchant.
LES HIEROGLYPHES
Pour chiffrer leurs lettres, le procédé n'est guère plus savant.
La cryptographie est un art difficile, et il est presque impossible d'inventer un chiffre qu'on ne puisse mettre au clair. Néanmoins, il y a des procédés qui rendent le déchiffrage long, pénible, et qui demandent des connaissances techniques spéciales.
Or, tout procédé qui consiste à remplacer la même lettre toujours par le même signe, permet à un écolier
(1) Voir la liste de ces anagrammes dans la Franc-Maçonnerie démasquée de 1906, où se trouve un curieux article de M- Soulacroix.
cryptographe de déchiffrer le texte caché presque à livre ouvert en quelques minutes. Bien que les tables de Vigener, les chiffres à grille ou à dictionnaires aient été connus au XVIIIe siècle, ce fut cependant, sauf une exception, le procédé d'écolier qu'employèrent les F.\ M.-.
Nous donnons aux appendices les séries d'hiéroglyphes maçonniques que nous avons pu connaître, car ils peuvent servir à toute personne possédant des brevets à découvrir la signification des phrases qui veulent être secrètes.