‹ La franc-maçonnerie en FranceChapitre 87 sur 277 · ARRAS · texte numérisé non relu

ARRAS

CONSrANCE

Les membres de cette L.*. avaient la prétention d'appartenir à la plus ancienne L.\ de France. Ils voulurent prendre rang du 15 avril 1687, prétendant avoir été constitués à cette date par le T.". 111.'. F.', le comte de Pembrocke, grand visiteur de la M.-. G. . L.\ de Londres en vertu de pouvoirs légaux. Toutes ces allégations étaient fantaisistes, et jamais aucune autorité maç.\ ne voulut y ajouter foi. Sans être aussi ancienne, la L.". d'Arras devait remonter assez loin. Elle existait certainement lorsque Charles-Edouard y créa un chapitre en faveur des FF.-. Lagneau, de Robespierre, Hazard, Lucet, etc., en 1747. (Voy. chap. iv, p. 132)

En 1775, Lucet, qui était vén.\, étant mort, fut remplacé par le F.*. Delecourt, 1er surv.\ Un certain nombre de L.-. à cette époque et même antérieurement reconnaissaient à la Constance le titre de Mère L/. écossaise jacobite, cela n'est pas douteux ; le fait était notoire et il ne paraît pas que jamais Charles-Edouard ait protesté contre l'usage qu'on y fai sait de son nom.

Dès le 9 février 1773, Lucet avait demandé au G.-. O.'. des constitutions personnelles qui lui furent refusées. Malgré la recommandation du F.-, chev.'. de Loos de Bayac, Delecourt prétendit par la suite que sans préjudice de la valeur de ses titres primordiaux, sur sa demande et celle de ses deux surveillants de Dion et Raulin, le 12 novembre 1779 des lettres de constitution et de reconstitution furent présentées au G.'. O.'., qui refusa de les ratifier. L'année suivante, 11 frères, fatigués de la présidence de ce maître de L.'. déjà vieux et sourd, demandèrent et obtinrent de constituer une nouvelle L.\ sous le titre de l'Amitié La scission datait de 1764. Delecourt protesta, continua ses travaux ; plus tard, il prétendit même avoir été reconnu par le G.'. O.'. le 18 juillet 1783, avec son rang et ancienneté, ce qui était faux.

En 1785, la plus grande partie des membres de la Constance l'avaient abandonnée pour fonder les Amis Réunis, ce qui n'avait pas empêché cette loge de continuer à fonctionner avec quelques amis fidèles.

Ce qui est certain, c'est que le 1er février 1787, le G.". O.". reconnut que les titres perdus de cette L.\ devaient dater de la G.'. M.*, du comte de Clermont.

Si cette L.\ et son chapitre cessèrent leurs travaux pendant la Révolution, ce qui est douteux, ils rentrèrent en activité dans les dernières années du xvme siècle. Le 4 mai 1800, le chapitre décida de demander le visa du G.\ O. . Celui-ci, moins difficile qu'avant la Révolution, l'accepta dans son obédience le 27 décembre 1801, mais pour prendre rang seulement du 19 novembre 1783.

A cette époque, le vén.*. était Delecourt, ancien notaire ; le secrétaire, Chevalier, négociant. Ce dernier fut vén.". en 1802. En 1805 et en 1809, Delecourt reprit ses fonctions.

En 1808, Callens, négociant, fut vén.-., et en 1813 et 1814, Dupain. lieutenant quartier-maître de gendarmerie. Les lettres étaient adressées sous le couvert de l'anagramme barbare d Ecnatsnoc.

En 1780, la mère L.". d'Arras avait érigé un chapitre de R.-J* à Paris

sous le litre « Chapitre d'Arras de la vallée de Paris ». Elle avait en plus 5 chapitres sullragants dans les L.\ suivantes : 1« Saint-Jean du Hou Accord, ().'. de Paris; 2° Intime fraternité, ().*. de Tulle ; 3" Sagesse. ().•. de Lyon ; 4° Française dans la ville, Gv. de Bordeaux ; 5° Sincôro Amitié, Ov. d'Amiens.

La Constance était en correspondance avec 13 L.\ à l'O.'.de Paris et 27 à l'O.'. de diverses villes de province : l'Amitié, la Bonne Union, la Parfaite Réunion, le Point Parfait, Sainte-Joséphine, l'Ecossaise (?), Saint-Alexandre, le Phénix, l'Age d'or, les Sincères Amis, le Grand Sphinx et les Amis de la paix, ci-devant les Amis joyeux, à l'O.'. de Paris; la Parfaite Union, O.'. de Douai; Saint-Jean du Désertât la Parfaite Union, O.*. de Valenciennes ; les Amis Réunis et la Modestie, O '. de Lille ; la Philanthropie, O/.de Saint-Quentin ; l'Aurore delà liberté, ().'. de Réthune; l'Heureuse Réunion, O.'.de Saint-Omer ; Saint-Louis 3fes Amis lléunis et la Parfaite Union, O.". de Calais ; la Réunion, O.'. d'Aire ; l'Amitié fraternelle, 0.\ de Dunkerque ; la Thémis, O.". de Cambrai ; la Réunion des Amis du Nord, O.*. de Bruges ; les Trois niveaux, O.*. d'Osteude ; la Constance éprouvée et les Frères réunis, O.*. de Tourna}- ; l'Aménité et les 3 H, O.*. du Havre ; la Concorde, O.'. de Mons ; l'Amitié, O.'. de Courtray ; les Arts réunis, O.'. de Dijon; les Enfants de la Concorde fortifiée, O.'. de Luxembourg ; le Secret des trois Rois, O.*. de Cologne ; la Fidèle Maçonne, O.*. de Cherbourg ; Saint- Frédéric des Amis choisis, O.'. Boulogne-sur-Mer ; la Sincérité et Parfaite Union, O.'. de Besançon.

En 1805, cette L.\ comptait 38 membres résidents, 13 non résidents, 16 correspondants, 3 membres de l'harmonie et deux frères servants. — Membres résidents : Delecourt, ancien notaire, vén.\ fondateur ; Mojssent, négociant, 1er surv.*. ; Berton, négociant, 2e surv.". ; Lefran, avocat, orateur ; Bécu, cafetier, secrétaire par intérim ; Zanoli , lieut -col. 12e inf. légère, garde des sceaux ; Plé, aubergiste, trésorier ; Triboulet, propriétaire, architecte : Beauchamps, employé des postes, 1er expert ; Baptault, cap. 12e infanterie légère, ambassadeur ; Libersalle, huissier, M° des cérémonies ; Peugnet, entrepreneur de bâtiments, architecte ; Poitard, avoué, 2e expert; Hébert, huissier, secrétaire adjoint ; Delvallée, aubergiste, 3e expert ; Boniface, fabricant d'huiles, économe ; Calens, négociant en dentelles, intendant des fêtes ; Perot dit Bel Aspect, tailleur, vérificateur ; Leclercq, imprimeur libraire, tuileur ; Alexandre fils, négociant en dentelles, hospitalier ; Leclerc, employé à la recette, aumônier ; Testevide, cap. 12e inf. légère, adjoint au garde des sceaux; Dufey, sous-lieut. inf. légère, adjoint à l'orateur ; Pouget, cap. 12# inf. légère, vérificateur adjoint ; Colomb, lieut. 12* inf. légère, porteétendard ; Ugenaud, cap. 12e inf. légère, porte-épée ; Abeline, lieut. 12° inf. légère, chirurgien ; Benoît, lieut. 12e inf. légère, f.'. terrible ; Huguet, lieut. 2e inf. légère, aumônier ; Fumé, chirurgien-major au 58° de ligne, 1er infirmier ; Le François, cap. au 2e inf. légère, 2e infirmier ; Noël, préposé aux vivres, garde des postes du temple ; Terrel, commis négociant, 1er silenciaire ; Barnouin, s. -lieut. 3e inf. légère, 2e silenciaire ; Delannoy, marchand, compagnon ; Parmentier, chirurgien, comp.*. ; Boehme, lieut. 2e inf. légère, comp.'. ; Davre, aubergiste, apprenti. — Membres non résidents : Gorlier, marchand plombier, ex-garde des sceaux ; Perot, dit Cornille, marchand plombier, ex-ler

surv.-. ; Het, tanneur, ex-trésorier ; Leducq, avocat, ex-orateur ; Petit- Forgeois, marchand, ex-secrétaire ; Beuf, lieut. col. 31e inf. légère, exler surv.\ ; Olivet, cap. 31e inf. légère, adjoint au 2e surv.\ ; Moyssent, ofïicier de santé ; Kimling, s. -lieut. 31e inf. légère, introducteur ; Lamour, sous-lieut. 3le inf. légère ; de Dion, ancien capitaine ; Raulin, ancien officier de cavalerie ; Bethune, propriétaire. — Membres correspondants : Delecourt, officier de santé ; Delecourt, sous-inspecteur aux revues ; Deusy, avoué ; Gosse, homme de loi ; Dupain, quartier-maître de gendarmerie ; Payot, mar. des logis au 20e rég. chasseurs à cheval ; Saint- Aubin, lieut. au 20e rég. chasseurs à cheval ; Desroches, s. -lieut. au 20e rég. chasseurs à cheval ; Barbier, adjudant au 20e rég. chasseurs à cheval ; Mozer, Desvignes, Lucq et Poucet, négociants en vins ; Becq, fabricant de mousselines ; Mercandin, lieut. au 31e inf. légère ; Desremond ; Lugan, ancien officier de Chartres ; Wantier, cultivateur ; Bauduin, directeur de 1 harmonie, cultivateur ; Leroy, notaire. Les frères servants étaient : Delecœuillerie, chapelier, etCourtiau, écrivain.

La Loge avait pour devise : Concordi fratrum, Constantia floret. Un brevet attributif d'ambassadeur représentant, donné le 5 mars 1809 à Salomon Polonus, médecin, grand inspecteur, 31e, porte les signatures de Delecourt, vén." . m.\ ; Raulin, ancien 2e surv. . ; de Dion, ancien Ie' surv.*. ; Gorlier, 1er surv/. ; Het, trésorier ; Le Ducq, orateur ; Libersalle, ambassadeur ; De Hamel-Bellenglize, aumônier ; Peugnet, m.*, des cérémonies; Desgroisilliers, tuileur ; Petit-Forgeois, secrétaire général ; Perot dit Cornille, 2e surv.*. ; Poitart, 1er expert ; Zanoti ; Devillers, 2e expert, et Raulin fils.

AMITIÉ

Cette L.*. s'était détachée le 7 juillet 1764 de la Constance ; c'est à partir de cette date que le G.*. 0.\ en la reconstituant, le 1er juin 1780, l'autorisa à prendre rang. L'Amitié fonctionna peut-être pendant la Révolution ; en 1790 c'est elle qui installa l'Aurore de la liberté à l'O.*. de Béthune.

En 1785, son vén.'. était Colin, procureur au conseil d'Artois; en 1787 et 1789, il était remplacé par Havet, fils aîné, négociant; le député au G.'. 0.\ était Carbonel de Canisy, ancien avocat au Parlement. Parmi ses membres avant la Révolution : de Villencourt, Bequet de Cocove, Darthaud de Germinon, de Broccard, duQuesnoy, baron de Salis-Sévis, Fouchain de la Lustière, Waterlot de Fromentel, vicomte de Durfort, Fruleux de Souche, Spitallier de Seillans, prêtre de l'Oratoire.

En 1808, son vén.-. était Suin, directeur de l'enregistrement ; son secrétaire, Delleville, notaire, et son député, Tribalet.

En 1813 et 1814, son vén.*. était Courtalon, ingénieur des ponts et chaussées, et son député, Noirdemange.

On adressait les lettres sous le couvert de l'anagramme Estima.

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