I . Invent, charl. reiçi. an i^Ba. fol. aji v
(1870), moyennant le payement de i.5oo livres. En 1874, il leur vend le droit de séjour pour dix ans, au prix de 3. 000 florins.
Charles YI a constamment recours à eux; mais devant l'agitation populaire et les représentations des magistrats, il est obligé de les abandonner et les expulse en i494j «pour cause de bien public. »
On voit par là le véritable caractère de la question juive au moyen-âge : ce n'est pas une question religieuse, c'est une question d'argent.
Les Juifs sont une éponge que les souverains laissent s'emplir aux dépens du pays, et qu'ils pressent ensuite. Mais il est à remarquer que, dans cette opération, les Juifs trouvaient encore leur compte, puisque chaque fois qu'ils sont expulsés, ils reviennent, qu'ils demandent à revenir et qu'ils paient pour cela.
Les rapports respectifs du pouvoir, des Juifs, et de la population, sont mis en évidence par certains faits bien significatifs. Philippe- Auguste convient avec le comte de Champagne que les Juifs de Tun ne pourront pas prêter dans les terres de l'autre. Henri III, roi d'Angleterre, avait donné les Juifs de son royaume à son frère Richard, comte de Cornouailles,engage d'un prêt de 3. 000 marcs
d'aruent. Kn 1280, Louis et Jean, fils du comte de Soissons, conviennent qu'ils ne pourront plus se retenir leurs Juifs. Philippe le Bel et son frère Charles, ronile de Valois, se vendent drs Juifs. \)r iiH^me eu Italie, Roirer, duc de Pouille, avait donné les Juifs et la juiverie de Salerne à l'archev<}que Alfano II; et, en i^Q^, Maximilien donne le duché de Milan en fief à Ludovic Sforza: il est spérifii» que les Juifs font partie du fief. On donnait des Juifs, on les vendait, on les enj^^a- É^eait, comme on donnait, on acqui*rait ou on enu;ai^eait une |>réhende ou un bénéfice.
Les souverains avaient g'rand soin de ces Juifs (pii re{)résentaient pour eux de t^ros revenus ; chaque juif était un objet précieux, et, s'ils étaient astreints à p<»rter la rouelle «m If bonm't jaune, c'est cpi'on avait peur de les perdre. Knfin il y avait une lui d'après lacjuelle les biens du juif qui se convertissait étaient attribués au roi, et celui-ci «'lait libre de ne lui laisser, selon son I)on plaisir, que ce qu'il jutreait convenable de lui laisser. r)n peut rom[>ren(lre par là combien peu les rois étaient désireux de voir les Juifs renoncer à leur foi et chanj^er de condition, et par suite leur nond)re dimiiuier.
Mais à mesure que l'autorité de l'Église s'affaiblissait, les chrétiens s'étaient mis, eux aussi, à trafiquer et à spéculer; après l'expulsion des Juifs, en 1894, il n'est g-uère question d'eux en France. Sous Charles VII, Jacques Cœur est le grand argentier du roi, qui devait procéder avec lui un peu comme ses prédécesseurs procédaient avec les Juifs. Les Italiens étaient grands commerçants et très aptes aux affaires financières; dès le xiv^ siècle, ils avaient de grosses banques, et les Médicis, qui devinrent ducs de Florence, durent leur élévation à leur fortune. Avec les Valois, les Italiens affluent en France et s'emparent de la finance ; ils avaient en effet auprès de la cour, ils trouvaient chez les grands l'appui qui leur était nécessaire pour cela et que les Juifs n'auraient pu obtenir.
Le système financier est resté le même; seulement, sous Henri III, en raison de la centralisation continuelle qui s'est effectuée, le produit des impôts, qui avait été tout d'abord aff'ermé par bailliage, puis par évêché et enfin par province, est aff'ermé à un seul fermier par branche d'impôts : les adjudicataires ne sont plus les Juifs, ce sont hs partisans; ils sont pour la plupart ita-
liens. Los Elats de HKiisd.^yO) prolesteiil contre leurs nipines; ils n^rlamenl la confis(*a(ion des biens amassés par les financiers et l'expulsion des ëlran^ers. En 1579, une ordonnance est rendue en ce sens, mais les partisans se rachètent moyennant 200.000 écus *.
Huand l«'S partisans s«» furent rendus telliMuent odieux à la populatinn (pi'il fut iinpossihie mt^me de [ironcMicer leur nom, nu I»» changea en celui de fratlanlsy mais le rétçime subsistai.
On se fera une idée des opérations auxquelles avaient [)U se livrer les Juifs et les partisans et que continuaient les traitants par ce fait que, en 171^, le roi, pour obtenir huit millions dVs|»èces, remit à un bampiier trente-deux millions d'efTets qui furent négociés A G^nes*.
(*es traitants, qui sont-ils? O* sont lirissard, le fameux llénault, ;i qui Desmarets avait interdit l'arrès de son cabinet, le déclarant 1<* plus tirrand fn|»on du monde, Ihiché, l'iéneuf, Moras, les Crozel, Thévenin, Durey d'Arnoncourt, Dodun. Parmi eux il n'y a qu'un juif, Samuel Uernard ; il est li\ isolé, sa situation est toute |>ersonnelle,